Pour sa collection automne 2026 à la tête de CELINE, Michael Rider a définitivement trouvé son langage. Des classiques au tranchant assumé : c’est ainsi qu’on pourrait résumer la proposition de la maison parisienne pour les hommes cet automne. Et cette formule, aussi courte soit-elle, dit tout.
| 📌 Repères clés |
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| 🧥 Silhouettes masculines nettement plus ajustées ✂️ Retour d’un tailoring précis et structuré 👖 Pantalons raccourcis légèrement évasés 🧣 Accessoires inattendus comme écharpes satin très haut nouées 👞 Chaussures contrastées dont bottines blanches automne-hiver 🏛 Défilé installé près de l’Institut de France à Paris |

Le constat est net : Rider a délibérément resserré ses coupes. Fini l’oversize qui a dominé les dix dernières années. La collection automne 2026 de CELINE mise sur des vestes taillées près du corps, des manteaux aux épaules nettes et des silhouettes longilignes, un style que l’on n’avait pas vu depuis longtemps sur les podiums masculins. Cette décision n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large partagé par plusieurs grands noms du secteur, qui estiment que la mode masculine doit retrouver une certaine précision. Rider l’exprime simplement : « Ça paraissait frais. »
Les pantalons raccourcis à l’ourlet légèrement évasé sont de retour. Portés en laines sombres habillées ou en matières plus souples aux coloris vifs, ils confèrent aux silhouettes une allure à la fois désinvolte et structurée. Ce n’est pas une rupture avec le passé de la maison, mais une évolution sensible menée avec méthode.

Ce qui distingue la collection automne 2026 de CELINE des collections contemporaines tapageuses, c’est le refus de tout effet facile. Les boutons dorés des vestes sont volontairement petits, presque discrets, comme s’il fallait deviner leur présence plutôt que de la voir. Une veste peut avoir des épaules parfaitement structurées et se terminer par un bas légèrement décalé. Un manteau coupé à la française, clin d’œil au caban traditionnel, est réinterprété avec une ligne plus étroite et plus urbaine. Le vêtement reste reconnaissable, mais il présente une torsion imperceptible.
Rider travaille à partir de ce qu’il appelle lui-même les « classiques avec du mordant ». La veste reste une veste. Mais c’est dans le caractère qu’on lui insuffle que tout se joue. L’idée d’un vêtement qui révèle autant qu’il habille traverse l’ensemble de la collection : les pièces ne cherchent pas à lisser les aspérités de celui ou celle qui les porte.
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Le défilé s’est tenu dans une grande boîte en bois nichée dans une cour, derrière l’Institut de France. L’espace, clair et charpenté, ressemblait davantage à un atelier de travail qu’à un écrin de prestige. Ce choix de lieu en dit long sur l’état d’esprit de la maison : CELINE sous la direction de Hedi Slimane ne cherche pas à impressionner par le décorum. La force de la collection se suffit à elle-même.

Les accessoires de la collection automne 2026 méritent une attention particulière. Derbies marqués, bobs structurés portés avec aplomb, plimsolls souples ou bottines à talon bas, souvent blancs, ce qui détonne pour une collection automne-hiver. Ce blanc inattendu fonctionne précisément parce qu’il perturbe les habitudes. Il signale que Rider ne se laisse pas enfermer dans les codes saisonniers habituels. Les écharpes en satin nouées très haut autour du cou, au point de masquer une partie du visage, apportent une touche de mystère sans verser dans le théâtral.
Avec cette collection automne 2026, Michael Rider réussit à proposer une garde-robe masculine qui a du sens au quotidien. On pourrait porter ces pièces dans la rue, un après-midi parisien, sans avoir l’impression de sortir d’un podium. C’est précisément là que réside la force du propos : rendre le luxe praticable, désirable et humain. Avec cette direction, CELINE redevient une maison où les hommes qui aiment s’habiller peuvent trouver des vêtements qui leur ressemblent vraiment.















