Marni, collection automne 2026. Deux mots suffisent à faire tressaillir les amateurs de mode masculine éclairée. Lorsque la maison milanaise annonce un nouveau départ sous la direction de Meryll Rogge, la question n’est pas tant de savoir ce qu’elle apportera, mais de comprendre ce qu’elle choisit de conserver. Pour l’homme Marni, cette saison s’avère décisive.
| 📌 Repères clés |
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| 🧵 Meryll Rogge signe sa première collection homme pour Marni automne 2026 📚 La collection puise dans les archives des années 1990 👔 La silhouette mêle oversize, coupes carrées et vestes techniques en nylon 💍 Les accessoires structurent fortement l’identité du vestiaire 🎨 La palette privilégie gris, brun, ocre et noir 🧠 Une masculinité sobre, pensée plus que performée |

La créatrice belge, diplômée de la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers en 2008 et ayant travaillé dans les ateliers de Marc Jacobs et Dries Van Noten, prend les rênes d’une maison chargée d’histoire. Elle arrive avec une connaissance intime du vestiaire Marni, une affinité de longue date avec ses codes et une volonté clairement affirmée de ne pas singer le passé. Ce n’est pas une résurrection. C’est une relecture.
Du côté du vestiaire masculin, elle propose une silhouette qui oscille entre trois registres bien distincts : le grand-père discret, le grunge maîtrisé et le cow-boy urbain. Cardigans oversize à l’épaule tombante, chemises extra-longues portées sur des pantalons larges : les proportions jouent à fond leur partition. On pense à ces hommes qui habitent leurs vêtements sans jamais sembler y avoir trop réfléchi. L’aisance est feinte, bien sûr. Tout a été pensé.

Les années 1990 sont le fil conducteur de cette collection. Les blazers trois boutons à la coupe carrée et les robes en nylon zippé, réinterprétées ici pour l’homme sous forme de vestes techniques, rappellent cette décennie où la mode masculine a commencé à interroger ses propres codes. Rogge y ajoute une patine de seconde main, une légère usure esthétique qui donne l’impression que ces pièces ont déjà vécu, qu’elles ont traversé autre chose que l’atelier.
L’accessoire occupe une place centrale dans cette proposition. La bijouterie, épaisse et métallique, quelque part entre le lo-fi rural et l’objet de galerie, apporte une touche d’originalité aux tenues. Les chaussures western, comme des bottes en veau imprimé poulain, et les sacs à poignée ornés de broderies complexes, portent cette tension entre artisanat démonstratif et sobriété de façade. Ce sont des pièces qui exigent qu’on s’en approche.
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Ce qui frappe avant tout, c’est l’absence de coquetterie inutile. Rogge n’essaie pas de séduire à tout prix. Elle fait confiance à l’intelligence de celui ou celle qui portera ces vêtements. L’homme Marni, tel qu’elle le définit, n’est pas dans la pose. Il vit sa vie en Marni, sans en faire un manifeste. Cette retenue rend paradoxalement la collection plus forte.

L’héritage de Consuelo Castiglioni est traité avec respect, mais sans nostalgie paralysante. Rogge a fouillé dans les archives, remontant jusqu’aux toutes premières collections de la maison, celles du début des années 1990, austères, presque monochromes, axées avant tout sur les matières et les formes. Cet esprit se retrouve dans certaines pièces de la collection masculine : une veste en peau lainée à la coupe précise, un pantalon dont la coupe impeccable dément l’apparente décontraction.
La couleur, utilisée avec parcimonie, surgit là où on ne l’attend pas, rappelant que Marni n’a jamais hésité à ajouter une touche d’humour visuel. Mais c’est la retenue chromatique générale qui donne le ton : gris, ocre, brun, noir. Des teintes qui traversent bien le temps.



















