Londres sous la pluie. Pas celle qui décourage, mais celle qui donne envie de s’habiller. Avec sa collection automne 2026, Burberry renoue avec ce qu’il sait faire de mieux : habiller des hommes qui ont quelque chose à dire, même – et surtout – lorsqu’ils sortent le soir.
| 📌 Repères clés |
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| 📍 Défilé organisé à Old Billingsgate à Londres 🧥 Hybridation jour/nuit au cœur du vestiaire masculin 🧵 Tailoring en cachemire double face et grain de poudre 🧤 Cuir plongé, cuir matelassé et shearling retravaillé 🎨 Palette noir, champagne, bleu encre, bordeaux et prune 👞 Lancement des Windermere Oxford revisitées 🏷️ Positionnement stratégique avant le 170e anniversaire |

Le défilé s’est tenu à Old Billingsgate, un ancien marché aux poissons du XIXe siècle situé sur la rive nord de la Tamise. À l’intérieur, une réplique du Tower Bridge trônait au-dessus d’un podium parsemé de flaques noires en résine et des réverbères projetaient leur lumière dorée sur les tenues. Le sol brillait comme le bitume mouillé après une averse. Le directeur artistique, Daniel Lee, ne cherche pas à fuir la grisaille londonienne ; il en fait un décor.
Ce qui distingue immédiatement la collection automne 2026 de Burberry pour homme, c’est le refus de choisir entre le jour et la nuit. Lee réinvente les classiques en leur donnant une nouvelle dimension : un pardessus porté différemment, un smoking revisité dans sa coupe, une chemise en soie glissée sous un blouson en cuir. L’effet n’est pas celui d’un homme qui hésite entre deux garde-robes, mais d’un homme qui les réunit sans effort.

Les pièces fonctionnelles sont les véritables vedettes de cette saison. Les bombers en cuir, les hoodies et les imperméables, des vêtements que l’on associe volontiers à la décontraction urbaine, reçoivent ici un traitement de soirée. Ce glissement est précis, jamais forcé. Le résultat est un vestiaire à la fois directionnel et portable, ce qui n’est pas si courant dans le luxe actuel.
Dans la partie « tailoring », la collection automne 2026 de Burberry propose des smokings et des manteaux croisés en cachemire double face et en grain de poudre, garnis de revers en cuir et de cols en shearling. Ces pièces déconstruisent les archétypes de la mode masculine sans les trahir. La chemise rayée en soie ornée d’un « B » brodé aux poignets ou le mouchoir de poche replié en rose sont autant de détails qui témoignent d’une maison qui continue de travailler à la main, dans l’atelier, sur chaque vêtement.
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Le cuir est omniprésent et exploré dans toute sa gamme. On le retrouve en cuir plongé beurre pour des manteaux à col châle, en version robuste sur des blousons de motard, en cuir matelassé sur des parkas et des bombers. Le shearling, découpé à vif sur les bords des vestes ou retravaillé en carreaux, apporte une chaleur sensible sans alourdir les silhouettes. C’est précisément ce soin apporté aux matières qui confère à la collection son caractère affirmé.
La collection s’articule autour d’une palette de couleurs délibérément dense. Le noir et le blanc champagne en constituent la base, puis viennent le bleu encre, le brun foncé, le bordeaux et le prune. Des couleurs qui tiennent leur promesse de sophistication sans en faire la démonstration. Portées en aplats francs sur de grandes pièces d’outerwear, ces couleurs produisent un effet net, presque graphique, qui tranche avec l’exubérance de certaines collections concurrentes.

Daniel Lee a également revisité la chaussure masculine avec la précision d’un cordonnier traditionnel. Les nouvelles Windermere Oxford revisitent le brogue classique avec des ornements de micro-clous et des insertions en carreaux Burberry. La botte de moto en cuir s’impose comme un nouvel archétype urbain, déclinée dans des coloris uniques ou en cuir matelassé. Le cuir est teint après la fabrication de la chaussure, un procédé artisanal qui confère à chaque pièce une patine unique.
Ce que Lee réussit parfaitement avec Burberry, saison après saison, c’est de rendre la mode britannique désirable sans la rendre inaccessible. La collection automne 2026 ne cherche pas à impressionner à tout prix. Elle vise à habiller des hommes qui vivent en ville, prennent des bus de nuit et sortent sans savoir où la soirée les mènera. Le directeur artistique capte quelque chose de vrai dans l’attitude londonienne : cette façon de soigner sa tenue sans jamais en parler.
Le PDG, Josh Schulman, a souvent rappelé que Burberry prospérait là où sa légitimité était la plus forte : sur les imperméables, les écharpes et les accessoires solides. La collection automne 2026 confirme cette ligne : les trenchs à carreaux bordeaux et bleu nuit, tissés à la main sur des métiers traditionnels à partir de fils de cuir et de viscose, sont parmi les pièces les plus abouties qu’ait produites la maison sous l’ère Lee. Ce niveau d’exigence artisanale, combiné à une vision claire du vestiaire masculin contemporain, place Burberry dans une position solide à l’approche de son 170e anniversaire.





















