Vous souvenez-vous de ces tigres en peluche à queue et de ces chaussures boule de neige qui ont envahi les podiums KENZO lors du défilé printemps-été 2026 chez Maxim’s ? Oubliez tout cela. Pour la collection automne 2026, Nigo effectue un virage à 180 degrés. Le directeur artistique nous convie dans l’ancienne résidence parisienne de Kenzo Takada, une maison en bois dissimulée derrière un immeuble du XVIIIe siècle, dans le quartier de la Bastille. Bambous, genévriers, cerisiers et bassin de carpes koï composent ce refuge japonais au cœur de Paris, construit entre 1988 et 1993.
| 📌 Repères clés |
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| 🏛️ Maison : KENZO 🎨 Directeur artistique : Nigo 🗓️ Saison : Automne 2026 🧵 Inspiration centrale : archives de Kenzo Takada 🏯 Lieu de présentation : ancienne résidence de Kenzo Takada, Paris 👔 Pièces clés : varsity, tailoring kimono, denim selvedge, workwear 🐅 Symboles : tigre Jungle, lettre K, imprimés floraux d’archives 👞 Accessoires : bottines workwear, mocassins, sacs réversibles 🔁 Stratégie : recentrage stylistique et montée en cohérence |

Cette présentation marque un retour aux fondamentaux. Finis les bloomers et les lapins roses qui avaient laissé perplexes observateurs et acheteurs. Nigo retrouve le fil conducteur de ses premières propositions lors de son arrivée chez Kenzo en 2021. La maison, propriété du groupe LVMH, vient d’ailleurs de nommer Charlotte Coupé directrice générale. Arrivée en mai dernier, cette ancienne de Louis Vuitton portait justement, lors de la présentation, un costume bicolore créé par Takada en 1991, dont l’esquisse originale trônait sur un bureau.
Le vestiaire masculin automne 2026 respire la simplicité retrouvée. Les vestes varsity colorées côtoient des pièces de tailoring s’inspirant du kimono. Les chemises western et les imprimés floraux se déclinent sans artifice, tantôt en tons sépia, tantôt en couleurs vives. Nigo puise dans les archives de la maison avec discernement. Le sac Kite de 1986 réapparaît tel quel, tandis que les jupes en organza brodé du printemps-été 1994 inspirent de nouveaux motifs floraux déclinés sur les vestes et les chaussures.

L’approche du créateur japonais s’apparente à celle d’un archiviste passionné. Les étiquettes, les silhouettes et les motifs originaux de KENZO renaissent sous son regard curieux. Le tigre emblématique de la ligne Jungle des années 1980 bondit sur les chemises boutonnées. La lettre K orne tee-shirts, vestes et cardigans. Le tailoring bicolore fait son retour, revisitant les silhouettes des années 1990 déjà présentées lors de la collection automne-hiver 2022.
Les jeux visuels structurent la collection. Le bleu marine profond contraste avec la laine Prince de Galles. Les rayures bicolores et tricolores côtoient des mailles damier affirmées. Les teintes douces des années 1970, inspirées des premières années parisiennes de Takada, dialoguent avec des bleus francs, des gris sartoriaux, un jaune éclatant et un rouge audacieux.
Les archétypes vestimentaires évoluent par petites touches fonctionnelles. Le tailoring kimono gagne en complexité avec des cols châle et des revers peak sur les costumes. Les chemises western s’enrichissent de broderies florales et de passepoils contrastés. Les vestes adoucissent les silhouettes militaires grâce à des boutonnages délicats. Le denim selvedge japonais traverse la collection, parfois délavé au soleil pour un effet patiné. Le Kenzogram, nouvelle signature de la maison, se décline sur le denim, le nylon, le jersey, les mailles et les ceintures.
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Les chaussures prolongent cette esthétique masculine assumée. Des bottines de travail à lacets avec embouts métalliques se juxtaposent aux mocassins classiques. Un modèle hybride marie la ballerine et le derby dans une construction ultralégère en toile. Les accessoires suivent la même logique : un grand tote bag en toile entièrement réversible avec des finitions en cuir contrasté et un sac seau dans le même esprit.
Nigo filme les carpes qui tournent dans le bassin entouré de bambous et de genévriers pour son compte Instagram. La maison KENZO prévoit de revenir au défilé la saison prochaine. Cette présentation intime constitue donc une respiration, un moment de recentrage avant le prochain chapitre. Le dialogue entre les esthétiques française et japonaise, cher à Takada, s’ouvre ici sur un répertoire plus large, où l’americana, le tailoring italien et les détails punk chinois trouvent leur place, un goût du métissage déjà visible dans la campagne printemps-été 2025 à Rio de Janeiro.

Le vêtement retrouve ainsi sa fonction première : habiller un corps qui bouge, court et vit. Rien de pompeux dans cette approche. Nigo rend hommage au fondateur en se concentrant sur l’essence même de KENZO depuis ses débuts : la liberté, la couleur et la joie. Les pièces de workwear élevé et les silhouettes preppy légèrement canailles qui ont marqué ses premières créations refont surface.
La résidence de Takada devient le théâtre de cette réconciliation. Les invités se courbent pour franchir la petite porte en bois qui donne accès à cet univers japonais transplanté à Paris. Ce retour aux sources redonne du sens à la proposition de Nigo. Le créateur collectionne les pièces vintage KENZO depuis des années. Son regard de passionné transparaît dans chaque détail de cette collection automne 2026.
Finies les digressions étranges. Le vestiaire masculin de KENZO retrouve une cohérence et une accessibilité qui lui faisaient défaut ces derniers mois. Les propositions sont familières sans jamais tomber dans la répétition. L’équilibre est rétabli entre héritage et vision contemporaine.
























