Glenn Martens a ouvert la semaine de la mode milanaise avec un défilé Diesel qui posait une question simple : qu’est-ce que bien vivre ? Sa réponse en quelques mots pour la collection automne 2026 de Diesel : s’amuser sans calcul, sans honte, et assumer le lendemain matin tel qu’il se présente.
| 📌 Repères clés |
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| 👖 Le denim est traité à la résine pour figer des plis permanents ♻️ Les tailleurs sont fabriqués à partir de chutes et surplus industriels 🧵 Les mailles sont rétrécies depuis des volumes surdimensionnés 🧥 Les manteaux patchwork imposent une silhouette oversize assumée 👓 Nouvelle ligne de lunettes D-mentional et Sculpt-D ⌚ Lancement de la montre unisexe Closer |

L’idée de départ est franche. Vous vous réveillez dans un endroit inconnu, vous ne savez pas très bien ce qui s’est passé la nuit précédente, vos vêtements sont froissés et un peu de travers, et pourtant, vous vous sentez au sommet. Martens ne cherche pas à romancer cette scène. Il la prend au pied de la lettre et en fait une proposition vestimentaire cohérente, poussée à son paroxysme.
Avant même que le premier mannequin ne foule la passerelle, le décor lui-même annonce la couleur. Quelque 50 000 objets issus des archives mondiales de Diesel ont été rassemblés et disposés en une installation centrale : accessoires de campagnes anciennes, sous-vêtements griffés, jouets en plastique, peluches, confettis, vraies pizzas et quelques curiosités que la pudeur invite à ne pas détailler. Tout cela est exposé sous une lumière crue, comme des pièces à conviction lors d’un procès joyeux. Quarante-huit ans d’existence d’une marque sont ainsi condensés en un seul espace, sans ordre apparent, mais avec une logique certaine. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est une revendication.

Côté hommes, la collection automne 2026 de Diesel ne fait aucune concession à la sagesse. Le denim, pilier indétrônable de la marque, revient ici dans des versions traitées à la résine pour figer des plis définitifs, comme si le jean avait vécu plusieurs nuits d’affilée sans jamais être accroché à un cintre. Certains modèles sont intentionnellement extra-longs, avec des fentes verticales dissimulées près de la cheville et fermées par des agrafes. Martens ne cherche pas à corriger ces « défauts » ; il les installe comme caractéristiques.
Les mailles portent la même philosophie. Des tricots froissés ont été rétrécis à partir de dimensions surdimensionnées pour obtenir une texture dense et légèrement bouillie qui épouse le corps sans paraître apprêtée. Des tops en jersey à double épaisseur semblent avoir été enfilés à la hâte, mais ils sont pourtant fixés avec précision. Cette tension entre l’apparence du désordre et la rigueur de la construction est le fil conducteur de la collection.
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Le tailleur de Diesel pour l’automne 2026 ne ressemble à rien de ce que produisent les autres maisons. Les manteaux et les vestes en laine sont fabriqués à partir de chutes de production et de surplus industriels, feutrés ensemble couche après couche. Le résultat est épais, sans doublure ni structure intérieure visible, volontairement brut. Ce travail sur les déchets textiles s’inscrit dans l’engagement durable de la marque, qui utilise des matières recyclées ou sourcées de manière responsable pour l’ensemble de la collection.
Les blousons, chemises et pantalons en cuir peint arrivent dans des teintes vives et naïves : ocre, rouge vif ou vert acide. Quant aux manteaux oversize recouverts d’un faux pelage, ils sont construits à partir d’un assemblage de patchwork multicolore et ont une présence qui n’appartient qu’à Diesel. Portées par des hommes, ces pièces fonctionnent précisément parce qu’elles refusent toute idée de discrétion.

Les chaussures pour hommes adoptent une silhouette sculpturale, avec une pointe acérée surélevée par une paroi latérale qui longe le pied, visible sur les derbies comme sur les bottines. Ce n’est pas un détail anodin : dans une collection qui joue sur l’allure du lendemain de fête, la chaussure reste nette, presque agressivement précise.
Côté lunetterie, la nouvelle famille D-mentional propose des montures incurvées aux branches ornées du logo, tandis que la ligne Sculpt-D opte pour le minimalisme avec un D découpé sur les tiges, capable de projeter une ombre en forme de lettre sur la peau. Quant à la montre Closer, première pièce unisexe de la maison, elle revendique une fonctionnalité assumée, avec un fermoir caché et une finition pavée disponible en argent ou en or pâle.
Glenn Martens a rejoint Diesel en 2020, après avoir passé des années chez Y/Project, où il avait déjà transformé le textile en matière à tordre, superposer et déformer. Chez Diesel, il a trouvé un terrain plus vaste, une iconographie plus riche et une liberté proportionnelle. Depuis son arrivée, il repousse systématiquement les limites de ce que le denim peut faire, et cette saison, il va encore plus loin en intégrant le concept de la nuit blanche directement dans la construction du vêtement.



























