Le tirage au sort de la Coupe du monde 2026 a eu lieu le 5 décembre 2025 au Kennedy Center de Washington. Et pour l’Angleterre, la loterie n’a pas été tendre. Avec la Croatie, le Ghana et le Panama, la sélection de Thomas Tuchel hérite d’une poule qui mérite pleinement l’étiquette de « groupe de la mort », du moins sur le papier.
Quarante-huit équipes, douze groupes, trois pays hôtes (les États-Unis, le Canada et le Mexique) et un format inédit qui redistribue les cartes. On aurait pu croire que l’élargissement du tournoi diluerait automatiquement les obstacles au premier tour. C’est oublier que les équipes, elles, n’ont pas rapetissé.
Un groupe équilibré qui expose l’Angleterre à un risque immédiat
Sur les douze groupes de cette Coupe du monde 2026, le groupe L est l’un des plus homogènes sur le plan statistique. Pas de tête d’affiche mondiale comme la France ou l’Argentine, mais quatre nations solides qui ne se feront aucun cadeau. L’Angleterre partira favorite, certes. Mais être favori dans ce groupe précis, c’est avant tout une pression supplémentaire, pas une garantie.
Thomas Tuchel, qui a remplacé Gareth Southgate sur le banc des Three Lions, sait mieux que quiconque ce que coûte un manque de concentration en phase de poules. La Croatie lui a justement rappelé les limites de l’Angleterre : c’est elle qui a éliminé les Anglais en demi-finale de la Coupe du monde 2018, puis qui les a battus 1-0 lors de l’Euro 2020. Ce genre de cicatrice ne s’efface pas facilement.
La Croatie reste une référence solide dans les grands tournois
La Croatie n’est pas une équipe ordinaire. Si elle a perdu plusieurs de ses cadres depuis le dernier Mondial, Zlatko Dalić a su régénérer son collectif sans en perdre l’ossature. Ce sera sans doute le choc le plus attendu du groupe L, où les deux équipes européennes s’affronteront pour déterminer laquelle prendra la tête de la poule.
Rappelons un chiffre qui résume à lui seul l’envergure de la Croatie : lors de la Coupe du monde 2018, elle a infligé un cinglant 6-1 au Panama en phase de poules. Cette donnée historique doit toutefois être relativisée. Le Panama de 2026 n’est plus celui d’il y a sept ans. Sous la direction de Thomas Christiansen, l’équipe panaméenne a grimpé en flèche dans le classement FIFA depuis la Coupe du monde au Qatar, se classant parmi les formations qui ont le plus progressé depuis 2022. Seuls l’Espagne et l’Ouzbékistan ont fait mieux sur cette période. Ce n’est pas anodin.
Le Ghana affiche une régularité qui renforce son statut d’outsider crédible
Le Ghana fait presque figure de parent pauvre de ce groupe. À tort. Les Black Stars ont terminé en tête de leur poule de qualification africaine avec huit victoires pour une seule défaite en dix matchs. Une régularité que beaucoup d’équipes européennes n’atteignent pas dans leurs propres qualifications.
Si l’histoire récente entre l’Angleterre et le Ghana en Coupe du monde est limitée, les Africains ne se rendent jamais à une compétition pour faire de la figuration. En 2010, ils ont éliminé l’Uruguay en quarts de finale et ont failli créer l’un des plus grands chocs de l’histoire du football mondial. Sur un match à élimination directe ou un match de groupe à enjeu, le Ghana peut tout à fait battre l’Angleterre.
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Un nouveau format qui modifie les équilibres sans éliminer les pièges
Avec 48 équipes au lieu de 32, la Coupe du monde 2026 modifie profondément la logique du « groupe de la mort ». Désormais, deux tiers des équipes passent le premier tour, contre la moitié auparavant. Mécaniquement, le niveau moyen de chaque groupe baisse. Les analyses statistiques montrent que la moyenne des classements FIFA par groupe sera la plus basse depuis au moins 2010.
Pourtant, cette dilution n’a pas effacé les pièges. Elle les a juste rendus moins visibles. Le groupe L de la Coupe du monde 2026 en est la preuve : aucune équipe ne domine outrageusement, et un seul faux pas peut tout remettre en question. L’Angleterre, qui a l’habitude de sous-performer lors des grandes compétitions, en est bien consciente.
Des groupes contrastés qui redistribuent les attentes entre favoris
Pendant que l’Angleterre jongle avec ses obligations dans le groupe L, d’autres nations ont eu plus de réussite. L’Espagne, championne d’Europe en titre, hérite d’un groupe H avec l’Uruguay, l’Arabie saoudite et le Cap-Vert, 68e au classement FIFA. Difficile de faire mieux. Luis de la Fuente peut dormir tranquille.
La France, elle, a hérité du Sénégal, de la Norvège et d’un qualifié issu des barrages dans le groupe I. Sur le papier, le groupe est plus relevé que celui de l’Espagne, mais il reste largement à la portée d’une équipe aux ambitions des Bleus. La Norvège reste l’adversaire le plus dangereux avec Erling Haaland en pointe et Martin Ødegaard à la conception, ainsi qu’une équipe qui n’a plus participé à une Coupe du monde depuis 27 ans et qui arrive avec une faim difficile à rassasier.
Une confrontation Mbappé Haaland qui symbolise l’intensité du tournoi
Le match France-Norvège s’annonce comme l’un des plus attendus de la phase de groupes. Kylian Mbappé et Erling Haaland sont deux attaquants dont le rendement est quasi identique cette saison, avec 1,1 but par 90 minutes en championnat. Mbappé devance légèrement Haaland au nombre de buts marqués, mais l’écart est si mince qu’il n’a aucune incidence sur ce qui se passera sur un terrain de Coupe du monde.
Ce duel résume à lui seul ce que cette Coupe du monde 2026 peut offrir de mieux : des confrontations directes entre les meilleurs joueurs de la planète, sans filet, avec une place en huitième de finale en jeu. Et pour l’Angleterre, coincée dans un groupe avec trois adversaires motivés, il faudra éviter d’être le premier à regarder ces duels depuis le canapé.



