La Coupe du monde 2026 ne ressemblera à aucune autre. Pas seulement parce qu’elle réunira pour la première fois 48 équipes sur les terres des États-Unis, du Canada et du Mexique. Mais aussi parce que la FIFA s’apprête à revoir de fond en comble ses règles relatives aux suspensions pour accumulation de cartons jaunes, une décision qui pourrait changer la face du tournoi.
Ce mardi 28 avril, le Conseil de la FIFA se réunit à Vancouver. Parmi les points à l’ordre du jour figure une réforme disciplinaire attendue depuis l’annonce du passage à 48 équipes. Selon The Athletic, confirmé par plusieurs sources, l’instance mondiale du football devrait officialiser une double remise à zéro des avertissements. Une première aura lieu à la fin de la phase de groupes. Une seconde à la fin des quarts de finale.
Jusqu’à présent, la règle était simple : les cartons jaunes s’effaçaient uniquement après les quarts de finale. Un joueur averti deux fois avant ce stade était automatiquement suspendu pour le match suivant. Cette logique fonctionnait dans un tournoi à 32 équipes, où seulement quatre rencontres séparaient la phase de poules des quarts de finale. Avec 48 nations au départ, un huitième de finale supplémentaire s’intercale désormais dans le tableau. Les équipes doivent donc disputer cinq matchs, et non plus quatre, avant d’atteindre les quarts. L’occasion de prendre un carton de trop s’est donc mécaniquement démultipliée.
Sans ajustement, n’importe quel joueur un peu hargneux au duel aurait pu se retrouver sur le banc au pire moment. La FIFA l’a compris. Elle agit.
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Grâce à la double amnistie, un joueur ne sera suspendu pour accumulation d’avertissements que dans deux cas précis : s’il reçoit deux cartons jaunes lors des trois matchs de poule ou s’il en reçoit deux lors des trois premiers tours de la phase éliminatoire, c’est-à-dire lors du tour préliminaire, des huitièmes de finale et des quarts de finale. Autrement dit, pour déclencher une suspension automatique, il faudra désormais une accumulation de fautes sur une courte période, et non plus la simple addition de fautes étalées sur toute la première partie du tournoi.
C’est un filet de sécurité. Ni plus ni moins. La FIFA ne supprime pas le seuil de deux cartons. Elle réduit simplement la fenêtre à l’intérieur de laquelle ils peuvent être fatals.
Ce sujet touche directement les grandes nations. Lors des précédentes éditions, des cadres avaient été contraints de rester sur le banc pour des demi-finales ou des finales à cause de ce mécanisme. La frustration était réelle, tant pour les joueurs que pour les supporters. Avec cette réforme, la FIFA envoie un message clair : elle veut que ses meilleurs joueurs soient sur le terrain lors des matchs importants. Elle protège le spectacle sans pour autant brader la discipline.
Le Conseil de Vancouver devrait entériner cette décision mardi. Si elle est adoptée, la règle s’appliquera dès cet été, à l’ouverture du tournoi.
Reste une question que tout passionné de football se posera inévitablement : cette clémence affichée incitera-t-elle certains joueurs à jouer plus durement, sachant que le compteur sera remis à zéro ? La FIFA parie que non. Elle mise sur l’équité.



