John Lobb a présenté sa collection le 22 janvier dernier, lors de la Fashion Week de Paris. Le bottier britannique, propriété de la maison Hermès depuis 1976, prouve une nouvelle fois qu’il sait s’adresser aux nouvelles générations sans renier son héritage. Vous pensiez que les souliers cousus Goodyear étaient réservés aux banquiers de la City ? Détrompez-vous.
| 📌 Repères clés |
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| 👞 Maison : John Lobb (fondée en 1866, propriété d’Hermès depuis 1976) 📍 Présentation : Fashion Week de Paris, 22 janvier 2026 🧵 Savoir-faire : cousu Goodyear et norvégien 🎸 Inspirations : aviation britannique, rock anglais, montagne 👟 Objectif : séduire les moins de 35 ans sans renier l’héritage 🛠 Positionnement : luxe durable, réparable, transmissible 🗓 Disponibilité : juin 2026 en boutiques et sur johnlobb.com |

Premier constat : John Lobb arrête de se prendre au sérieux. Enfin, presque. La maison conserve son ADN – ce savoir-faire irréprochable, cette obsession du détail -, mais ose innover. Elle prend des risques. Elle regarde autant vers la rue que vers Savile Row.
Prenez la William New Standard Jumper. Cette botte reprend la double boucle emblématique de la ligne William, mais monte jusqu’à la cheville, s’inspirant ouvertement de l’aviation britannique. Sauf qu’ici, on oublie le côté poussiéreux des archives. La semelle crantée en gomme le prouve : John Lobb veut que vous portiez ses créations dans le métro parisien comme dans les Highlands écossaises.

La maison va même plus loin avec le modèle William New Standard en version patchwork. Plusieurs finitions de cuir sur une même chaussure ? Oui, et alors ? Les puristes vont crier au scandale. Laissez-les. Cette approche montre que John Lobb comprend l’esthétique actuelle. Les jeunes ne veulent plus d’uniformité. Ils recherchent la singularité, ce détail qui accroche l’œil.
Le Smith Chukka pousse le curseur encore plus loin. John Lobb assume ici ses références aux années 1980 britanniques, période rock et ska. La semelle creeper ne ment pas. Les deux pampilles amovibles aux proportions exagérées non plus. C’est audacieux. Peut-être même trop pour certains. Mais c’est précisément ce qu’on attend d’une collection qui veut dialoguer avec son époque.

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Parlons du Sommet. Cette botte de montagne s’inspire des archives John Lobb des années 1950. Sa trépointe norvégienne crantée assure une imperméabilité totale. La semelle en gomme évoque l’univers des bottes de ski. Vous voyez où je veux en venir ? John Lobb se tourne vers les baskets techniques, ces modèles qui dominent les pieds des moins de 35 ans. La maison adapte son vocabulaire sans singer personne.

L’Atrium est peut-être la pièce la plus réussie de cette collection automne 2026. La maison revisite la ballerine de smoking avec une silhouette minimaliste, épurée et contemporaine. Finies les ornementations baroques ! Place à l’essentiel. La qualité reste intacte, mais l’esthétique change. Les jeunes qui portent des Margiela Tabi ou des Lemaire comprendront immédiatement ce langage.
La Highland revient cette saison avec une doublure en laine. Cette botte de pluie anglaise montée en cousu norvégien imperméable utilise un cuir ciré qui vieillit bien. Très bien même. John Lobb mise sur la patine, un concept que les amateurs de sneakers vintage connaissent bien. Vos Stan Smith jaunissent avec le temps ? La Highland, elle, se sublime.

Le Regi, inspiré des bottes de cavaliers anglais, intègre une fermeture éclair discrète pour faciliter l’enfilage. Un petit détail qui fait toute la différence. John Lobb sait que personne ne veut perdre cinq minutes à lacer ses chaussures le matin. La praticité rejoint enfin l’élégance.
Mention spéciale pour les gants en cuir à doublure en cachemire et à fermeture zippée ovale. John Lobb les fabrique entièrement à la main en France, avec le même type de couture que pour les mocassins Bath et Pace. Bonus non négligeable : ils sont compatibles avec les écrans tactiles. Vous pouvez enfin répondre à vos messages Instagram sans avoir froid.

Les modèles Freddi et Lopez en cuir Bristle Hide couleur Oxblood méritent également votre attention. Ce rouge bordeaux profond échappe aux tendances saisonnières. Il traverse les modes sans broncher.
Avec cette collection automne 2026, John Lobb ne révolutionne pas la chaussure masculine. La maison fait mieux : elle prouve qu’il est possible d’avoir 150 ans d’histoire et de rester pertinent. Elle montre que l’excellence artisanale et les désirs actuels peuvent cohabiter. Elle affirme que les jeunes générations s’intéressent aux belles chaussures, à condition qu’on leur parle correctement.

Les prix restent élevés, évidemment. John Lobb ne changera pas sa politique tarifaire du jour au lendemain. Mais ces chaussures durent. Elles se transmettent. Elles se réparent. Dans un contexte de fast fashion qui inonde nos placards de paires jetables, cette approche prend tout son sens.
Rendez-vous en juin 2026 dans les boutiques John Lobb et sur le site johnlobb.com. D’ici là, vous aurez le temps d’économiser. Ou de convaincre vos parents que vous méritez vraiment les William New Standard Patchwork pour votre anniversaire.










