| OMEGA lance le 5 octobre 2026 six Seamaster Diver 300M consacrées à James Bond et Spectre. Les deux versions en acier coûtent 8 500 euros chacune et rejoignent la collection permanente. Deux coffrets limités à 77 exemplaires complètent la gamme, chacun réunissant une montre en acier et une version en platine-or pour 88 500 euros. |
Trente ans de loyauté. Puis un pas de côté.
Le 5 octobre 2026, depuis Bienne, OMEGA a dévoilé une collection Seamaster Diver 300M d’un genre inédit. Six montres de plongée, dont trois marquées du sceau de James Bond et trois frappées de l’emblème de SPECTRE, l’organisation criminelle qui le traque depuis les années 1960. La collection compte deux modèles en acier vendus à l’unité, à 8 500 euros, et deux coffrets réservés aux collectionneurs. Même boîtier, même calibre, deux camps. La Seamaster Diver 300M James Bond d’OMEGA trouve donc enfin son double maléfique, et la marque pose à ses clients une question qu’elle ne s’était jamais permise : de quel côté êtes-vous ?
Pour qui suit cette plongeuse depuis sa sortie en 1993, ce geste a de quoi surprendre. La maison du Swatch Group a toujours soigné le héros. Jamais le méchant.

Depuis GoldenEye, la Seamaster accompagne James Bond depuis trente ans
Retour en 1995. Pour GoldenEye, la costumière Lindy Hemming cherche une montre crédible pour un ancien commandant de la Royal Navy. Son choix se porte sur une Seamaster Professional 300M à cadran bleu, sortie deux ans plus tôt. Pierce Brosnan l’adopte. La suite appartient à la culture populaire : OMEGA n’a plus quitté le poignet de l’agent secret, film après film, de Brosnan à Daniel Craig.
Ce partenariat figure volontiers dans la presse horlogère parmi les coups marketing les plus réussis des années 1990. Il a permis d’installer la Seamaster comme l’une des montres de plongée les plus reconnaissables du marché, au même titre que la Rolex Submariner.
Spectre, la marque l’avait déjà effleuré. La sortie en 2015 du film 007 Spectre de Sam Mendes portant ce nom avait donné lieu à une Seamaster 300 « Spectre » en série limitée à 7 007 exemplaires. Mais l’organisation n’y apparaissait qu’à travers le titre du film. Cette fois, OMEGA lui accorde une identité propre, avec son logo, ses codes et sa couleur.
| 📌 Repères clés |
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| ⌚ OMEGA décline la nouvelle Seamaster Diver 300M James Bond & Spectre en six montres partageant un boîtier de 42 mm et le calibre 8806. 🔵 La Seamaster Diver 300M James Bond réf. 210.30.42.20.03.004 associe un cadran bleu à vagues et une lunette en titane grade 5. 🐙 La Seamaster Diver 300M Spectre réf. 210.30.42.20.01.023 adopte un cadran noir grainé sans vagues et une lunette en céramique noire. 💶 Les deux éditions en acier sont proposées à 8 500 euros et ne sont pas limitées. 💎 Les coffrets James Bond et Spectre coûtent 88 500 euros chacun et sont limités à 77 exemplaires. |

Spectre obtient pour la première fois sa propre Seamaster
Petit rappel pour les moins assidus. Spectre, pour Special Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion, est l’organisation imaginée par Ian Fleming et dirigée à l’écran par Ernst Stavro Blofeld. Son symbole ? Une pieuvre aux tentacules déployés. Ce n’est pas franchement le genre d’emblème qu’on s’attend à voir gravé sur une montre de luxe vendue en boutique.
C’est pourtant tout le pari de la collection. OMEGA parle de « dualité » : le devoir et la discipline pour Bond, l’indépendance et l’intérêt personnel pour Spectre. Deux tempéraments que la marque refuse d’opposer frontalement.
Raynald Aeschlimann, président et PDG d’OMEGA, rappelle que c’est la première fois en plus de trente ans que la marque réunit l’espion et Spectre dans une même collection. Ses clients, dit-il, peuvent « désormais incarner les deux ».
Le discours est bien huilé. Il a surtout un intérêt commercial évident : doubler l’offre sans changer de plateforme technique. Vous n’aimez pas le bleu ? Prenez le noir. Et choisissez votre camp au passage.

Bond choisit le bleu, Spectre abandonne les vagues pour le noir
Les deux versions en acier, vendues à l’unité, partagent une base commune : un boîtier de 42 mm poli et satiné, une étanchéité à 300 mètres, une glace saphir bombée et un bracelet milanais en maille satinée. Les différences tiennent aux détails. Et ils sont nombreux.
La James Bond (réf. 210.30.42.20.03.004) reprend les codes connus. On y retrouve un cadran en aluminium bleu orné des fameuses vagues gravées au laser, une lunette tournante unidirectionnelle en titane de grade 5 et une échelle de plongée en relief. À midi, un index en forme d’armoiries rappelle les origines familiales du personnage. Rien de révolutionnaire. Du solide, du lisible, du familier.
La Spectre (réf. 210.30.42.20.01.023) prend le contre-pied. Lunette en céramique noire. Cadran noirci et grainé, sans la moindre vague. L’effet est plus austère, plus discret aussi. On la devine faite pour ceux qui préfèrent ne pas afficher leurs références cinématographiques au premier coup d’œil.
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Un détail plaira aux amateurs de nuit. La luminescence Super-LumiNova se décline en deux teintes : une émission bleue pour les aiguilles des heures et des secondes, alignées sur les index, et une émission verte pour l’aiguille des minutes, assortie au point lumineux de la lunette. Utile sous l’eau, où la lecture du temps de plongée prime sur le reste.
Le vrai signe distinctif se cache au dos. Sous un fond saphir, la masse oscillante porte l’emblème du camp choisi : le célèbre motif du canon de revolver rhodié pour Bond, ou le logo Spectre noirci pour l’organisation. Même l’écrin change de couleur : bleu ou noir.
Le prix de ces deux montres en acier est fixé à 8 500 euros. Une Diver 300M acier de la collection courante s’affiche autour de 6 500 euros : l’univers 007 se paie donc environ 2 000 euros de plus. Ces deux versions ne sont pas des éditions limitées et rejoignent la collection permanente.

Le calibre 8806 offre 55 heures de réserve de marche
Pas de surprise mécanique. Les six montres embarquent le calibre automatique Co-Axial Master Chronometer 8806, un mouvement sans date qui libère le cadran de toute fenêtre parasite. Son échappement Co-Axial, propre à OMEGA, réduit les frottements internes et permet d’espacer les révisions. Sa réserve de marche atteint 55 heures, soit plus de deux jours au repos.
La certification Master Chronometer, délivrée par l’Institut fédéral suisse de métrologie (METAS), garantit une précision de 0 à +5 secondes par jour et une résistance aux champs magnétiques de 15 000 gauss. Un argument concret à l’heure où les téléphones, les enceintes et les ordinateurs portables multiplient les sources de magnétisme au quotidien.
Le fond est verrouillé par le système Naiad Lock qui permet de garder les gravures parfaitement orientées une fois vissé. On y lit « NAIAD LOCK », « DIVER 300M », « 300m / 1000ft » et, sur la version concernée, le mot « SPECTRE ».

Avec 14,23 mm d’épaisseur, la Diver 300M reste imposante
Tout n’est pas parfait. La fiche technique affiche 14,23 mm d’épaisseur, 50 mm d’une corne à l’autre et un poids d’environ 157 grammes sur bracelet. Des cotes généreuses pour un poignet fin.
Plusieurs observateurs l’ont relevé dès la présentation. Sur le site spécialisé SJX, le journaliste Brandon Moore estime que la collection innove peu et souligne une carrure plus épaisse que celle de l’édition No Time to Die sortie en 2020 (13,15 mm d’épaisseur contre 14,23 mm ici). Il reconnaît toutefois un avantage aux nouvelles venues : leur prix, inférieur à celui de cette précédente référence, aujourd’hui affichée à 11 000 euros sur bracelet en titane.
Faut-il s’en offusquer ? Pas forcément. La Seamaster Diver 300M n’a jamais prétendu miser sur la finesse. Elle reste une montre de plongée conçue pour être robuste. Mieux vaut simplement l’essayer avant de signer.

Les coffrets Bond et Spectre sont limités à 77 exemplaires
Pour les collectionneurs aux moyens plus confortables, OMEGA propose deux coffrets en édition limitée. Un pour Bond, un pour Spectre. Les deux sont numérotés et produits à 77 exemplaires, clin d’œil transparent au double 7 du matricule de l’agent.
Leur contenu justifie en partie le prix. Chaque coffret réunit deux montres qui ne sont pas vendues séparément. La première, en acier, reprend la version de série avec une plaque numérotée à 9 heures. La seconde change de catégorie. Le boîtier est en platine-or, un alliage dans lequel le platine domine largement, la lunette est en céramique polie avec une échelle de plongée en platine et le cadran en or blanc 18 carats est orné d’un dégradé PVD, un traitement de surface par dépôt de vapeur métallique. Bleu avec motif canon de revolver pour Bond (réf. 210.83.42.20.03.001). Gris foncé orné d’une pieuvre pour Spectre (réf. 210.83.42.20.01.001). L’emblème du rotor est en or Moonshine 18 carats, l’alliage maison d’OMEGA. Sur la balance, la montre dépasse les 200 grammes. Du lourd, au sens propre.

Viennent ensuite les accessoires : un bracelet NATO supplémentaire, l’outil nécessaire pour le changer, des boutons de manchette, un bracelet en corde, une loupe, un étui de voyage, un porte-cartes en cuir et un certificat d’authenticité. Côté Bond, les passants du bracelet sont gravés « 007 » et l’étui est bleu. Côté Spectre, les passants portent l’emblème de l’organisation, assorti aux boutons de manchette et au bracelet en corde, tandis que l’étui est noir.
Le prix ? 88 500 euros pour le coffret. Retranchez les 8 500 euros de la version acier et la montre en or, accessoires compris, revient à 80 000 euros.
Le choix interroge. Ces objets enrichissent-ils vraiment la valeur horlogère de l’ensemble ? SJX se pose ouvertement la question. L’acheteur, lui, paie avant tout un statut de collectionneur et une pièce en platine et or qu’il ne retrouvera nulle part ailleurs.

OMEGA lance la collection avant le prochain James Bond au cinéma
Reste le contexte, et il pèse lourd. Depuis Mourir peut attendre, sorti en 2021, la saga traverse une longue période de transition. Amazon MGM a repris la main sur la franchise. Denis Villeneuve, le réalisateur de Dune, a été confirmé pour la mise en scène du prochain film, produit par David Heyman et Amy Pascal, avec un scénario de Steven Knight. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun acteur n’a encore été officiellement annoncé pour succéder à Daniel Craig, et le tournage n’est pas attendu avant 2027.
OMEGA avance donc sans film à promouvoir. Sans nouveau visage à placer sur ses affiches. La collection s’appuie sur trois décennies de collaboration et sur un univers que le public connaît par cœur. Une question reste d’ailleurs sans réponse officielle : le partenariat survivra-t-il au passage de la franchise chez Amazon MGM ?

Malin. Ou prudent.
En choisissant Spectre plutôt qu’un futur Bond encore inconnu, la marque s’offre un sujet qui ne dépend d’aucun casting. Le méchant, lui, n’a besoin d’aucun acteur pour exister. Les deux versions en acier sont disponibles depuis le 5 octobre dans les boutiques OMEGA et sur le site de la marque. À vous de choisir votre camp en connaissant le prix de la trahison.



