| La DB25 Digitale de De Bethune, référence DB25VD, a été présentée en septembre 2026 aux Geneva Watch Days. Elle affiche une heure sautante, des minutes défilantes et une lune sphérique, sans aucune aiguille. Son boîtier en titane mesure 42 mm. Son calibre manuel DB2144V3 offre cinq jours de réserve. Elle coûte 106 000 francs suisses hors taxes. |
Vingt ans. C’est l’écart qui sépare la première montre « digitale » de la marque de sa nouvelle venue. Présentée en septembre 2026 lors des Geneva Watch Days, la DB25 Digitale reprend une idée née à L’Auberson en 2006 et la glisse dans un boîtier plus compact, plus portable, et plus sage aussi. Une heure qui saute, des minutes qui défilent, une lune en relief au centre. Et pas une seule aiguille.
Sur le papier, la formule est connue des amateurs de la maison. Au poignet, elle change pourtant de visage. La marque a choisi sa bande-son : son communiqué évoque Moon River, la chanson d’Henry Mancini que fredonne Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé. Une référence de communicant qui illustre assez bien l’atmosphère nocturne recherchée.

| 📌 Repères clés |
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| ⌚ La De Bethune DB25 Digitale a été présentée en septembre 2026 aux Geneva Watch Days et rejoint la collection permanente sans édition limitée. 🌙 Sa lune sphérique, brevetée en 2004, indique les phases lunaires avec un écart d’un jour tous les 1 112 ans. ⚙️ Son calibre manuel DB2144V3 compte 416 pièces, bat à 4 Hz et offre cinq jours de réserve de marche grâce à un double barillet. 📏 Son boîtier en titane grade 5 mesure 42 mm de diamètre et 11,9 mm d’épaisseur, pour une étanchéité de 30 mètres. 💰 La référence DB25VD est vendue 106 000 francs suisses hors taxes, contre 115 000 francs pour la DB28 Digitale en 2016. |
De la DBD de 2006 Ă la DB25 Digitale de 2026
Pour comprendre cette montre, il faut remonter le fil. La DBD inaugure, en 2006, l’affichage à heures sautantes chez De Bethune, accompagné d’un calendrier linéaire et de minutes traînantes qui avancent en continu au lieu de sauter. Le boîtier est alors asymétrique et le cadran strié de côtes de Genève. Huit ans plus tard, la DB28 Digitale reprend le concept et l’enrichit d’une lune sphérique centrale. Elle affiche 45 mm de diamètre et des cornes articulées, dites « flottantes », qui ont fait la réputation de la ligne DB28. Elle était alors proposée autour de 95 000 francs suisses hors taxes, selon le site Monochrome Watches.
La DB25 Digitale ne cherche pas à tout réinventer. Elle reprend la mécanique de son aînée et la transpose sur la plateforme DB25, celle des modèles plus classiques de la manufacture. Un choix de raison pour une marque qui sait que ses montres les plus spectaculaires ne conviennent pas à tous les poignets.

Un cadran de 82 éléments sans aucune aiguille
Approchez la montre et le premier réflexe est de chercher l’heure. Elle se trouve en haut, dans un guichet à midi. Le chiffre change d’un coup à l’heure pleine. Les minutes, elles, tournent sur un disque visible à 6 heures, à travers une ouverture en arc. Monochrome Watches relève d’ailleurs que cette ouverture redonne au cadran une symétrie que la DB28 n’avait pas.
Entre les deux trĂ´ne la lune.
Il s’agit d’une sphère inclinée à 60 degrés, dont une moitié est en palladium poli et l’autre en acier bleui à la flamme. Sa rotation indique les phases lunaires avec un écart d’un seul jour tous les 1 112 ans. Ce système, breveté par la maison en 2004, est devenu l’une de ses signatures les plus reconnaissables.

Autour, De Bethune a assemblé 82 éléments distincts. Le fond est en titane bleui, décoré d’un guillochage aléatoire que la marque présente comme une innovation de 2023. Le secteur des minutes est argenté et guilloché à la main en grain d’orge. Une bague de titane poli et bleui accueille de petites étoiles en or gris. L’ensemble évoque une nuit claire au-dessus d’une eau calme, avec des bleus qui varient selon la lumière et l’angle de vue.
Denis Flageollet, cofondateur et maître horloger de la maison, résume l’intention en une phrase : « Le temps ne se lit plus, il se contemple. » Le propos peut sembler poétique. Il décrit pourtant assez bien l’usage réel de cette montre. Lire l’heure demande une seconde de plus qu’avec deux aiguilles. Personne ne l’achètera pour gagner du temps.

Le calibre DB2144V3 conserve cinq jours d’autonomie
Retournez la montre. Le fond vissé et ouvert laisse voir le calibre DB2144V3, troisième version d’un mouvement déjà connu. Il s’agit d’un calibre mécanique à remontage manuel de 30 mm de diamètre, composé de 416 pièces et de 32 rubis. Sa fréquence est de 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, la cadence la plus répandue en horlogerie mécanique.
Le double barillet autorégulateur, mis au point en 2004, assure cinq jours de réserve de marche. Le balancier en titane reçoit des masselottes en or gris, petites masses qui servent à son réglage. Cette solution a été brevetée la même année, puis optimisée en 2016 pour mieux résister aux écarts de température et à la résistance de l’air. Le spiral à courbe terminale plate date également de 2004. La roue d’échappement en silicium et le triple pare-chute bleui, le système antichoc maison, ont suivi en 2005. Autant dire que rien n’a changé sous le capot : Watches by SJX qualifie d’ailleurs la DB25 Digitale de simple relooking esthétique, sans grand apport technique.
Une nouveauté se cache toutefois côté fond. Une nouveauté se cache toutefois côté fond. Pour la première fois, le guillochage aléatoire du cadran s’invite sur le pont deltoïde, cette pièce en forme de cerf-volant qui soutient le balancier. Le site Watch Collecting Lifestyle en a d’ailleurs fait le titre de son article de présentation. Le couvre-platine concave en titane et les ponts anglés à la main, c’est-à -dire aux arêtes biseautées et polies, complètent un dos aussi soigné que le cadran.
Une réserve tout de même. Le remontage manuel sur cinq jours impose une petite discipline, rien de bien contraignant pour un collectionneur, mais à garder à l’esprit pour un usage quotidien.

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Un boîtier en titane de 42 mm sans cornes flottantes
Le gros changement est là . Avec 42 mm de diamètre et 11,9 mm d’épaisseur, la DB25 Digitale est trois millimètres plus étroite que la DB28 Digitale. Le boîtier en titane grade 5 poli miroir reste léger. La lunette fine libère une large ouverture sur le cadran.
Les cornes ne sont plus flottantes. Elles sont intégrées, fines, arrondies, ajourées et ornées d’ogives. Leur profil incliné épouse le poignet et souligne la rondeur générale de la montre. Les puristes de la DB28 regretteront peut-être ce mécanisme si particulier. D’autres y verront une montre enfin habillée, capable de passer sous une manchette de chemise.
L’étanchéité plafonne à 3 ATM, soit 30 mètres. Autant dire que la DB25 Digitale ne fréquentera pas les piscines. Elle se porte sur un bracelet en alligator bleu foncé, doublé et extra souple, fermé par une boucle ardillon en titane poli. Deux glaces saphir traitées antireflet protègent le cadran et le mouvement.

106 000 CHF pour une montre non limitée
La référence DB25VD est affichée à 106 000 francs suisses hors taxes et à 135 000 dollars aux États-Unis. Aucun prix en euros n’a été communiqué à ce jour. Elle n’est pas limitée et rejoint la collection permanente de la maison. Pour situer le contexte, le DB25 Monopoussoir, présenté en 2025 sur la même plateforme, était affiché à environ 80 000 francs suisses, et la concurrente la plus évidente, la Zeitwerk d’A. Lange & Söhne, est commercialisée à partir de 104 000 euros TTC. La comparaison avec la DB28 Digitale est tout aussi instructive. Lancée à 95 000 francs suisses en 2014, elle en valait déjà 115 000 deux ans plus tard. Douze ans après, la nouvelle venue est plus petite, son mouvement a évolué et son prix est inférieur à celui de son aînée à son plus haut. Dans une haute horlogerie indépendante où les prix ont nettement grimpé depuis le début de la décennie, c’est presque une exception.
La production pose une autre question. De Bethune fabrique en petite quantité et l’ensemble des composants naît dans ses ateliers du canton de Vaud, une indépendance que la manufacture revendique depuis sa fondation en 2002 par Denis Flageollet et David Zanetta. Selon le livre que lui a consacré Assouline en 2022, la maison sort entre 150 et 250 montres par an. Obtenir une DB25 Digitale demandera donc sans doute de la patience.

La DB25 Digitale s’adresse aux amateurs de De Bethune
Cette montre s’adresse à un amateur averti. À celui qui connaît la maison, qui apprécie ses bleus et ses lunes sphériques, mais qui trouvait la DB28 trop imposante. C’est aussi celui qui préfère une complication lisible et utile à une démonstration technique.
L’affichage numérique mécanique reste une niche. Peu de manufactures s’y risquent sérieusement, car faire sauter un disque d’heures demande de l’énergie et use le mouvement si le système est mal conçu. De Bethune a choisi de monter ses disques sur des micro-roulements à billes afin de limiter les frottements. Un détail invisible au porté. Essentiel en revanche pour la fiabilité sur le long terme.
Au fond, la DB25 Digitale ne bouleverse pas la ligne de la maison. Elle la rend simplement plus accessible, tant au poignet qu’au portefeuille. Et c’est sans doute ce qui lui donnera une place à part dans le catalogue de L’Auberson.



