Le compte à rebours est presque terminé. Du 23 au 28 mai, les participantes du Rallye des Princesses Richard Mille 2026 s’élanceront de la place Vendôme à Paris pour rallier, au terme de cinq jours de compétition à travers la France, la mythique place des Lices à Saint-Tropez. Une édition anniversaire. La 25e. Et pas une de ces célébrations qui se contentent de souffler les bougies sans rien montrer. Ce millésime arrive chargé, avec une liste d’engagées qui, à elle seule, justifie qu’on s’y attarde sérieusement.
Près d’une centaine d’équipages prendront le départ de ce rallye de régularité entièrement féminin, à bord de voitures de collection produites entre les années 1940 et la fin des années 1980. Ce n’est pas une course de vitesse pure. C’est une épreuve de précision, de maîtrise et de complicité entre les deux femmes de chaque équipage et leur voiture. Et sur ce registre-là, les candidates de l’édition 2026 ont de quoi impressionner.

Les voitures les plus désirables des années 1950 à 1970
Imaginez un peu le spectacle de voir surgir une Ferrari 750 Monza de 1955 sur les routes secondaires du Vercors ou de la garrigue nîmoise. Ça vous arrête net. La 750 Monza, pure bête de course, a été conçue à l’époque pour dominer les grands meetings d’endurance. Son moteur quatre cylindres de 3 litres, coiffé d’une carrosserie barquette signée Scaglietti, lui confère une présence unique. Elle tire son nom d’une victoire sur le circuit de Monza, où la légende Ferrari s’est construite tour après tour.
À ses côtés, sur la ligne de départ, se trouve la Dino 246 GTS de 1972. Moins connue du grand public que les Ferrari estampillées « cheval cabré », la Dino représente pourtant un jalon important dans l’histoire de Maranello : c’est la première berlinette à moteur arrière construite par Ferrari et accessible à l’achat pour un particulier. Compacte, nerveuse et désirable, elle concentre tout ce que les ingénieurs italiens savaient faire à cette époque.
L’Europe automobile expose ses plus grandes signatures
Le plateau du Rallye des Princesses Richard Mille 2026 ne se limite pas à l’Italie. L’Allemagne envoie la Mercedes-Benz 300 SL Roadster de 1959, célèbre dans le monde entier pour ses portes papillon et son moteur à injection directe, une première pour une voiture de grande série à l’époque. Ce roadster, qui était au sommet de l’innovation et du luxe sportif dans les années 1950, est l’un de ces objets automobiles qui transcendent leur propre époque. On ne se lasse pas de l’admirer.
L’Angleterre présente quant à elle une Jaguar E-Type Coupé 3.8 de 1963. Enzo Ferrari en personne l’avait qualifiée de « la plus belle voiture du monde ». Avec son long capot, sa silhouette tendue et ses performances qui avaient stupéfait les contemporains, la E-Type a changé la perception de ce que pouvait être une voiture de sport accessible. La version 3,8 litres des premières séries offre une expérience de conduite parfaitement adaptée à un rallye comme celui-ci.
Mais la voiture qui va faire le plus d’effet au départ, celle qui va faire tourner toutes les têtes sur les routes entre Paris et Saint-Tropez, c’est sans doute l’AC Cobra 289 Mk II de 1964. L’histoire de cette voiture est à la hauteur de sa réputation. Carroll Shelby, pilote américain aux mains d’or et vainqueur notamment des 24 Heures du Mans, avait eu l’idée d’un mariage improbable : le châssis léger de la britannique AC Ace et le moteur V8 Ford américain. Le résultat ? Une machine à sensations totales, au rugissement caractéristique et au tempérament sauvage, qui continue de faire l’effet d’une gifle sonore à quiconque la croise. Selon les archives, Shelby avait assemblé le premier exemplaire en moins de huit heures. Et il lui a fallu encore moins de temps pour comprendre qu’il venait de créer quelque chose d’irrévocable.
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Alfa Romeo et Porsche imposent leur héritage sur le rallye
L’Alfa Romeo occupe une place à part dans cette édition. Deux modèles portent les couleurs de la marque milanaise. L’Alfa Romeo 2000 Spider Touring de 1959, première d’une longue lignée de spiders sportifs, incarne la dolce vita automobile, avec une mécanique souple et un dessin d’une élégance rare. Quant à l’Alfa Romeo Giulia 2000 GTV de 1973, avec son moteur de 2 000 cm³ et sa carrosserie signée Bertone, elle reste l’un des coupés italiens les plus respectés des années 1970. Discrète, efficace, attachante. Deux qualités qu’il ne faut jamais sous-estimer chez une voiture de rallye.
Quant à la Porsche 356 Speedster de 1955, elle s’impose comme l’un des symboles de l’histoire de l’automobile mondiale. Pensée pour le marché américain, cette version allégée et épurée de la première Porsche de série a rapidement dépassé son statut de simple produit commercial pour devenir une icône. Sa silhouette minimaliste et son tempérament sportif sont reconnaissables entre tous. Sur les routes du rallye, elle sera exactement à sa place.

Un itinéraire pensé pour les grandes mécaniques classiques
Le tracé de cette 25e édition est également une invitation à redécouvrir la France à travers ses plus belles routes secondaires. Environ 1 800 kilomètres séparent la place Vendôme de la place des Lices. Entre les deux, les équipages traverseront Troyes et sa perle médiévale champenoise, Vichy et ses thermes de la Belle Époque, Aix-les-Bains au bord du lac du Bourget, Nîmes et ses vestiges romains, puis plongeront vers la Provence et la garrigue. Chaque étape est une carte postale. Chaque route est un terrain de jeu pour des voitures qui méritent d’être conduites, admirées et entendues.
Le public ne sera pas tenu à distance. Tout au long du parcours, les voitures seront exposées gratuitement dans des parcs fermés installés au cœur des villes étapes. Les lieux sont les suivants : la place Vendôme le 23 mai de 9 h 30 à 18 h, le marché des Halles de Troyes le 24 mai, la galerie du Fer à Cheval de Vichy le 25, l’esplanade du lac d’Aix-les-Bains le 26, l’esplanade Charles de Gaulle à Nîmes le 27, et enfin la place des Lices à Saint-Tropez le 28 mai de 16 h à 19 h 15. Ce sont des moments rares où l’on peut approcher ces machines de très près, parler aux équipages et toucher presque du doigt une partie de l’histoire de l’automobile que les musées ne restituent qu’à moitié.
Vingt-cinq années d’un rallye devenu référence
Le Rallye des Princesses Richard Mille a été fondé il y a maintenant un quart de siècle, avec un objectif clair : offrir aux passionnées d’automobile de collection une compétition à leur image. Pas une course de vitesse débridée, mais une épreuve de régularité où la technique, la concentration et la connaissance de sa voiture font toute la différence. La marque horlogère Richard Mille, partenaire titre, partage avec l’épreuve cette culture du détail, de la performance contenue et de l’excellence artisanale.
En vingt-cinq ans, le rallye a traversé des dizaines de paysages, plusieurs générations de participantes et une liste de voitures qui constitue à elle seule un cours accéléré d’histoire de l’automobile. L’édition 2026 ne fait pas exception. Elle est même, sur le papier, l’une des plus séduisantes que l’épreuve ait connues. Les voitures au départ couvrent trente ans d’ingéniosité européenne et américaine, des années 1950 aux années 1970, avec des modèles dont certains n’ont jamais cessé de faire parler d’eux.
Si vous avez l’occasion de vous poster sur le bord d’une route de France dans les prochains jours, ne la manquez pas. Le convoi du Rallye des Princesses Richard Mille 2026 vaut le détour. Une Cobra qui rugit en sortie de virage, une E-Type qui glisse sur les routes de la Drôme, une 300 SL qui reflète le soleil de la Côte d’Azur : voilà des images qui ne ressemblent à rien d’autre. Et pour une fois, on peut dire sans exagérer que la réalité dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer.



