Coupe du monde 2026 : les Bleus de 2026 ont une sacrée allure de France 1998

Alors que le calendrier officiel de la FIFA confirme les arbitres et les enceintes mexicaines, les joueurs français affichent une sérénité technique qui place la nation en tête des pronostics mondiaux.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
9 Minutes de lecture

Deux victoires, aucune défaite, des jeunes qui se distinguent et un collectif qui respire la confiance. Si vous cherchez à comprendre pourquoi la Coupe du monde 2026 se profile comme une occasion historique pour les Bleus, la tournée américaine de fin mars vous a déjà fourni une bonne partie de la réponse. Le Brésil battu (2-1), la Colombie écrasée (3-1), Deschamps rayonnant, Doué qui surgit. La machine tourne rond, à moins de deux mois du coup d’envoi, fixé au 11 juin au stade Azteca de Mexico.

On n’avait pas vu ça depuis longtemps. On n’avait pas vu une équipe de France aussi sereine, capable de remplacer onze joueurs d’un match à l’autre et de continuer à gagner sans forcer, depuis longtemps. Deux matchs, deux manières différentes de l’emporter, et toujours le même résultat. C’est peut-être dans cette profondeur de banc que réside le parallèle le plus fort avec l’été 98.

Une nouvelle génération déjà décisive au plus haut niveau

La révélation de cette tournée américaine s’appelle Désiré Doué. Âgé de seulement 20 ans, le milieu offensif du PSG a inscrit un doublé face à la Colombie lors de son premier vrai match avec les Bleus, marquant son premier but en sélection d’une frappe du gauche, puis concluant sur une passe de Marcus Thuram. Ce n’est pas anodin. En 1998, c’est également lors des matchs de préparation que certains joueurs peu attendus, comme Thierry Henry et Robert Pires, avaient commencé à confirmer leur place dans le groupe. Le talent finit toujours par s’imposer au bon moment.

Thuram, lui, a retrouvé le chemin des filets. Buteur de la tête face à la Colombie et passeur décisif sur le premier but, le fils de Lilian a pesé sur toute la rencontre. Rayan Cherki a distribué le jeu avec une aisance déconcertante pour un joueur de son âge. Cette génération ne souffre plus du complexe de l’inexpérience. Elle est prête.

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Un modèle collectif inspiré des grandes équipes françaises

Selon un sondage de l’institut Odoxa réalisé pour Winamax et RTL, 40 % des Français voient les Bleus soulever le trophée cet été. C’est loin devant l’Espagne (11 %) et le Brésil (9 %). Ce n’est pas un emballement populaire sans fondement. C’est une lecture collective de ce que l’on observe depuis plusieurs mois.

En 1998, Aimé Jacquet avait bâti son équipe sur un socle défensif inébranlable, une solidarité absolue et quelques individualités capables de faire la différence. Deschamps a appliqué la même logique à deux reprises : en 2018 d’abord, puis en 2022. Cette fois, il dispose peut-être du groupe le plus complet de sa longue carrière de sélectionneur. La défense tient, le milieu de terrain protège et les attaquants marquent. Gérard Piqué, champion du monde 2010 avec l’Espagne, l’avait dit sans détour en décembre 2022 : « Sur le papier, la France est la meilleure équipe. »

Ce qui rapproche vraiment le groupe actuel de celui de 1998, c’est cette capacité à faire jouer tout le monde. Jacquet avait 23 joueurs prêts à entrer en jeu. Deschamps a démontré à Landover que son groupe entier pouvait gagner. Face à la Colombie, il a aligné une équipe entièrement différente de celle qui a affronté le Brésil, et le score final a été le même, dans l’esprit sinon dans les détails.

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Didier Deschamps face à une sortie historique

C’est aussi ça, 2026 : le chant du cygne d’un homme. Didier Deschamps l’a lui-même annoncé sur TF1 : son aventure à la tête de l’équipe de France prendra fin après cette Coupe du monde. Depuis 2012, il a tout gagné, ou presque. Deux finales mondiales, un titre en 2018. La France part favorite pour un troisième sacre, comme en 1998, lorsque Jacquet avait lui aussi terminé sa mission avec le titre suprême avant de passer la main.

Le parallèle est presque vertigineux. Un sélectionneur à son dernier tournoi. Une équipe taillée pour la victoire finale. Un groupe soudé, sans ego dominant. Et une nation entière qui projette ses espoirs les plus fous sur ce Mondial. Deschamps le sait mieux que personne. Il a vécu cette expérience en 1998, en tant que capitaine de cette équipe de légende. Il sait ce que représente le fait d’arriver favori. Et il sait surtout comment ne pas s’y perdre.

Une Coupe du monde 2026 déjà lancée sur le plan organisationnel

Le 9 avril, la FIFA a officialisé la liste des 52 arbitres centraux retenus pour la Coupe du monde 2026. Parmi eux, le Français Clément Turpin, dont la présence sur la liste témoigne de la confiance des instances dans les arbitres français. Au total, 88 arbitres assistants et 30 arbitres vidéo seront mobilisés pour les 104 matchs du tournoi. La machine organisationnelle est lancée, irréversiblement.

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Le stade Azteca de Mexico, théâtre de deux finales de la Coupe du monde (en 1970 et 1986), accueillera le match d’ouverture le 11 juin. Une enceinte mythique, rénovée pour l’occasion à hauteur de 100 millions d’euros. L’endroit idéal pour lancer une Coupe du monde qui s’annonce exceptionnelle, dans un contexte continental (États-Unis, Canada, Mexique) qui promet des affluences records.

Le statut de favori une pression à maîtriser jusqu’au bout

Rester favori tout au long d’un tournoi, c’est aussi devenir une cible. En 2022, au Qatar, les Bleus avaient terminé deuxièmes, battus en finale par l’Argentine aux tirs au but. Brillants, mais pas champions. En 1998, la France avait su résister à cette pression en ne se laissant jamais dicter son jeu par son statut de favori. Le meilleur match des Bleus cette année-là fut peut-être la demi-finale contre la Croatie. Pas la finale, gagnée avec autorité, mais jouée sur les nerfs.

Deschamps connaît la recette. Il faut ne pas surestimer les adversaires, ne pas sous-estimer le poids des matchs à élimination directe et préserver l’esprit d’équipe que les deux victoires américaines ont mis en lumière. La Colombie et le Brésil ne sont pas des équipes de second rang. Les battre toutes les deux en moins d’une semaine, en modifiant complètement l’équipe entre les deux rencontres, c’est un signal fort adressé au reste du monde.

Un rendez-vous mondial qui commence avant même le coup d’envoi

Le compte à rebours est lancé. Les arbitres sont désignés, les stades sont prêts, les adversaires sont sur le qui-vive. Les Bleus, eux, arrivent avec une tournée américaine réussie, une profondeur de groupe rare et un sélectionneur qui veut partir par la grande porte. La Coupe du monde 2026 commencera officiellement le 11 juin au stade Azteca. Pour la France, elle a peut-être déjà commencé fin mars, à Boston et à Landover. Dans l’esprit, du moins.

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