Alessandro Michele a choisi Rome pour présenter la collection automne 2026 de Valentino, appelée Interferenze. Une décision qui en dit long sur l’état d’esprit du créateur : revenir aux sources d’une maison qu’il habite désormais comme s’il y avait toujours été.
| 📌 Repères clés |
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| 🏛 Lieu du défilé : Palazzo Barberini à Rome, palais baroque du XVIIᵉ siècle 👔 Focus principal : un vestiaire masculin structuré et plus affirmé 🎨 Palette chromatique : rouge Valentino, moutarde, lavande, bordeaux, vert émeraude, orange ✂️ Signature stylistique : asymétrie et détails travaillés dans le dos des vestes 🧵 Référence historique : hommage direct à Valentino Garavani 📆 Vision du créateur : Alessandro Michele revendique une approche plus retenue qu’à l’époque Gucci 🧠 Concept de la collection : Interferenze, entre héritage et réalité contemporaine |

Le Palazzo Barberini n’est pas un lieu neutre. Construit au XVIIe siècle par Maderno, Bernin et Borromini, cet édifice baroque concentre à lui seul deux visions opposées de l’architecture : l’ordre et la tension, la rigueur et l’excès. C’est précisément cette confrontation qu’Alessandro Michele a choisie comme terrain pour sa collection automne 2026. Les sols des salons dorés et ornés de fresques étaient recouverts d’herbe synthétique et de petites feuilles, une intrusion de la nature dans un cadre monumental qui, selon le créateur lui-même, rappelle l’image d’une réalité alternative, celle des réseaux sociaux.
Pour l’homme, la collection automne 2026 de Valentino s’affirme avec une précision remarquable. Les vestes masculines arborent dans le dos des nœuds et des plis travaillés avec une minutie qui n’est pas anodine : c’est un clin d’œil direct à Valentino Garavani, dont l’attention portée au dos des vêtements était une signature constante. Michele ne cherche pas à effacer l’histoire de la maison ; il s’en nourrit pour construire quelque chose qui appartient au présent.

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L’asymétrie traverse plusieurs silhouettes masculines et l’on retrouve dans ce choix une liberté formelle qui caractérise le travail de Michele depuis ses débuts. Les années 1980 planent discrètement sur l’ensemble ; une décennie que le créateur associe à une certaine idée de la liberté et qui correspond également à l’une des périodes les plus fastes de la maison.

Le rouge est bien sûr présent. Michele reconnaît lui-même que c’est une couleur complexe à manier, mais il y revient, comme pour solder un compte avec l’héritage de Garavani. Autour de lui gravitent le moutarde, le lavande, le bordeaux, le vert émeraude et l’orange : des tonalités fortes, portées sans crainte et souvent en opposition directe. Pour l’homme qui s’habille avec intention, ces choix chromatiques offrent une matière intéressante à travailler.
Michele a passé trois décennies dans l’industrie de la mode avant d’arriver chez Valentino, et cela se ressent dans la collection automne 2026. Il ne s’agit plus d’un designer qui s’approprie une maison, il l’a fait. La retenue qu’il s’impose sur les ornements par rapport à ses années chez Gucci n’est pas une capitulation, mais un choix délibéré, une soustraction qui renforce chaque pièce plutôt qu’elle ne l’appauvrit.





























