| La Reebok SpeedShifter est une chaussure de running de compétition dont la sortie est annoncée pour le 20 octobre 2026, au prix de 250 euros en France. Elle inaugure une plaque carbone pleine longueur dans la gamme running performance de Reebok. Elle associe la technologie AccelerPlate à une mousse HYPERFLOAT en ATPU. Son poids annoncé est d’environ 210 grammes. |
La Reebok SpeedShifter sortira le 20 octobre, et je l’avoue tout de suite, je ne m’y attendais pas. Elle est équipée d’une plaque carbone sur toute la longueur. Chez Reebok. Une première pour la ligne running performance de la marque.
Relisez. Moi, je l’ai fait deux fois.
Ces dernières années, Reebok occupait surtout nos placards avec ses rééditions. Des Club C d’un blanc impeccable, des Classic Leather portées avec un jean brut, des modèles d’archives qui font la joie des collectionneurs. La course à pied de compétition semblait s’être installée ailleurs, chez des concurrents qui ont fait du carbone leur arme favorite à la fin des années 2010. Alors pourquoi maintenant ? Et surtout, faut-il y croire ?

Une partie de la réponse tient au propriétaire. Depuis son rachat par Authentic Brands Group en 2022, Reebok a d’abord misé sur ce qui rapporte vite : le lifestyle et les archives. Puis, la marque a reconstruit sa gamme running par petites touches. La SpeedShifter est la première pièce de cette reconstruction à viser directement le haut du marché, celui des super chaussures. Reebok n’y découvre d’ailleurs pas tout à fait le carbone : la Floatride Energy X en glissait déjà une plaque, mais uniquement sous l’avant-pied. La différence est de taille, et elle change de catégorie.
La pièce maîtresse porte un nom assez martial : AccelerPlate. Elle court du talon jusqu’à la pointe et se glisse entre deux couches de mousse de densités différentes. Le principe est connu des coureurs. La plaque se tend au moment où le pied touche le sol, puis renvoie l’énergie à l’impulsion. Reebok parle d’une « propulsion explosive ». Le mot est fort. On demande à voir.
Autour de cette plaque, la marque présente la technologie HYPERFLOAT. Cette nouvelle mousse, formulée en ATPU, promet un retour d’énergie maximal et un amorti moelleux. Sa double densité doit apporter trois choses que tout coureur recherche : du confort, du rebond et de la stabilité. Sur le papier, la recette ressemble à celle des super chaussures qui dominent les lignes de départ. Sur le bitume, nous verrons bien.

Chris Stone, directeur produit chez Reebok, ne cache pas son enthousiasme : « Nous sommes ravis de présenter notre nouvelle innovation en matière de chaussures de running, la SpeedShifter, conçue pour permettre aux athlètes de se sentir plus rapides que jamais. La chaussure a été pensée pour offrir une sensation de propulsion grâce à une plaque en carbone sur toute la longueur et à la toute nouvelle mousse HYPERFLOAT légère. »
Se sentir plus rapide. Le verbe a son importance. Reebok ne vous promet pas de battre votre record personnel, mais une sensation. C’est plus modeste. C’est aussi plus honnête.
Parlons concret, puisque les sneakerheads aiment les fiches techniques presque autant que les coloris.
Le drop ? 8 mm. Le poids ? 7,4 onces, soit environ 210 grammes. Le prix ? 250 euros.
Ce drop de 8 mm me paraît raisonnable. Il épargne un peu les mollets et les tendons d’Achille de ceux qui ne sont pas habitués aux chaussures très plates. Le poids, lui, classe la Reebok SpeedShifter parmi les modèles légers, sans pour autant battre tous les records.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 👟 La Reebok SpeedShifter est la première chaussure running performance de Reebok à plaque carbone pleine longueur, là où la Floatride Energy X n’en avait qu’une sous l’avant-pied. 🧪 Sa semelle associe la plaque AccelerPlate à la nouvelle mousse HYPERFLOAT, une ATPU à double densité. ⚖️ Elle pèse environ 210 grammes (7,4 onces) et affiche un drop de 8 mm. 💶 Elle coûte 250 euros en France et 220 dollars aux États-Unis. 📅 Elle sort le 20 octobre 2026 sur Reebok.com, en tailles unisexes et femmes, avec une disponibilité qui peut varier selon les marchés. |
La tige mise tout sur la légèreté. Sa construction respirante joue la carte de la simplicité, et seul le col rembourré s’autorise un peu de matière, pour le confort et un ajustement optimal. Sous le pied, une semelle extérieure en caoutchouc composée de trois pièces assure une adhérence continue. Reebok la dit très résistante à l’abrasion. Un détail ? Pas pour ceux qui avalent leurs kilomètres sur des quais mouillés en plein mois de novembre.
Pour incarner cette nouveauté, Reebok a choisi Lydia Oldham, athlète de la marque et coureuse d’ultra-distance. Le choix n’a rien d’anodin.
« La SpeedShifter me permet de rester concentrée et d’aller jusqu’au bout », déclare Lydia Oldham. « Grâce à sa tige légère et à son excellent amorti, je peux venir à bout d’une séance d’entraînement intense et accélérer le jour de la course. »
Une spécialiste des très longues distances ne s’emballe pas pour un gadget. Elle cherche une chaussure de course qui tient la route quand les jambes ne répondent plus. Le fait que Reebok confie sa parole à une coureuse de fond plutôt qu’à un sprinteur en dit long sur ses ambitions. La SpeedShifter se veut polyvalente. Elle vise les séances rapides, les sorties longues et le jour de la course.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Je vous entends déjà. Une chaussure de course à 250 euros, très bien. Mais est-ce qu’elle tient la route ?
Je ne l’ai pas encore essayée. Je ne vais donc pas vous jurer qu’elle fera tourner les têtes à la sortie du métro. Je constate seulement que les modèles à plaque de carbone ont depuis longtemps quitté les pistes pour les trottoirs et que leur silhouette surélevée est devenue un code à part entière.
Reebok arrive tard sur ce terrain. Elle arrive toutefois avec un héritage sportif qu’elle fait remonter à 1895, et un réseau de quelque 400 boutiques en propre dans 80 pays. Ce n’est pas rien. Mais face à des concurrents qui en sont à leur troisième ou quatrième génération de plaque carbone, l’historique ne remplace pas l’expérience accumulée sur le produit lui-même.
La marque ne dit pas un mot des coloris. Les premiers visuels diffusés aux États-Unis en montrent pourtant deux : un rouge rehaussé de bleu et de blanc, et un bleu et blanc plus sobre. Reste à savoir lesquels arriveront chez nous.

La Reebok SpeedShifter sera disponible le 20 octobre sur Reebok.com, en tailles unisexes et pour femmes, au prix de 250 euros. La marque précise que la date de sortie et la disponibilité peuvent varier selon les marchés. Aux États-Unis, elle est affichée à 220 dollars, soit moins que la plupart des super chaussures de référence. En France, à 250 euros, elle se range parmi les modèles concurrents plutôt qu’elle ne les surpasse.
Mon avis ? Reebok tente un retour sérieux sur la route, avec les armes du moment et une vraie cohérence technique. Une chaussure de course se juge pourtant aux kilomètres, jamais aux communiqués. Le premier test aura lieu le 20 octobre. Le vrai viendra quelques centaines de kilomètres plus tard.



