La collection automne 2026 de Balenciaga marque un tournant pour la maison. Pour la première fois sous la direction artistique de Pierpaolo Piccioli, le vestiaire masculin est au centre du propos, et non plus en périphérie. Samedi soir, sur les Champs-Élysées, dans un ancien magasin adidas transformé en salle obscure tendue de moquette noire, on a compris que Piccioli ne jouait plus la prudence.
| 📌 Repères clés |
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| 👔 Pierpaolo Piccioli place pour la première fois le vestiaire masculin au cœur du défilé. 🧥 Volumes cocon, épaules amplifiées et cols dressés structurent la collection. 🎬 Le créateur de la série Euphoria imagine l’environnement visuel du défilé. 🧬 La collection dialogue entre la couture de Cristóbal Balenciaga et l’esthétique sombre héritée de Demna. 🌍 Le défilé mélange streetwear radical et pièces plus classiques destinées à un vestiaire quotidien. |

L’ambiance était indéniablement là. Des dizaines d’écrans diffusaient des images signées Sam Levinson, le créateur d’Euphoria, convié pour concevoir l’environnement du défilé. Paysages californiens, visages de nouveaux acteurs, lumières rasantes. Dehors, des fans bloquaient le trottoir. La maison avait retrouvé ce magnétisme propre aux grandes soirées de mode parisiennes, cette fièvre un peu irrationnelle qui saisit quand on a l’impression que quelque chose est sur le point de basculer.
Pour les hommes, Piccioli a posé ses convictions sur les épaules, au sens propre. La silhouette dominante est celle du manteau imposant, avec un dos gonflé, un col dressé et une carrure amplifiée. On y retrouve l’écho de Cristóbal Balenciaga, le fondateur de la maison, grand architecte de la forme cocon. Le défilé masculin s’ouvre avec un bomber en cuir noir à dos bulbeux, suivi d’un caban sculptural dont le col se dresse comme une fleur, puis d’un manteau officier aux revers relevés sur des épaules légèrement voûtées. Ces pièces ne cherchent pas à séduire par la subtilité. Elles affirment.

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Les pantalons, plus larges que ceux portés par les femmes, ancrent la silhouette dans une décontraction maîtrisée. Des imprimés inspirés de la série Euphoria apparaissent sur des manteaux, des pulls et des pièces en polaire, un clin d’œil assumé à la culture jeune qui a longtemps défini l’ADN récent de la maison.

Piccioli hérite d’un double héritage : la haute couture des années 1950 incarnée par Cristóbal et l’esthétique dystopique de Demna, qui a façonné une génération entière de clients. Ce défilé automne 2026 penche plutôt du côté de ce second versant. L’obscurité de la scénographie, la dureté des matières et la présence de Hudson Williams, acteur de Heated Rivalry et désormais « ami » de la maison, contribuent à maintenir un lien fort avec cette tribu mondiale que Balenciaga a cultivée ces dernières années.
Reste que certaines pièces dénotent avec la radicalité ambiante. Les parkas et les car coats à dos cocon semblent destinés à un homme plus posé, moins enclin aux codes de la nuit. Piccioli ne ferme aucune porte. Il laisse cohabiter plusieurs versions de l’homme Balenciaga : le jeune adepte de streetwear et celui qui cherche simplement un manteau qui tienne la route.




























