| La Bell & Ross BR-05 Chrono Snow Rocket (réf. BR05C-KL-ST) est un chronographe automatique limité à 250 exemplaires. Elle est dédiée à Simon Billy, recordman du monde de ski de vitesse à 255,50 km/h depuis le 22 mars 2023 à Vars. Son boîtier acier mesure 42 mm et son calibre BR-CAL.326 offre 60 heures de réserve de marche. |
Vars, dans les Hautes-Alpes. Il s’agit d’une piste blanche qui descend presque à la verticale, avec une pente de 98 % tout en haut. C’est là que Simon Billy a atteint 255,50 km/h le 22 mars 2023. Aucun skieur n’est jamais allé plus vite. Trois ans plus tard, Bell & Ross lui consacre une montre. La Bell & Ross BR-05 Chrono Snow Rocket est un chronographe limité à 250 exemplaires. La marque ne s’est pas contentée de graver un nom sur un modèle existant. Elle a essayé de reproduire sur un cadran ce que vit un homme lancé à plus de 70 mètres par seconde.
Le projet est donc cohérent. Reste à voir ce qu’il vaut au poignet.

| 📌 Repères clés |
|---|
| ⛷️ Simon Billy détient le record du monde de ski de vitesse avec 255,50 km/h, établi le 22 mars 2023 à Vars. ⌚ La BR-05 Chrono Snow Rocket est un chronographe automatique de 42 mm limité à 250 exemplaires. 🔴 Le cadran blanc mat et le bracelet caoutchouc reprennent le rouge de la combinaison de course du champion. ⚙️ Le calibre BR-CAL.326, dérivé du Sellita SW510, offre 60 heures de réserve de marche. 💶 Bell & Ross n’a pas communiqué le prix, une BR-05 Chrono acier de la collection permanente servant de point de repère. |
Simon Billy, du record mondial à Bell & Ross
Sur le papier, la rencontre n’a rien d’arrangé. Selon Bell & Ross, Simon Billy portait déjà leurs montres bien avant de battre le record. Né à Montpellier en 1991, il vit aujourd’hui à Vars, au pied de la piste de Chabrières. Son père, Philippe Billy, avait lui-même détenu le record du monde avec 243,902 km/h en 1997 sur cette même piste. C’est lui qui l’a entraîné dès son plus jeune âge, avec un seul objectif en tête : battre le record du monde.
Il a fallu des années. Le chrono est enfin tombé lors des championnats du monde de 2023, organisés à Vars. Le record appartenait jusque-là à la famille italienne Origone, qui a longtemps dominé cette discipline. « J’ai fait le run de ma vie », a déclaré le Français juste après sa course, cité par Eurosport. Depuis 2022, il a enchaîné cinq titres de champion du monde consécutifs, le dernier en mars 2026, assorti du globe de cristal de la Coupe du monde.
Pour une marque qui se présente comme le fournisseur des « professionnels de l’extrême », le choix était évident.

À 255,50 km/h, chaque fraction de seconde compte
Le principe tient en une phrase. Descendre une pente très raide le plus vite possible. La réalité est beaucoup moins simple. Les skis sont plus longs que la normale. La combinaison et le casque sont conçus pour réduire au maximum la résistance de l’air. Le skieur doit garder une position recroquevillée stable pendant toute la descente. À ces vitesses, une faute de carre ne se rattrape pas.
C’est ce rapport au temps qui intéresse Bell & Ross. Fondée en 1992 par Carlos-A. Rosillo et Bruno Belamich, a bâti son identité autour de l’instrument de bord d’avion. Lisibilité immédiate, fiabilité, rien d’inutile. Elle multiplie depuis des années les partenariats avec des pilotes. La Patrouille de France et le Rafale Solo Display pour le ciel, par exemple. L’équipe Defender Rally, engagée en championnat du monde de rallye-raid, représente la terre. Il manquait la neige au tableau.

Un cadran blanc et rouge inspiré de la combinaison de Simon Billy
Retournons à la montre. Le cadran est d’un blanc mat qui rappelle la neige damée. Le rouge prend toute la place dessus. Les chiffres en italique, les index et les aiguilles reprennent la couleur de la combinaison de course du champion. Le contraste se lit au premier coup d’œil, et c’est bien le but recherché.
Les deux compteurs sont soulignés de rouge : la petite seconde est à 9 heures et le totalisateur 30 minutes est à 3 heures. La date est indiquée à 6 heures, dans un guichet discret. Sur le rehaut court une échelle tachymétrique. Ce détail n’est pas gratuit. Elle permet de convertir un temps en vitesse. Lancez le chronographe au départ d’un kilomètre, arrêtez-le à l’arrivée, et l’aiguille centrale indique directement la vitesse moyenne. Simon Billy couvrirait cette distance en un peu plus de 14 secondes. Encore faudrait-il trouver une piste aussi longue et aussi raide.
Les aiguilles des heures et des minutes méritent également qu’on s’y attarde. Squelettées, elles reprennent la silhouette allongée des skis de vitesse. Elles sont remplies de Super-LumiNova BGW9 de grade X1. Blanc en plein jour, ce matériau luminescent émet une lueur bleue dans l’obscurité. Pratique pour lire l’heure au petit matin, avant l’ouverture des pistes !

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
BR-05 Chrono Snow Rocket, 42 mm d’acier et 60 heures d’autonomie
La BR-05 est arrivée en 2019. C’est la ligne « urbaine » de Bell & Ross, inspirée de la BR-03 professionnelle. Elle conserve le fameux « rond dans un carré », signature de la maison depuis la BR-01 de 2005. Elle y ajoute un bracelet intégré au boîtier, dans l’esprit des montres de sport chic des années 1970. La version chronographe a suivi en 2020.
Le boîtier de la Snow Rocket mesure 42 mm de large pour 14,25 mm d’épaisseur, soit la taille habituelle des BR-05 Chrono actuels. La montre a de la présence, ce que les personnes à petits poignets remarqueront. L’acier alterne surfaces polies et satinées. La couronne est vissée et protégée par des épaulements. L’étanchéité atteint 100 mètres.
Le mouvement est le calibre automatique BR-CAL.326, une base Sellita SW510 retravaillée par la marque. Il offre 60 heures de réserve de marche. Concrètement, la montre posée le vendredi soir tourne encore le lundi matin. Ce chiffre est honnête pour un chronographe automatique de cette gamme.
Il faut retourner la montre pour trouver le détail le plus personnel. Le fond en saphir dévoile le mouvement et sa masse oscillante. La silhouette d’un skieur de vitesse y est imprimée en rouge, en position de course. Une façon de rappeler à qui cette pièce est dédiée sans surcharger le cadran.

Acier ou caoutchouc rouge, deux visages pour la Snow Rocket
La montre est livrée avec deux bracelets. Le premier est en acier poli et satiné. Il prolonge le boîtier sans rupture, comme sur toutes les BR-05. Le second est en caoutchouc rouge vif strié. Il reprend la couleur de la combinaison et assume un style franchement sportif. Les deux se ferment par une boucle déployante en acier.
L’acier conviendra au bureau. Le caoutchouc rouge ira mieux au chalet ou à ceux qui aiment qu’on remarque leur montre. Le choix reste ouvert, c’est appréciable.

250 exemplaires pour la BR-05 Chrono Snow Rocket
La référence BR05C-KL-ST sera produite à seulement 250 exemplaires. Bell & Ross n’en est pas à sa première incursion dans l’univers du froid. La marque a déjà proposé des BR-05 aux tons glacés, comme la BR-05 Skeleton Arctic. Mais la Snow Rocket est la première à porter le nom d’un athlète de ski. Son prix n’apparaît pas dans le dossier de presse, un silence rarement anodin pour une série limitée. Pour situer le prix de cette montre, une BR-05 Chrono acier de la collection permanente s’affiche à 6 500 €, et la série limitée Patrouille de France, à 500 exemplaires, se vend 6 600 £ outre-Manche : la Snow Rocket, deux fois plus rare, devrait logiquement se placer au-dessus.
Reste une question de fond. Qui achètera cette montre ? Les passionnés de ski de vitesse d’abord, une communauté petite mais fidèle. Les collectionneurs de Bell & Ross ensuite, qui apprécient les séries limitées liées à de vrais exploits. La marque joue ici une carte qu’elle connaît bien. Elle consiste à associer un instrument à quelqu’un qui en a réellement l’usage. Ici, l’athlète, le chronographe et l’échelle tachymétrique racontent la même histoire, ce qui distingue la Snow Rocket d’un simple coup marketing. Le prix dira si cela suffit.
Simon Billy repartira sur la piste de Chabrières cet hiver. Avec, cette fois, une montre à son nom.




