Coupe du monde 2026, Infantino assume la politique tarifaire et la billetterie aux États-Unis

À l’approche du plus grand Mondial jamais organisé, la tension monte autour d’une billetterie qui reflète autant un modèle économique qu’une fracture grandissante.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
6 Minutes de lecture
Le président de la FIFA, Gianni Infantino (à droite) et le Président des États-Unis, Donal Trump (à gauche) - © Photo : FIFA

La Coupe du monde 2026 approche à grands pas. Et avec elle, une polémique qui enfle depuis plusieurs mois : le prix des billets. Gianni Infantino ne recule pas. Bien au contraire. Le président de la FIFA a choisi d’assumer publiquement la politique tarifaire et la billetterie aux États-Unis, alors que la grogne ne faiblit pas.

C’était vendredi dernier à New York, lors du sommet économique annuel organisé par le média américain Semafor. Infantino était sur scène, en format questions-réponses, décontracté, presque serein. Comme s’il avait attendu ce moment pour remettre les pendules à l’heure. Devant une salle acquise aux affaires internationales, le patron du football mondial a livré sa défense sans ambages.

Une stratégie économique assumée par la FIFA

Son argument central repose sur une logique comptable. « Le principal, et jusqu’à présent le seul, événement générateur de revenus pour la FIFA, c’est la Coupe du monde. La Coupe du monde dure un mois tous les quatre ans, donc nous générons de l’argent en un mois. Les 47 mois suivants, jusqu’à la prochaine Coupe du monde, nous dépensons cet argent », a-t-il déclaré. Une formule que l’on pourrait juger un peu trop simpliste, mais qui a le mérite d’être claire.

Il a également rappelé que la FIFA est une organisation à but non lucratif comptant 211 nations membres. « Ce que beaucoup ignorent, c’est que la FIFA est une organisation à but non lucratif. Tous les revenus que nous générons sont investis dans l’organisation du football dans les 211 pays qui la composent », a-t-il affirmé. Selon lui, trois quarts de ces pays ne pourraient tout simplement pas maintenir une structure footballistique sans les subventions de l’instance mondiale.

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Des prix sur le marché secondaire qui atteignent des sommets

La réalité des prix sur le marché secondaire donne le vertige. Sur StubHub, le billet le moins cher pour le match d’ouverture entre les États-Unis et le Paraguay, prévu le 12 juin à Los Angeles, était encore affiché à 1 359 dollars vendredi. Les places en tribune basse du même stade atteignaient 14 000 dollars. Pour la finale, qui se tiendra au MetLife Stadium de la région de New York le 19 juillet, le tarif le plus bas en virage atteignait 8 860 dollars et les meilleures places dans les travées du bas frôlaient les 25 000 dollars.

Des chiffres vertigineux qui ont rapidement suscité des réactions. Des associations de supporters ont dénoncé des tarifs « astronomiques » et le mot « honteux » a fleuri sur les réseaux sociaux. La critique est d’autant plus virulente que la hausse atteint, pour certaines catégories, plus de 80 % par rapport aux prix initiaux. Ouest-France a même relevé que la place la plus chère pour la finale atteignait 171 700 euros sur certaines plateformes, soit une hausse de 650 % par rapport au billet le plus onéreux du Super Bowl.

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La FIFA tente de calmer le jeu

Face à la pression, la FIFA a fait machine arrière. En décembre 2025, l’instance a annoncé la création d’une catégorie « Supporter Entry » à 60 dollars, applicable aux 104 matchs du tournoi, finale comprise. Cette initiative a été saluée dans un premier temps, mais elle est jugée largement insuffisante, car le nombre de places disponibles dans cette catégorie reste limité par stade.

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Infantino a quant à lui qualifié l’Amérique du Nord de « marché très particulier ». Il a même confié qu’il résidait aux États-Unis depuis deux ou trois ans pour mieux « comprendre » ce marché. Une proximité revendiquée, presque affichée avec fierté. Le message est clair : la FIFA ne compte pas changer de stratégie commerciale.

Un Mondial élargi qui amplifie la demande mondiale

Ce contexte tendu n’efface pas la dimension exceptionnelle de l’événement. Pour la première fois de l’histoire, 48 équipes participent à une Coupe du monde, réparties en 12 groupes de quatre nations. Cent quatre matchs sont au programme, qui se dérouleront aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Un format inédit qui justifie, aux yeux de la FIFA, une demande sans précédent et, par ricochet, des prix hors normes.

La Coupe du monde 2026 sera la plus grande jamais organisée. Mais pour des millions de supporters à travers le monde, elle risque aussi de rester celle qu’ils n’auront pas pu se payer. Si Infantino répète que la FIFA redistribue ses revenus au service du football mondial, la question de l’accessibilité des billets reste entière. Et elle ne disparaîtra pas d’ici le coup d’envoi.

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