La liste de Didier Deschamps pour la Coupe du monde 2026 attendue comme jamais par les Bleus

Dans le secret des préparatifs à Clairefontaine, le sélectionneur national assemble les pièces d'un puzzle complexe pour briller sur le sol américain dès le mois de juin prochain.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
9 Minutes de lecture
Didier Deschamps, lors du match de football de l'EURO 2024 opposant l'Autriche à la France à la Mercur Spiel Arena, Düsseldorf, Allemagne (1er janvier 2023) - © Photo : vitaliivitleo (Depositphotos)

Le compte à rebours est lancé. À cinquante-cinq jours du coup d’envoi de la Coupe du monde aux États-Unis, le 11 juin prochain, Didier Deschamps n’a pas encore dévoilé sa liste, mais tout le monde, ou presque, sait qu’il le fera le 13 mai sur TF1. La Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Mexique et au Canada, approche à grands pas. Et l’attente de la sélection des Bleus n’a peut-être jamais été aussi forte depuis 2018.

La France est qualifiée. Elle a fait le travail impeccablement en écrasant l’Ukraine 4-0 au Parc des Princes le 13 novembre dernier. Deschamps le sait, son groupe existe déjà dans sa tête. Il ne lui reste plus qu’à l’officialiser. Et dans l’intervalle, le débat fait rage.

Un calendrier fixé et une attente maximale

Didier Deschamps ne laisse rien au hasard. Lors de la conférence de presse annonçant la liste de mars pour les matchs amicaux face au Brésil et à la Colombie aux États-Unis, le sélectionneur a fixé la date : le 13 mai à 20 h sur TF1. Pas de suspense donc sur l’agenda. Mais en ce qui concerne les noms, c’est une autre affaire.

Le patron des Bleus a également laissé entendre qu’il restait ouvert quant au nombre de joueurs convoqués. « L’objectif, c’est d’avoir trois options à chaque poste. Si j’estime, avec mon staff, qu’on peut y arriver avec 23, 24, 25 ou 26 joueurs, je reste ouvert et dans la réflexion. Je n’ai pas tous les éléments », a-t-il déclaré. Concrètement, la liste finale pourrait donc compter entre 23 et 26 noms, la FIFA autorisant jusqu’à 26 joueurs pour ce Mondial. Chaque détail compte, chaque blessure modifie l’équation.

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Une base déjà dessinée après le rassemblement de mars

La liste dévoilée en mars dernier ressemble fort à une répétition générale. Deschamps avait alors convoqué 26 joueurs pour les matchs amicaux contre le Brésil et la Colombie, avec une ossature bien identifiée. En défense : William Saliba, Ibrahima Konaté, Dayot Upamecano, les deux Hernandez et Malo Gusto. Au milieu : Eduardo Camavinga, Aurélien Tchouaméni, Warren Zaïre-Emery, N’Golo Kanté, Adrien Rabiot et Manu Koné. En attaque : Kylian Mbappé, bien sûr, accompagné d’Ousmane Dembélé, Marcus Thuram, Michael Olise, Désiré Doué, Randal Kolo Muani, Hugo Ekitike, Maghnes Akliouche et Rayan Cherki.

Une liste élargie, avec de la densité à tous les postes. Et une hiérarchie qui se précise de semaine en semaine.

Le cas de Lucas Chevalier mérite qu’on s’y attarde. Le gardien du PSG, souvent présenté comme l’avenir du poste, s’est imposé lors du dernier rassemblement face à l’équipe de Mike Maignan (AC Milan). Ce dernier reste le titulaire assumé. Mais la progression de Chevalier ne laisse personne indifférent.

Une dynamique de joueurs en forme qui redistribue les cartes

À moins de deux mois du premier match, plusieurs Bleus traversent une période remarquable avec leur club. Rayan Cherki, transféré à Manchester City, s’est rapidement adapté à la Premier League et affiche une régularité qui plaide en sa faveur. Pierre Kalulu, qui joue à la Juventus, a lui aussi réalisé une saison solide et sa convocation en mars n’a pas surpris ceux qui suivent la Serie A.

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Hugo Ekitike, à Liverpool, continue de progresser. Sa présence dans la liste de mars a conforté sa légitimité. À 22 ans, il fait partie de cette génération qui n’a peur de rien, et Deschamps le suit de très près.

Akliouche, à Monaco, a lui aussi confirmé ses qualités lors des matchs amicaux. Petit à petit, le Monégasque s’installe dans le paysage. Son profil d’ailier technique capable de jouer dans l’axe offre une vraie option à Deschamps.

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Des blessures qui pèsent sur les équilibres défensifs et offensifs

C’est là que le bât blesse. Plusieurs titulaires potentiels ont connu des problèmes physiques ces dernières semaines, et les doutes persistent à J-56.

Jules Koundé, défenseur du FC Barcelone, s’est blessé au mollet droit dès la 12e minute d’une demi-finale de la Coupe du Roi face à l’Atlético de Madrid, le 3 mars. À l’époque, il restait encore cent jours avant le Mondial. La question de sa disponibilité pour le mois de mai reste posée. Bradley Barcola (PSG), Ferland Mendy (Real Madrid) et Boubacar Kamara (Aston Villa) figuraient également parmi les blessés lors du rassemblement de mars.

C’est particulièrement dommage pour Barcola. Il avait en effet affiché une forme étincelante avec le PSG cette saison, enchaînant buts et passes décisives en Ligue des champions. Son retour à temps pour la Coupe du monde est scruté avec attention par le staff de l’équipe de France.

Des profils écartés qui semblent définitivement hors du projet

Certains cas sont moins ambigus. Kingsley Coman, 29 ans et 61 sélections au compteur, semble définitivement hors course. Son transfert dans le Golfe n’a pas joué en sa faveur et son nom n’a plus été évoqué par Deschamps. Christopher Nkunku, lui, n’a pas convaincu malgré plusieurs rappels, plombé par une succession de blessures qui l’ont privé de continuité. Florian Thauvin, absent de la liste de mars, a réagi avec dignité : « Il y a forcément de la déception », a-t-il confié, mais son retour semble improbable.

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Benjamin Pavard n’avait pas non plus été convoqué en novembre dernier. L’Inter Milan lui offre un temps de jeu régulier, mais Deschamps a tourné la page sur certains profils. Sans message d’espoir public, les portes se ferment silencieusement.

Un leadership offensif structuré autour de Mbappé

Il n’y a pas grand-chose à débattre concernant la présence de Kylian Mbappé. Le capitaine des Bleus, toujours au Real Madrid, reste le joueur autour duquel tout le dispositif offensif est organisé. Dembélé, Thuram et Olise forment un quatuor redoutable sur le papier. La vraie question n’est pas de savoir s’il sera présent — évidemment qu’il le sera —, mais dans quel état de forme il arrivera à la Coupe du monde après une saison chargée.

Autour de lui, Tchouaméni et Camavinga, qui évoluent tous deux au Real Madrid, forment un duo de milieux de terrain à la fois défensif et dynamique. Avec Kanté en soutien, la France dispose d’un milieu de terrain expérimenté et équilibré. Pas de lacune criante. Beaucoup d’options. C’est le luxe dont dispose Deschamps depuis des années.

Une décision finale sous contrainte à l’approche du Mondial

Il reste moins d’un mois avant l’annonce officielle. Les clubs rendront leur verdict sur les blessés dans les prochaines semaines. Koundé sera-t-il disponible ? Barcola arrivera-t-il à temps ? Deschamps pourra-t-il garder 26 joueurs ou devra-t-il descendre à 23 ? Les réponses tomberont le 13 mai au soir sur TF1.

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D’ici là, le sélectionneur continue d’observer, d’analyser et de peser le pour et le contre. C’est son métier depuis 2012. Il ne se laisse jamais déborder par le bruit extérieur, même intense. Et le bruit, en ce moment, est très intense.

Le 11 juin, la France entrera sur la pelouse américaine avec une ambition claire : décrocher la deuxième étoile. La liste dévoilée le 13 mai permettra de savoir si les moyens sont à la hauteur.

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