Yema habille sa Superman Bronze CMM.10 de trois nouvelles teintes, sans toucher Ă  l’essentiel

Le bronze poursuit sa métamorphose tandis que brun, vert et blanc redessinent le visage de la Yema Superman CMM.10, plongeuse française où la patine rencontre désormais l’éclat du cadran laqué.

Par
Vincent Mechet
Pigiste spécialisé en horlogerie, Vincent Méchet décrypte l’univers des montres avec précision et passion. Entre savoir-faire traditionnel et innovations, il met en lumière aussi bien les...
11 Minutes de lecture
© Photo de la montre : Yema
La Yema Superman Bronze CMM.10 accueille trois nouvelles références aux cadrans laqués brun, vert et blanc. Chaque version conserve un boîtier en bronze de 39 mm, le calibre manufacture CMM.10 de 70 heures et un bracelet Tropic en FKM assorti. Le prix annoncé est de 1 790 euros.

Chez Yema, cette annonce n’est pas le fruit d’un coup de communication improvisé. Elle s’inscrit dans une trajectoire que la manufacture de Morteau construit patiemment depuis plusieurs années. La marque franc-comtoise dévoile trois nouvelles références de sa Yema Superman Bronze CMM.10 déclinées en brun, vert et blanc. Une déclinaison qui ne bouleverse rien dans l’architecture du modèle, mais qui vient enrichir une collection déjà solidement ancrée dans l’univers de la plongée vintage à la française.

Le boîtier ne change pas. Il est toujours en bronze, mesure toujours 39 mm et a toujours ces 10,95 mm d’épaisseur qui rendent la montre facile à porter au quotidien. Ce qui change, c’est le cadran. Et c’est justement là que Yema a choisi de frapper fort.

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© Photo de la montre : Yema

Le boîtier bronze de 39 mm mise sur une patine évolutive

Le bronze reste un alliage à part dans l’horlogerie de plongée. Contrairement à l’acier, il ne conserve jamais un aspect figé. Chaque montre développera sa propre patine en fonction du climat, de la transpiration et du taux d’humidité ambiant. Deux Superman Bronze sorties de la même chaîne de production ne se ressembleront jamais tout à fait après quelques mois de port. C’est précisément cette promesse d’un objet vivant qui séduit les amateurs du genre, bien au-delà des seuls collectionneurs de montres françaises.

Sur le plan visuel, la marque a conservé les codes qui ont fait le succès de la lignée Superman : une lunette tournante unidirectionnelle en bronze avec une finition circulaire brossée, qui contraste avec le boîtier brossé verticalement. Le triangle lumineux à 12 heures, l’échelle 60 minutes et le fond saphir laissant voir le mouvement n’ont pas été modifiés. La marque a plutôt choisi de miser sur un verre saphir bombé double dôme de 2,2 mm, pour rappeler discrètement l’esthétique des glaces plongeantes des années 1970.

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📌 Repères clés
🟤 La Yema Superman Bronze CMM.10 adopte trois nouveaux cadrans laqués disponibles en brun, vert et blanc.
📏 Le boîtier en bronze conserve un diamètre de 39 mm et une épaisseur de 10,95 mm.
⚙️ Le calibre automatique manufacture CMM.10 offre 70 heures de réserve de marche et fonctionne à 28 800 alternances par heure.
🎯 Yema annonce pour le CMM.10 une précision chronométrique comprise entre -3 et +5 secondes par jour.
💶 Les trois nouvelles Superman Bronze CMM.10 sont annoncées au prix de 1 790 euros.
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© Photo de la montre : Yema

Trois cadrans laqués brun, vert et blanc modernisent la Superman

C’est donc le cadran qui apporte toute la nouveauté de cette sortie. Fini les index géométriques imprimés des précédentes versions. Yema propose désormais des surfaces laquées brillantes, disponibles en brun, vert ou blanc, avec des logos Yema appliqués et finis en doré. Les index horaires, redessinés pour l’occasion, adoptent un relief plus marqué et un style légèrement plus contemporain. Les aiguilles, taillées en diamant, reçoivent elles aussi ce traitement doré, avant d’être remplies de Super-LumiNova de grade A.

L’effet nocturne mérite qu’on s’y attarde. En pleine lumière, le Super-LumiNova diffuse une teinte beige assez chaude, cohérente avec l’esprit rétro du modèle. Une fois la nuit tombée, la luminescence bascule vers un vert franc et soutenu, parfaitement lisible. Pour ceux qui restent attachés aux index imprimés d’origine, les versions noire et bleue sont toujours disponibles sur le site de la marque. Yema ne remplace donc pas son catalogue, elle l’élargit.

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© Photo de la montre : Yema

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Le CMM.10 combine 70 heures de réserve et une précision de -3/+5 s/j

Sous le cadran, on trouve le calibre manufacture CMM.10, conçu, assemblé et réglé dans les ateliers de Morteau. Ce mouvement automatique à trois aiguilles tourne à 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, et affiche une réserve de marche de 70 heures grâce à un grand barillet. Yema annonce une précision chronométrique de -3/+5 secondes par jour, un niveau qui rivalise sur le papier avec les standards suisses les plus exigeants. La platine, à l’architecture symétrique, sert aujourd’hui de base à l’ensemble de la nouvelle génération de calibres de la marque.

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Ce détail technique compte plus qu’il n’y paraît. Le CMM.10 marque en effet un tournant pour Yema, qui était jusqu’alors dépendante de fournisseurs suisses pour la fabrication de ses pièces, ce qui l’empêchait d’accéder au statut de manufacture. Avec ce mouvement conçu en collaboration avec l’horloger Olivier Mory, connu pour son expertise du tourbillon, la maison franc-comtoise a franchi une étape décisive dans sa mue industrielle.

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© Photo de la montre : Yema

Yema consolide son retour Ă  la manufacture depuis Morteau

Pour comprendre pourquoi cette sortie compte, il faut remonter un peu le fil de l’histoire. Yema est une marque fondée par Henry-Louis Belmont en 1948 à Besançon. Elle est rapidement devenue un acteur majeur de l’industrie horlogère française, exportant jusqu’à 400 000 montres en 1965. Après des décennies marquées par plusieurs changements de propriétaires, la marque entame depuis une dizaine d’années un retour en grâce assumé, porté à la fois par l’engouement pour le néo-vintage et par une stratégie de lancements participatifs qui a trouvé un écho particulier auprès du public.

C’est en mettant au point ses nouveaux calibres sous la houlette du concepteur horloger Olivier Mory que Yema a consolidé son statut de marque française capable de concevoir et de produire ses propres mouvements mécaniques, une rareté dans l’horlogerie hexagonale. Trois calibres sont ainsi nés de cette collaboration : le CMM.10, le CMM.20 à micro-rotor et le CMM.30, un tourbillon à complications. Ces mouvements ne comportent aucun composant venu d’Extrême-Orient, mais uniquement des pièces produites en France et en Suisse, dans un rayon d’environ 70 kilomètres autour du siège de l’entreprise.

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© Photo de la montre : Yema

La version Bronze prolonge le modèle fondateur de Yema

La Superman reste, chez Yema, ce que la Fifty Fathoms représente pour Blancpain ou la Submariner pour Rolex : le modèle fondateur qui résume à lui seul l’identité de la marque. Apparue dans les années 1960 pour accompagner les plongeurs, elle a traversé les décennies sans perdre son caractère robuste et sans fioritures. La version bronze, apparue plus récemment, a permis à la marque d’explorer un territoire esthétique différent, alliant le charme patiné des montres d’exploration et la rigueur technique d’un mouvement pensé pour durer.

Les trois nouveaux cadrans ne cherchent pas à réinventer cette formule. Ils viennent plutôt l’assouplir en offrant des tons plus chauds et plus personnels que le noir ou le bleu classiques. Le brun rappelle le cuir patiné, le vert évoque les montres militaires et le blanc apporte une touche presque estivale à un modèle habituellement associé aux profondeurs marines.

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© Photo de la montre : Yema

Le bracelet Tropic FKM prolonge les trois nouvelles couleurs

Les trois références sont livrées avec un bracelet en caoutchouc FKM de type Tropic, intégré au boîtier et assorti à la couleur du cadran. La boucle ardillon, également en bronze brossé, patinera au même rythme que le boîtier. Ce choix garantit une cohérence visuelle sur le long terme, un point souvent négligé sur les montres en bronze dont le bracelet reste parfois figé pendant que le boîtier change d’aspect.

Annoncée à 1 790 euros, cette nouvelle Superman Bronze CMM.10 se positionne dans la continuité des précédentes éditions du modèle – à titre de comparaison, une plongeuse en bronze à mouvement manufacturé se négocie généralement entre 2 000 et 4 000 euros chez la concurrence européenne. Un tarif qui reste compétitif au regard de la complexité d’un mouvement manufacturé localement, dans un segment où la plupart des marques françaises dépendent encore d’ébauches suisses ou asiatiques. En assumant la conception et l’assemblage de son calibre à Morteau, Yema défend un argument que peu de concurrents à ce niveau de prix peuvent revendiquer.

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Cette sortie confirme surtout une chose : la marque ne considère plus le bronze comme un simple exercice de style saisonnier. Il s’agit désormais d’un pilier durable de la collection Superman, au même titre que les versions acier plus classiques. Reste à voir laquelle de ces trois teintes vieillira le mieux au poignet de ses futurs propriétaires.

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