Sean Suen poursuit une décennie d’exploration du vêtement masculin comme langage de transformation, prolongeant notamment sa réflexion sur la masculinité amorcée lors de ses collections précédentes. Intitulée « Seconde Peau », sa collection automne 2026 se distingue par une dimension poétique qui transforme le vêtement en une preuve de métamorphose plutôt qu’en une armure.
| 📌 Repères clés |
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| 🧥 Designer : Sean Suen 🌏 Origine : marque fondée à Pékin en 2012 📍 Présentation : Paris Fashion Week 🗓 Saison : Automne 2026 🧬 Concept : le vêtement comme seconde peau, post-protection 🎨 Palette : blanc, crème, noir 📐 Silhouette : volumes sculptés, superpositions, architecture textile |

La notion de « seconde peau » développée par le designer ne renvoie pas à une nouvelle forme de défense. Elle apparaît lorsque la protection n’est plus nécessaire et est créée par le corps lui-même. Cette vision fait du vêtement un processus presque biologique, une mue qui témoigne d’un état antérieur révolu.
Vous comprenez donc que Sean Suen ne s’adresse pas à l’homme qui cherche à se cacher derrière ses habits. Il s’adresse à celui qui a déjà traversé quelque chose et porte sur lui les traces d’une transformation achevée. Le rythme ralentit, le mouvement se réduit et le contour s’installe.
Les images révèlent une maîtrise continue de la silhouette et de la tension des matières. Une veste courte en cuir froissé et texturé repose sur une chemise blanche aux ourlets courbes et superposés. La superposition suggère la peau sur la peau, chacune avec sa propre logique. Les pantalons sont rentrés dans des bottes imposantes qui ancrent le haut du corps éthéré dans quelque chose de plus utilitaire.

Ailleurs, le volume prend de l’ampleur de manière spectaculaire. Un bomber surdimensionné en tissu pâle flotte sur une chemise à col, associé à un pantalon si large qu’il se plie au sol. L’effet devient sculptural, le corps disparaissant presque dans l’architecture du vêtement. Un blazer aux épaules marquées, avec des panneaux avant courbes, presque festonnés, offre une silhouette plus ajustée, portée avec un pantalon à jambes larges et des gants sombres.
Né à Chongqing, Sean Suen a fondé sa marque éponyme à Pékin en 2012. Il apporte alors une formation en beaux-arts et une première carrière dans le design graphique au vestiaire masculin. Il a fait ses débuts à la Fashion Week parisienne lors du calendrier printemps-été 2016. Depuis, il s’est imposé comme un créateur qui porte une attention aiguë aux vêtements d’extérieur et qui a un vocabulaire post-moderne dans lequel les pièces fonctionnent comme des objets de design portables.
La Fédération de la haute couture et de la mode décrit son travail comme une contribution personnelle et convaincante à la conversation mode actuelle. Elle souligne également son attention portée aux matériaux et aux finitions, qui transcende la saisonnalité d’un produit.
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La couleur reste contenue tout au long de la collection automne 2026. On y trouve des blancs, des crèmes et des noirs, avec quelques contrastes de texture. Il ne s’agit pas ici de chromie, mais de forme, de la manière dont le tissu retient et libère le corps qu’il recouvre.
Cette retenue chromatique permet aux volumes de s’exprimer. Le tissu à l’extérieur, le corps contenu, puis la descente et la mue. La seconde peau demeure.

Sean Suen fait confiance à sa propre logique, approfondissant ce dialogue entre rêve et vêtement au fil des saisons. La poésie qui accompagne la collection n’est pas décorative, mais elle donne les instructions pour lire les vêtements. Le créateur vous invite à considérer les pièces non pas comme une protection contre le monde, mais comme la preuve d’y avoir survécu, une approche déjà perceptible dans ses inspirations historiques. Le contour qui s’installe après la descente, le volume qui prend forme lorsque le corps est maintenu.
Vous observez une forme conservée trop longtemps, devenue pesante. Le rythme ralentit, le mouvement se réduit. Cette collection automne 2026 existe dans l’espace entre une peau qui a accompli sa fonction et la suivante, encore en devenir.
Le designer basé à Pékin présente la transformation comme un épuisement, la protection comme quelque chose qui achève sa tâche et la mode comme ce qui reste. Cette saison de spectacle accueille ainsi quelque chose de radicalement discret. Un créateur qui a traversé diverses métropoles chinoises en absorbant des influences issues de l’art, du cinéma et de l’architecture.





















