À la Milan Design Week 2026, Nike s’installe au cœur de Dropcity, le nouveau centre milanais dédié à l’architecture et au design, pour présenter une avant-première du NikeAir_Lab, une expérience mêlant archives, prototypes inédits et machines de pointe. Ce n’est pas une opération marketing ordinaire. C’est une proposition concrète : faire de l’air un matériau de conception à part entière.

Nike fait de l’air un matériau central du design contemporain
Depuis quarante ans, Nike travaille la technologie Air comme un ingénieur travaille l’acier ou le verre. Mais cette fois, la marque pousse l’exercice encore plus loin. À l’occasion de la Milan Design Week 2026, Nike Air_Lab présente dans les tunnels de Dropcity, via Sammartini 72, près d’une centaine de prototypes jamais montrés au public. Échantillons, swatches, pièces de travail : on peut observer de près le développement de l’Air Liquid Max, du FlyWeb, du Radical AirFlow et de la Therma-FIT Air Milano, autant d’innovations qui n’avaient jamais quitté les ateliers internes de Nike.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la densité du propos. Ce n’est pas une vitrine de produits finis, mais un laboratoire en activité, avec tout ce que cela implique de tâtonnements, d’essais avortés et de pistes abandonnées. Golnaz Armin, vice-présidente du Design Studio Excellence chez Nike, résume cet état d’esprit sans détour : « Nike a toujours eu une culture expérimentale et pratique de la fabrication. Lors de notre première visite à Dropcity, il y a un an, nous avons immédiatement ressenti quelque chose de familier et de stimulant. Le prototypage est une pratique quotidienne, un instinct qui pousse à créer, tester et affiner en temps réel, où les idées sont destinées à être portées, vécues et remises en question par l’action. Même si nous adoptons les dernières technologies numériques, l’artisanat de la création de produits physiques par un processus itératif reste essentiel. »

Huit stations explorent les propriétés physiques de l’air en conditions réelles
L’exposition se déploie sur cinq tunnels. Le premier accueille le Nike Air Lab proprement dit, avec huit stations thématiques dotées de machines de pointe : bras robotiques, thermoformeuses, kits de cylindres pneumatiques. Chacune aborde l’air sous un angle différent : visualiser l’air comme évidence, le former comme volume, le déformer comme transformation, le pomper comme expansion, l’aspirer comme vide, le calibrer comme impulsion, le refroidir comme soustraction et le projeter comme force. Ce découpage conceptuel, qui pourrait paraître austère, se révèle en pratique assez saisissant. Les visiteurs inscrits ont accès aux machines, accompagnés d’une équipe de designers Nike et de l’équipe résidente de Dropcity, qui animent des ateliers tout au long de la semaine.
Martin Lotti, directeur artistique de Nike, a tenu à préciser la nature de l’engagement : « Ce n’est pas un cirque qui arrive en ville puis repart, comme c’est souvent le cas pendant la Design Week. Nous avons sélectionné toutes les machines avec soin et elles resteront à Dropcity pour être utilisées par des étudiants et des professionnels à l’avenir. C’est quelque chose qui laisse une contribution durable. »
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Archives Nike Air et figures culturelles éclairent quarante ans d’innovation
Le cinquième tunnel, baptisé « Air Library », rassemble les points de vue d’athlètes Nike et de personnalités telles qu’Arianna Fontana, championne olympique de patinage de vitesse, et Hiroshi Fujiwara, figure incontournable de la culture streetwear japonaise. À côté, les « Air Archives » présentent des documents rares : les premières expériences de l’inventeur Frank Rudy, les premières explorations pour le supershoe Alphafly NEXT%, la combinaison de vitesse Breaking4 de l’athlète Faith Kipyegon, ainsi que des pièces prêtées par des collectionneurs privés. C’est la première fois que ces objets sont accessibles au grand public.
Cette dimension patrimoniale est précieuse. Elle rappelle que derrière la Nike Air d’aujourd’hui se cache une histoire d’ingénierie de plusieurs décennies, faite d’allers-retours entre la recherche en laboratoire et la performance sportive.

Dropcity s’impose comme un hub durable du design et de la production
Dropcity n’est pas une galerie de passage. Ce projet, initié en 2018 par l’architecte Andrea Caputo, est installé dans les tunnels partiellement désaffectés qui soutiennent les voies de la gare centrale de Milan. Ce lieu de plus de 10 000 mètres carrés propose déjà plus de trois cents postes de travail à des tarifs subventionnés pour les architectes, les designers produit, les graphistes et les autres créatifs. Son ambition est claire : devenir l’un des plus grands centres d’architecture d’Europe, dans le cadre d’un accord de vingt ans avec la municipalité de Milan.
Andrea Caputo considère Dropcity comme une infrastructure civique : « L’initiative Air Lab fait avancer une vision ambitieuse et unique, qui propose que le design et la production puissent laisser un héritage tangible pour la ville de Milan et pour la communauté des designers et architectes qui y est liée. Le laboratoire sera exploité par Dropcity comme un équipement public accessible à tous. Cette initiative représente un engagement concret et tourné vers l’avenir qui établit un nouveau modèle de collaboration entre les entreprises et les centres de recherche comme Dropcity, en générant un impact social significatif aux niveaux local et international. »
Le contexte est important. Milan est depuis longtemps une capitale mondiale du design. Cependant, la ville manquait d’un lieu permanent, accessible et non commercial, capable d’accueillir à la fois la production, la recherche et la transmission. Dropcity ambitionne de combler ce manque en articulant des espaces dédiés à la robotique, à la modélisation, à l’impression 3D, aux textiles, à la céramique, à la menuiserie, à la mosaïque et au recyclage.

Une installation pensée pour rester après la Design Week
César García, vice-président et directeur général de Nike EMEA, a replacé cette initiative dans une perspective plus large : « Milan est un pôle mondial de créativité, de culture et de design, et Nike Air_Lab reflète notre investissement continu dans la ville et dans la communauté créative qui l’anime. Grâce à des partenariats comme celui avec Dropcity, nous créons à Milan des espaces où l’innovation, le design et le sport se rejoignent, et où les idées peuvent passer de l’imagination à la réalité. »
Après la Milan Design Week, l’équipement sera redistribué dans les différents espaces de Dropcity. L’Air Lab deviendra une installation permanente lors de l’ouverture officielle au public, prévue pour l’automne 2026. Ce passage du temporaire au pérenne distingue cette opération de beaucoup d’autres installations éphémères qui fleurissent chaque année à Milan en avril. Nike et Dropcity proposent non pas une parenthèse, mais un ancrage.
L’Air Lab est visible du 20 au 26 avril 2026 au 72, via Sammartini, à Milan.







