The Mandalorian et Grogu sortira en salles le 20 mai 2026 en France. Sept ans après The Rise of Skywalker, la galaxie très lointaine revient là où elle a toujours le plus d’impact : sur grand écran, dans le noir, entourée de spectateurs.
Cette nouvelle, confirmée depuis plusieurs mois, prend chaque semaine une consistance plus tangible. Selon des sources proches du dossier citées par Deadline, le film de Jon Favreau viserait un démarrage compris entre 80 et 85 millions de dollars sur le week-end du Memorial Day, quatre jours fériés qui transforment chaque année les multiplexes américains en terrain de chasse pour les blockbusters. Un chiffre qui rappelle, presque à l’euro près, le lancement de Mission : Impossible — Dead Reckoning Part One l’an dernier, qui avait débuté à 79 millions lors de ce même week-end. Ce n’est pas de quoi faire trembler les records, mais c’est suffisamment élevé pour rassurer Lucasfilm et Disney, dont les attentes internes se situent précisément dans cette fourchette.
Ce n’est pas Star Wars : L’Ascension de Skywalker qui avait ouvert à 177 millions de dollars en 2019. Favreau et ses producteurs savent qu’ils jouent une autre carte. Moins frontale. Moins chargée du poids symbolique de la saga Skywalker. The Mandalorian et Grogu n’ont pas à porter les cicatrices d’une trilogie controversée ni les attentes vertigineuses qui avaient failli engloutir les derniers épisodes numérotés. C’est précisément ce qui en fait un pari intéressant.

Le retour de Star Wars au cinéma après plusieurs années d’absence
Depuis Solo : A Star Wars Story, sorti en 2018 et ayant récolté 84 millions de dollars le jour de la fête des Morts, aucun film Star Wars n’avait osé s’attaquer à la sortie estivale en salles. La pandémie avait compliqué les plans. Les séries Disney+ avaient pris le relais, avec un succès inégal. Et puis, en novembre 2019, il y a eu la première saison de The Mandalorian : un choc.
La série avait tout changé. Non pas à cause de ses rebondissements, l’intrigue restant volontairement simple et proche du western spatial, mais à cause d’un personnage de quelques centimètres aux grandes oreilles et aux yeux en amande. Baby Yoda, rebaptisé Grogu au fil des épisodes, avait transformé une série de genre en phénomène culturel mondial. Grogu s’était glissé partout : sur les réseaux sociaux, sur les gobelets à café, sur les peluches, dans les conversations et les chariots de supermarché. Jon Favreau avait créé quelque chose de rare : un personnage capable de transcender sa franchise d’origine et de toucher des gens qui n’avaient jamais regardé un seul épisode de Star Wars.
Puis la troisième saison était arrivée. Plus confuse, moins resserrée. L’élan s’était brisé. La décision de basculer vers le cinéma, prise conjointement par Favreau et Lucasfilm, semble moins être une capitulation qu’un calcul lucide : plutôt que de diluer davantage un univers qui s’essoufflait à la télévision, autant concentrer l’énergie dans un seul long métrage, avec les moyens et la mise en scène que cela implique.
Un duo créatif qui structure l’univers Star Wars actuel
Le film a été réalisé par Favreau, qui a également coécrit le scénario avec Dave Filoni et Noah Kloor. Filoni, protégé de George Lucas et récemment promu président et directeur créatif de Lucasfilm après le départ de Kathleen Kennedy, est l’architecte de cette transition. C’est lui qui connaît le mieux l’univers des personnages et les fils narratifs qui courent depuis des années entre les séries animées et les productions live-action. Sa présence au scénario est une garantie de cohérence pour les fans les plus aguerris. Mais Favreau et Filoni ont également insisté sur un point : il n’est pas nécessaire d’avoir tout regardé pour comprendre le film. « Vous n’avez pas besoin d’être des experts en histoire Star Wars », dit en substance Filoni, rappelant que Din Djarin est un personnage récent, sans la charge symbolique d’un Luke Skywalker ou d’un Han Solo.
C’est un pari de clarté. Et c’est probablement sage.
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Un casting inattendu pour élargir l’identité de la franchise
Pedro Pascal endosse de nouveau le casque de Din Djarin, le chasseur de primes mandalorien qui élève Grogu comme un fils adoptif. Autour de lui, deux noms que peu auraient prévus dans un film Star Wars : Sigourney Weaver et Jeremy Allen White. La présence de Sigourney Weaver, icône du cinéma de science-fiction depuis Alien en 1979, apporte une dimension d’autorité et de gravité rare dans la franchise. Quant à Jeremy Allen White, révélé au grand public par la série The Bear, il incarne une autre génération, plus brute et plus instinctive.
Ce casting hétérodoxe en dit long sur les intentions de Favreau. The Mandalorian et Grogu ne cherche pas à reproduire les codes visuels et dramatiques des films originaux. Il veut exister autrement.

Une campagne événementielle pensée pour recréer l’expérience collective
Lucasfilm prévoit de frapper fort le 4 mai, journée officieuse dédiée à Star Wars à travers le monde. Pour l’occasion, 25 minutes de séquences seront projetées en avant-première mondiale dans une sélection de salles IMAX. Cette opération est habile : elle transforme un rituel communautaire, la fête des fans, en outil de marketing anticipé, tout en offrant à la presse et aux spectateurs les plus engagés un avant-goût calibré pour générer du bouche-à-oreille. Chez Pathé, le film est déjà présenté comme « l’un des grands événements cinématographiques de l’année 2026 ».
Il est difficile de leur donner tort. Depuis Avengers : Endgame en 2019, les blockbusters qui réussissent sont ceux qui parviennent à transformer une sortie au cinéma en événement collectif, en un moment que les gens ont envie de vivre ensemble, en salle. The Mandalorian et Grogu réunit toutes les conditions pour y parvenir : une franchise mondialement reconnue, un personnage immédiatement identifiable, une durée de 2 h 12 qui laisse la place à une vraie progression dramatique, et un réalisateur dont le sens du spectacle n’est plus à démontrer : Favreau est l’homme derrière Iron Man et Le Livre de la jungle.
Un test déterminant pour l’avenir de Star Wars au cinéma
Si The Mandalorian et Grogu fonctionne, Lucasfilm ne manquera pas d’idées pour la suite. Star Wars : Starfighter, réalisé par Shawn Levy avec Ryan Gosling en tête d’affiche, est prévu pour 2027. Levy, que l’on connaît depuis Free Guy et Deadpool & Wolverine, représente une autre école, plus pyrotechnique et plus volontiers spectaculaire. Deux visions, deux films, deux publics potentiellement différents.
Ce qui se jouera en mai 2026 dépasse donc le seul cas de Favreau. Il s’agit d’un test grandeur nature : Star Wars peut-il encore remplir les salles sans s’appuyer sur la saga centrale ? Peut-il convaincre un spectateur qui n’a pas vu les séries, mais qui connaît Grogu de nom ? Les 80 millions de dollars de recettes projetées semblent indiquer que oui. Mais les projections restent des projections. La Force n’a jamais garanti aucun résultat au box-office.



