Présentée sur le court central de Roland-Garros, la collection automne 2026 de Lacoste ne ressemble à aucune autre. Pour la cinquième fois, Pelagia Kolotouros, directrice artistique de la maison française, signe un vestiaire masculin qui va plus loin que les références habituelles à René Lacoste. Plus personnel, plus tranchant, plus assumé.
| 📌 Repères clés |
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| 👩🎨 Pelagia Kolotouros signe sa cinquième collection pour Lacoste 🧥 Collaboration avec Mackintosh, spécialiste écossais de l’imperméable 👕 Sportswear inspiré des années 1980 et de la culture new-yorkaise 🌧 Palette inspirée des surfaces de tennis assombries par la pluie 🧵 Matières techniques : nylon filaire, laine mérinos double face 🎒 Accessoires inspirés du tennis dont sacs Suzanne Lenglen |

Jusqu’à présent, Kolotouros avait pris soin de poser les bases, de rendre hommage au fondateur et d’explorer les archives de la maison avec rigueur. Ce travail de fond était nécessaire. Mais pour l’automne 2026, quelque chose a changé. Elle a décidé d’injecter dans la collection une part d’elle-même, celle qui a grandi dans le Queens, à New York, dans les années 1980, entourée de survêtements, de polos et d’une certaine idée de l’élégance urbaine.
Pour inaugurer cette nouvelle direction, elle a fait appel à Mackintosh, un fabricant écossais spécialiste des vêtements imperméables dont le tissu breveté date de 1822. La capsule de neuf pièces développée pour l’occasion apporte au vestiaire masculin une matière dense, noble et résistante. On y trouve des trenchs, un polo ainsi que des pièces hybrides qui mêlent habilement les codes du sport et de la mode.

La pièce la plus frappante est un imperméable oversize dont la structure s’inspire d’un blouson de survêtement. La silhouette ainsi créée rappelle, par ses proportions tombantes, les années 1920, un paradoxe qui fonctionne. Cet écart entre l’époque sportive et la modernité assumée est précisément ce qui rend la collection lisible pour l’homme d’aujourd’hui.
La palette chromatique reprend les tonalités des surfaces de jeu, mais dans leurs versions sombres, comme si la pluie y avait laissé son empreinte. L’ocre de la terre battue, le vert de la pelouse et le blanc sont tous virés vers des teintes plus profondes et automnales. Cette contrainte colorielle crée une cohérence visuelle forte, sans jamais tomber dans la rigidité.
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Parmi les pièces masculines à retenir, on compte un blouson en nylon filaire à la coupe droite, un polo en maille double face en laine mérinos associé à un pantalon de tailleur sportif, ainsi que des imperméables en nylon amples aux boutons remontant dans le dos. Ces vêtements ont une vraie tenue. Ils ne sont pas là pour séduire en vitrine, ils sont conçus pour être portés.
Kolotouros travaille également les proportions avec précision : des polos à manches longues en piqué rayé élargis jusqu’aux proportions d’un poncho, des survêtements réimaginés dans un jersey de laine mérinos double face. Le résultat n’est pas un compromis : c’est du sportswear pensé selon les exigences du vêtement de qualité.

Les accessoires jouent également un rôle structurant. Les parapluies à poignée en forme de tête de crocodile, les chapeaux de pluie à larges bords et les bottes en caoutchouc à semelles généreuses renvoient tous à une certaine idée du terrain et de l’usure réelle. Les sacs, inspirés de la raquette de Suzanne Lenglen et déclinés ici en nylon transparent, apportent une légèreté bienvenue. Les graphismes, quant à eux, évoquent les tournois du Grand Chelem et les dossards de compétition. L’effet est délibérément rétro, presque naïf, et c’est là sa force.
Pas de référence ironique, pas de second degré épuisé, juste une sincérité visuelle qui place Lacoste entre le court et la rue, là où la marque veut être reconnue.
Faire évoluer une marque de sport vers le territoire de la mode sans perdre sa crédibilité d’origine reste un exercice risqué. Kolotouros y parvient parce qu’elle n’oublie pas d’où vient Lacoste. Mais elle ne s’y enferme pas non plus. Son propre parcours, son rapport personnel au vêtement et sa mémoire des années 1980 traversent la collection sans l’alourdir.























