Mi-parcours du Dakar 2026 : Sanders et Al-Attiyah devant, mais fragiles

À mi-parcours du Dakar 2026, le désert n’a pas encore rendu son verdict.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
12 Minutes de lecture
© Photo : A.S.O./ Florent Gooden / DPPI

Après six étapes disputées depuis Yanbu, le Dakar 2026 prend sa première vraie respiration à Riyad. La journée de repos offre aux 244 concurrents encore en lice l’occasion de souffler avant d’affronter sept nouvelles étapes. Le classement à mi-parcours esquisse une première hiérarchie, mais personne ne se risque à crier victoire. Car ici, dans le désert saoudien, les certitudes se fracassent sur les pierres aussi vite que les pneus.

Chez les motards, Daniel Sanders garde la tête. Le tenant du titre australien devance Ricky Brabec de seulement 45 secondes. Une paille pour un rallye qui en réclame encore plus de 3 000. L’Américain de Honda n’a pas tremblé durant cette première semaine. Il attend son heure. Du côté des autos, Nasser Al-Attiyah reprend ses marques de patron. Le Qatari mène la danse devant Henk Lategan, avec six minutes d’avance. Mais derrière, les Ford Raptor grognent. Trois d’entre eux se trouvent dans le top 5, avec des écarts ridicules pour un Dakar.

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📌 Repères clés
🏍️ Leader motos : Daniel Sanders (45 s d’avance seulement)
🏁 Leader autos : Nasser Al-Attiyah (+6 min)
⏱️ Écart Top 5 autos : 12 minutes (record historique)
🚗 Ford Raptor : 3 voitures dans le Top 5
🏜️ Concurrents encore en lice : 244 sur 317
🛑 Grands abandons : Al Rajhi, Canet hors course
🔥 Étapes restantes : 7, dont une étape marathon

Daniel Sanders leader moto sous pression

Il n’a pas laminé la concurrence. Il s’est contenté de faire le travail. Daniel Sanders aborde la deuxième semaine avec le dossard de leader, mais il sait que rien n’est joué. L’Australien de l’équipe Red Bull KTM Factory Racing a laissé briller Edgar Canet lors des deux premières étapes. Le jeune Espagnol, qui fait ses débuts en RallyGP, a remporté le prologue, puis la première étape. Deux médailles en guise de carte de visite, avant de sortir de la route à cause d’un pneu arrière détruit durant l’étape marathon.

Sanders a repris les commandes sans faire de bruit. Il comptait six minutes d’avance sur Brabec, avant d’être pénalisé pour excès de vitesse au départ de la sixième étape. La sanction est tombée comme un couperet : six minutes de pénalité. Son matelas d’avance fond comme neige au soleil du désert. Il ne reste plus que 45 secondes d’avance sur l’Américain.

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Classement motos : Brabec, Benavides et Schareina à l’affût

Ricky Brabec n’a pas encore gagné de spéciale. Il se contente de grappiller, de rester dans le sillage des meilleurs et de ne commettre aucune erreur. Cette stratégie porte ses fruits. Le pilote de l’équipe Monster Energy Honda HRC occupe la deuxième place et sent que le titre peut basculer de son côté à la moindre défaillance de son rival. Derrière, Luciano Benavides pointe à dix minutes. L’Argentin de KTM a remporté la cinquième étape et réalise généralement de meilleures performances lors de la deuxième semaine. Il reste à l’affût.

Tosha Schareina aurait pu jouer les trouble-fêtes. L’Espagnol de Honda a remporté deux étapes et a même pris la tête du classement général à Alula. Mais une erreur administrative lui coûte cher. Au départ du bivouac marathon, il ne respecte pas le marquage de la zone de sortie. Il écope de dix minutes de pénalité. Il se retrouve relégué à la quatrième place, à près de douze minutes de Sanders. Ignacio Cornejo complète le top 5, à plus de vingt-cinq minutes, un écart trop important pour espérer jouer la victoire.

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Autos : Nasser Al-Attiyah reprend le pouvoir à mi-parcours

Qui aurait pu croire que Nasser Al Attiyah était fini après ses deux dernières années décevantes ? Le Qatari vient de rappeler à tous pourquoi il est une légende vivante du Dakar. À 54 ans, le quintuple vainqueur n’a rien perdu de son instinct ni de sa science du pilotage dans les dunes.

La sixième étape, entièrement sablonneuse et longue de plus de 300 kilomètres, lui convenait parfaitement. Il l’a survolée. En s’imposant, il a détrôné Henk Lategan de la première place et a franchi la barre symbolique des 50 victoires d’étape en W2RC. C’est une de plus que son total sur le seul Dakar. Ce succès lui permet d’aborder la journée de repos avec six minutes d’avance sur le Sud-Africain de Toyota.

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Lategan avait pourtant frappé fort en début de rallye. Mais les crevaisons l’ont rattrapé. Neuf pneus crevés lors de la troisième étape auraient dû le sortir de la course. Il a joué le tout pour le tout, roulé sur les jantes quand il le fallait et pris tous les risques. Cette audace lui permet de rester dans la course. Toyota ne peut compter que sur lui. Le constructeur japonais, triple champion du monde des constructeurs, n’a qu’un autre Hilux dans le top 10, celui du débutant Eryk Goczal.

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Classement autos : Ford Raptor, Toyota et Loeb en embuscade

Les Ford Raptor impressionnent. Nani Roma est troisième, à neuf minutes d’Al-Attiyah. Carlos Sainz est à douze minutes. Mattias Ekström est cinquième à douze minutes et onze secondes. Trois autos de l’équipe officielle se trouvent dans le Top 5, toutes sous la barre des quinze minutes. Mitch Guthrie a remporté deux étapes et Ekström le prologue. Les Américains frappent fort.

Sébastien Loeb garde espoir. Le nonuple champion du monde de rallye est sixième, à dix-sept minutes et trente-six secondes. Un écart qui n’effraie pas le Français, habitué des remontées spectaculaires. Son coéquipier, Lucas Moraes, champion W2RC 2025, connaît des débuts compliqués avec Dacia. Le Brésilien est dixième, à près de vingt-sept minutes.

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Dakar 2026 : les catégories secondaires en pleine bataille

En Stock, le Defender écrase tout sur son passage. Le constructeur anglais a remporté les sept spéciales de la première semaine. Sara Price, Rokas Baciuska et Stéphane Peterhansel se partagent les lauriers. Le Lituanien mène au classement général, devant Peterhansel, relégué à quarante-quatre minutes. « Monsieur Dakar » vit un retour difficile sur l’épreuve qu’il a dominée pendant des années. Sara Price, victime d’un problème mécanique en début de course, ne récolte pas les fruits de ses trois victoires d’étape.

En catégorie Challenger, Pau Navarro creuse l’écart grâce à sa régularité. L’Espagnol devance Nicolas Cavigliasso de cinq minutes. L’Argentin, champion W2RC en titre et vainqueur du Dakar 2025, a décroché sa sixième victoire d’étape en catégorie Challenger lors de la quatrième spéciale. Il reste dangereux. Yasir Seaidan aurait pu jouer les héros à domicile. Le Saoudien menait à la sixième étape, au km 204, avant de casser un train arrière. Il a perdu plus de quarante-cinq minutes à réparer. Il est désormais quatrième, à près de trois quarts d’heure du leader.

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Chez les SSV, c’est Can-Am qui domine, avec Kyle Chaney en tête devant son coéquipier Joao Monteiro. L’armada de Maverick R officiels fait parler la poudre. Les écarts restent serrés et tout peut encore basculer.

Preston Campbell crée la surprise en Rally2. Le jeune Américain, fils de la légende des Bajas US Johnny Campbell, profite des malheurs de ses adversaires. Harith Noah et Tobias Ebster se sont blessés. Michael Docherty a cassé une jante. Martim Ventura a heurté une pierre. Campbell a su éviter les pièges et devance désormais Toni Mulec de près de dix-sept minutes. Konrad Dabrowski reste au contact, à vingt-trois minutes.

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Deuxième semaine du Dakar 2026 : un scénario encore ouvert

Sept étapes attendent les rescapés d’ici Yanbu. Une nouvelle étape marathon va secouer les certitudes. Les pierres continueront de crever les pneus. Le sable avalera les imprudents. Les dunes élimineront les plus fatigués.

Sanders sait qu’avec 45 secondes d’avance, il n’a aucune marge de manœuvre. Brabec attend le bon moment pour porter l’estocade. Al-Attiyah a revêtu son costume de patron, mais les Ford ne lâcheront rien. Loeb rôde à distance de frappe. Toyota mise tout sur Lategan.

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Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sanders a porté son total de victoires d’étapes en W2RC à 25. Schareina en compte 21. Benavides en compte 16. Brabec en compte 12.
Chez les autos, les écarts n’ont jamais été aussi faibles à mi-parcours. Le cinquième du classement général ne se trouve qu’à douze minutes, alors que la moyenne sur les 25 dernières éditions était d’une heure et trente-sept minutes.

Sur les 317 concurrents enregistrés au départ, 244 sont encore en lice pour décrocher une médaille de finisher : 93 motards, 141 autos et 40 camions. Quarante-cinq autres participants poursuivent en mode « Expérience », ayant été privés de l’intégralité du parcours à cause de leurs péripéties.

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Le Dakar 2026 n’a pas encore livré tous ses secrets. La première semaine a éliminé des prétendants, créé des surprises et redistribué les cartes. Yazeed Al Rajhi, tenant du titre chez les autos, a jeté l’éponge dès la troisième étape. Edgar Canet, phénomène de précocité, est relégué à plus de dix heures. Akira Miura, champion Stock 2025, a dû quitter la course et roule désormais en mode Expérience.

La course ne fait que commencer. Riyad marque une pause. Demain, le désert reprendra ses droits. Les certitudes d’aujourd’hui pourraient bien devenir les désillusions de demain. Au Dakar, seuls ceux qui franchissent la ligne d’arrivée à Yanbu peuvent bomber le torse.

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