Le Bristol Paris signe ses premières tablettes de chocolat et vise juste

Au 114 du faubourg Saint-Honoré, Le Bristol Paris range son chocolat de palace dans une pochette kraft, et Johan Giacchetti décline six pralinés entre Madagascar et Venezuela.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
10 Minutes de lecture
Johan Giacchetti, chef chocolatier du Bristol Paris, signe les six nouvelles tablettes de la maison, élaborées au sein des Ateliers du palace - © Photo : Le Bristol Paris
Le Bristol Paris propose six tablettes de chocolat créées par son chef chocolatier Johan Giacchetti, au prix de 15 € chacune. La collection comprend trois recettes au chocolat au lait de Madagascar à 50 % et trois au chocolat noir du Venezuela à 70 %. Les tablettes sont disponibles à l’Épicerie des Ateliers du Bristol et en Click & Collect.

Le Bristol Paris vend désormais des tablettes de chocolat. Six d’un coup, à quinze euros pièce, en vente à l’Épicerie des Ateliers du palace ou en Click & Collect. Dit comme ça, la nouvelle tient sur un ticket de caisse. Elle mérite pourtant qu’on s’y arrête.

La tablette est un format modeste. Elle traîne dans les cartables, les boîtes à gants et les tiroirs de bureau. On la casse sans y penser, debout, entre deux réunions. Le huitième arrondissement, lui, préfère les bonbons alignés en coffrets laqués, les pralinés sous cloche et les rubans. Le fait qu’un palace du faubourg Saint-Honoré s’empare de ce format populaire avait donc de quoi intriguer.

J’y suis allé avec un léger doute. Je suis reparti avec six pochettes et une conviction assez nette.

Le Bristol Paris signe ses premières tablettes de chocolat et vise juste
Les six tablettes du Bristol Paris sont présentées dans des pochettes kraft refermables et portent un motif en relief conçu sur mesure autour de l’initiale B – © Photo : Le Bristol Paris

Johan Giacchetti, le chocolatier derrière les six créations du Bristol

Derrière ces tablettes se trouve Johan Giacchetti, le chef chocolatier de la maison, un homme qui ne parle pas fort. Son parcours parle pour lui. Il a remporté la Coupe de France des Jeunes Chocolatiers Confiseurs à l’âge de 21 ans. Depuis, il dirige un atelier d’où sortent, selon la maison, environ 3 000 pièces par semaine, élaborées à partir de cacaos grands crus d’Équateur, de Madagascar ou des Caraïbes.

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L’atelier ne vit pas seul. Les Ateliers du Bristol réunissent en effet un moulin à farine, une chocolaterie, une cave à fromages, une cave à vins, un laboratoire de pâtes fraîches et une petite manufacture, le tout caché dans les coulisses du palace. Le voisinage compte. Le chef pâtissier de la maison, Maxence Barbot, désigné « Chef pâtissier de l’année 2026 » par le magazine Le Chef, cite sans hésiter les chocolats de Giacchetti comme sa référence dans un entretien au Guide Michelin, saluant un travail fait de « précision, profondeur aromatique et sensibilité créative ». Entre collègues, le compliment n’est pas une formalité.

Le Bristol Paris signe ses premières tablettes de chocolat et vise juste
Les trois tablettes au lait du Bristol Paris utilisent un chocolat de Madagascar à 50 % et déclinent des garnitures à la noisette, au maïs et aux fruits exotiques – © Photo : Le Bristol Paris

Des pochettes kraft et un chocolat moulé aux armes du Bristol

On ne goûte pas tout de suite. On regarde.

La pochette est en papier kraft, frappée d’un macaron couleur brique. Rien de clinquant. Elle s’ouvre, se replie, se referme. Ce détail peut sembler anodin. Il change pourtant la façon de manger. On ne dévore pas la tablette d’une traite, on y revient le lendemain, puis le surlendemain.

Le chocolat lui-même porte un dessin moulé en relief : des volutes qui tournent autour d’un B central. Le moule a été conçu sur mesure et a nécessité, selon la maison, de nombreux essais. Le résultat est beau sans être précieux. Surtout, il se casse net. Le son est sec, la cassure brillante. Bon signe.

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Trois chocolats au lait de Madagascar, du Piémont au maïs soufflé

Trois tablettes reposent sur un chocolat au lait de Madagascar à 50 %. Moins sucré qu’un chocolat au lait classique, il laisse passer une acidité fruitée inattendue.

La version noisette joue la sécurité. Praliné de noisettes du Piémont, caramel à la fleur de sel. C’est rond, bien fait, sans surprise. Le genre de tablette qu’on offre à sa belle-mère sans prendre de risque.

La tablette au maïs, en revanche, réveille les papilles. Le grain est grillé, soufflé façon pop-corn, puis incorporé dans un praliné croquant aux amandes et au caramel. On pense à la fête foraine, mais en version sophistiquée. La texture craque sous la dent et le goût de céréale chaude s’installe longtemps. C’est la plus joueuse des six.

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Reste la coco-passion. Il s’agit d’un confit de mangue, de passion et de citron vert, posé sur un praliné de noix de coco caramélisée. La fraîcheur est réelle. Toutefois, l’ensemble penche vers le sucré et le citron vert peine à tenir tête à la noix de coco. Agréable. Moins tenace que ses voisines.

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Trois chocolats noirs du Venezuela, de la pistache au sarrasin

Ici, le ton change.

Le chocolat noir à 70 % vient du Venezuela et est issu de fèves Criollo, une variété rare et fine aux arômes floraux. Il enveloppe trois pralinés.

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Le premier mise sur la pistache. Praliné pistache, pistaches de Sicile caramélisées à la fleur d’oranger. L’eau florale reste discrète, et c’est tant mieux. Un cran de plus et l’on basculerait dans la pâtisserie orientale. Giacchetti s’arrête au bon endroit.

Le deuxième travaille l’amande Marcona en deux temps. D’abord en praliné riche en éclats, puis simplement torréfiée et entière. La seconde moitié donne raison à la première. On sent le produit, sa finesse, son gras naturel. C’est la tablette la plus sobre, et peut-être la plus honnête.

Le troisième est le pari de la collection. Sarrasin et amande, avec un caramel infusé au mélilot, une petite plante des prés qui rappelle la vanille et la fève tonka. Le sarrasin apporte une note terrienne, presque boisée, qui tempère la douceur du caramel. On pense aux galettes bretonnes, aux champs de fin d’été, puis le chocolat noir referme la porte avec autorité.

C’est ma préférée. De loin.

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Le Bristol Paris signe ses premières tablettes de chocolat et vise juste
Les trois tablettes noires du Bristol Paris reposent sur un chocolat vénézuélien à 70 % issu de fèves Criollo, associé à la pistache, à l’amande ou au sarrasin – © Photo : Le Bristol Paris

À 15 € la tablette, Le Bristol Paris défend son savoir-faire artisanal

La question du prix se pose forcément. Quinze euros la tablette, c’est cher pour un produit de supermarché. Mais c’est cohérent pour un palace qui conçoit et moule chez lui, au cœur du faubourg Saint-Honoré. Les grandes maisons parisiennes jouent dans la même cour : Le Chocolat Alain Ducasse, qui travaille pourtant de la fève à la tablette, vend ses tablettes fourrées de 110 grammes entre 15 et 16 euros. On paie donc aussi l’adresse. Le rapport entre le plaisir et l’addition reste ici défendable.

On notera aussi l’intelligence du geste. Le palace, qui a fêté son centenaire l’an dernier, avait déjà marqué le coup pour ses 100 ans avec une collection de Pâques signée Giacchetti. Avec ces tablettes, il offre une porte d’entrée accessible à son savoir-faire. Il n’est pas nécessaire de réserver une table au restaurant étoilé pour découvrir la maison. Il suffit de pousser la porte de l’épicerie.

La chocolaterie se trouve au 114, rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. L’épicerie est ouverte du mercredi au dimanche, de 10 heures à 19 heures, pour une consommation sur place ou en Click & Collect. À l’approche des fêtes, la pochette kraft fait aussi un cadeau de palace au prix d’un cadeau de collègue. Notre conseil : optez pour les saveurs sarrasin et maïs. Ces deux variétés résument à elles seules ce que cette collection a de plus personnel.

Il reste une pochette qu’on referme toujours un carré trop tard.

Le Bristol Paris signe ses premières tablettes de chocolat et vise juste
Chaque tablette de chocolat du Bristol Paris coûte 15 € et peut être achetée à l’Épicerie des Ateliers ou commandée en Click & Collect – © Photo : Le Bristol Paris
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