| La Maurice Lacroix AIKON Automatic Chronograph évolue en octobre 2026 pour les dix ans de la collection AIKON. Son boîtier passe de 44 à 42 mm, avec une épaisseur réduite à 14 mm. Elle propose cinq références, un calibre automatique ML112 offrant plus de 60 heures de réserve de marche et un prix annoncé de 3 690 euros. |
Dix ans après la naissance de la collection AIKON, la Maurice Lacroix AIKON Automatic Chronograph change de silhouette. Elle perd deux millimètres de diamètre et un d’épaisseur. Sur le papier, la retouche paraît modeste. Au poignet, elle change pourtant beaucoup de choses.
En octobre 2026, Maurice Lacroix a dévoilé cinq nouvelles références de son chronographe vedette. « Les lignes s’affinent, les codes s’affirment », résume la maison jurassienne. La formule est commerciale. Elle n’en est pas moins juste, comme nous l’avons vérifié en reprenant la fiche technique ligne par ligne, puis en la comparant à celle de la génération précédente. Ce que vous découvrirez ici tient autant aux gains qu’aux concessions.

De la Calypso à l’AIKON, dix ans d’identité horlogère
Pour comprendre l’AIKON, il faut revenir à 2014. Les amateurs réclamaient alors le retour de la Calypso, un modèle phare de la marque retiré du catalogue en 2003. Plutôt que de rééditer l’ancienne, l’équipe créative de Saignelégier en reprend l’esprit et le redessine pour l’époque. Deux ans plus tard, l’AIKON voit le jour, d’abord avec des mouvements à quartz. Le chronographe automatique n’arrive qu’en 2018.
Sa conception repose sur peu d’éléments : six cavaliers, ces petites pattes qui dépassent de la lunette, un bracelet métallique intégré et une alternance de surfaces polies et satinées. Le timing était bon. Les montres sportives en acier à bracelet intégré faisaient alors l’objet de listes d’attente interminables chez quelques maisons très en vue, à des prix inaccessibles pour la plupart des passionnés. L’AIKON proposait ce vocabulaire esthétique pour une fraction de la somme, avec un mouvement suisse. Selon la marque, les trentenaires et la génération Z l’ont immédiatement adoptée.
Maurice Lacroix n’est pourtant pas une maison de suiveurs. Installée depuis 1975 au cœur des Franches-Montagnes, elle a signé quelques pièces techniques remarquées par les collectionneurs, de la roue carrée de 2010 aux secondes mystérieuses de 2013, jusqu’à la triple rétrograde de 2021. Ce savoir-faire explique pourquoi l’AIKON a tenu dix ans sans s’essouffler.
| 📌 Repères clés |
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| ⌚ Maurice Lacroix a dévoilé en octobre 2026 cinq nouvelles références de l’AIKON Automatic Chronograph, pour les dix ans de la collection. 📏 Le boîtier en acier passe de 44 à 42 mm de diamètre et de 15 à 14 mm d’épaisseur. ⚙️ Le calibre automatique ML112, basé sur l’architecture du Valjoux 7750, offre désormais plus de 60 heures de réserve de marche. 💧 L’étanchéité recule de 200 à 100 mètres, en même temps que les poussoirs vissés disparaissent. 💶 Le prix public est de 3 150 francs suisses, soit 3 690 euros TTC, avec un bracelet caoutchouc vendu en option. |

Un boîtier de 42 mm pour un chronographe plus équilibré
Le boîtier passe de 44 à 42 mm. L’épaisseur descend de 15 à 14 mm. Ces chiffres méritent qu’on s’y arrête.
Une montre à bracelet intégré se porte en effet toujours plus grande que son diamètre annoncé. Les attaches prolongent le boîtier et augmentent la distance entre ses deux extrémités. Avec ses 44 mm, l’ancienne AIKON chronographe débordait sur bien des poignets moyens. Avec 42 mm, elle rejoint la taille que la majorité des amateurs recherchent aujourd’hui pour un chronographe sportif. La marque n’invente rien ici : toute l’industrie revient depuis quelques années à des boîtiers plus mesurés, et un diamètre de 44 mm devenait plus difficile à défendre en boutique. La glace saphir du fond, désormais bombée, épouse la courbe du poignet et adoucit la sensation d’épaisseur.
Deux autres changements comptent. Les poussoirs vissés ont disparu au profit de poussoirs rectangulaires, inspirés, selon la marque, des premiers AIKON Chronograph. Démarrer, arrêter et remettre à zéro devient ainsi plus direct, sans avoir à dévisser quoi que ce soit au préalable. Un protège-couronne fait aussi son apparition. Il protège un organe exposé et donne au flanc droit une ligne plus nette.

Une étanchéité ramenée de 200 à 100 mètres
Toute retouche a un coût. Ici, il se lit dans la colonne « étanchéité ».
L’ancienne génération résistait à 200 mètres. La nouvelle s’arrête à 100 mètres, un recul relevé par le site spécialisé Monochrome Watches. L’abandon des poussoirs vissés y est sans doute pour quelque chose. Faut-il s’en inquiéter ? Pas vraiment. Cent mètres suffisent amplement pour nager, se doucher ou passer une journée à la plage. Personne n’achète un chronographe à bracelet intégré pour faire de la plongée. Maurice Lacroix a fait un choix clair : privilégier le confort et l’usage quotidien plutôt qu’une performance que peu de propriétaires exploitaient.

Cinq cadrans et un Clou de Paris plus affirmé
Le motif Clou de Paris, présent depuis les débuts, change d’échelle. Ses petites pyramides sont plus marquées et accrochent davantage la lumière. Selon l’angle, le cadran paraît clair ou profond.
L’organisation reste lisible. Le compteur des 30 minutes se trouve à 12 heures, celui des 12 heures à 6 heures et la petite seconde à 9 heures. À 3 heures, le jour et la date apparaissent sur fond noir. Les aiguilles et les index rhodiés, typiques de l’AIKON, ont été conservés et enduits de SuperLuminova blanc.
Vous aurez le choix entre cinq déclinaisons. Trois cadrans bleu, noir ou vert ont des compteurs assortis. Deux versions « panda », avec cadran clair et compteurs sombres, complètent l’offre : compteurs bleus sur cadran argenté et compteurs noirs sur cadran doré. L’argenté aux compteurs bleus offre sans doute la meilleure lisibilité. Le doré divisera davantage, mais il a le mérite de sortir des teintes habituelles.

Le calibre ML112 dépasse 60 heures de réserve de marche
Sous le fond saphir, on trouve le calibre automatique ML112 dans sa dernière version. Malgré son nom maison, il est fourni par Sellita et reprend l’architecture du célèbre Valjoux 7750, la base de chronographe la plus répandue dans l’horlogerie suisse. Il bat à 4 Hz, la cadence standard d’un mouvement mécanique moderne, et compte 25 rubis.
Le progrès le plus concret concerne l’autonomie. L’AIKON chronographe d’origine tenait environ 42 heures, un peu plus sur certaines versions ultérieures. Celle-ci dépasse désormais les 60 heures. Vous pouvez donc la poser le vendredi soir, porter autre chose pendant le week-end et la retrouver à l’heure le lundi matin.
Ce choix technique explique également l’épaisseur de la montre. Le 7750 est un mouvement haut par conception. Avec lui, 14 mm se rapprochent de ce qu’il est possible d’obtenir de mieux. Pour les finitions, visibles à travers le fond, on retrouve du perlage, des Côtes de Genève, ainsi qu’une masse oscillante squelettée et rhodiée, décorée d’un motif colimaçon.
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Easy Change facilite le passage de l’acier au caoutchouc
Le bracelet métallique prolonge l’identité de la montre grâce à son alternance de maillons polis et satinés. La nouveauté se cache ailleurs. La dernière version du système Easy Change, protégé par un brevet, permet de passer de l’acier au caoutchouc sans outil. Le bouton de déverrouillage, autrefois visible, est désormais intégré au design. Le bracelet en caoutchouc, vendu en option, reçoit une nouvelle boucle ardillon.
Sur une montre de ce prix, ce genre de détail compte plus qu’on ne le croit. Une montre sportive en acier passe vite du bureau au sport. Changer de bracelet en quelques secondes, c’est presque profiter de deux montres, à condition d’ajouter le prix du bracelet en caoutchouc.

À 3 690 euros, l’AIKON Chronograph face à la concurrence
L’AIKON Automatic Chronograph nouvelle génération est affichée à 3 150 francs suisses, soit 3 690 euros TTC, d’après le site Monochrome Watches. Les cinq références rejoignent la collection permanente. La précédente version, sur bracelet en acier, était vendue environ 3 200 euros chez les revendeurs officiels : la cure d’amincissement se paie donc environ 500 euros, sans compter le bracelet en caoutchouc, désormais en option.
Ce prix situe la montre exactement là où Maurice Lacroix l’a toujours voulue. Plus abordable, la Tissot PRX Automatic Chronograph propose un bracelet intégré pour 2 045 euros, avec des finitions plus simples. Même diamètre, même étanchéité, même autonomie : sur le papier, l’AIKON ne la devance que par sa finesse, avec 14 mm contre 15,4. Plus haut dans la gamme, les chronographes sportifs des grandes maisons multiplient la facture par trois, cinq ou dix. L’AIKON occupe l’espace entre les deux, avec une identité reconnaissable et une mécanique éprouvée.
Notre conseil est simple. Si l’ancienne version vous semblait trop massive, essayez celle-ci au poignet. Les deux millimètres retirés font une vraie différence et le gain d’autonomie la rend plus agréable au quotidien. Si vous plongiez avec la précédente, gardez-la.


