Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani – Leo Dell’Orco signe un printemps 2027 qui respire

Dans la cour du Palazzo Orsini, Leo Dell'Orco ne cherche pas à réinventer Giorgio Armani — il rappelle au monde ce que cette maison a toujours su faire mieux que les autres.

Par
Duc Tran
Duc TRAN
Éditeur en chef
Après s'être formé en langues (anglais et vietnamien) et en économie internationale, Duc TRAN pivote vers le journalisme, porté par sa passion pour l'écriture. C'est une...
5 Minutes de lecture

Milan brûlait, lundi 23 juin. Une canicule traversait l’Europe avec la brutalité indolente des étés qui ne demandent plus leur chemin. Et sur les travées de la Fashion Week masculine printemps 2027, certains invités avaient répondu à cette chaleur par des shorts de sport et des T-shirts qui n’avaient rien à faire là. Leo Dell’Orco, lui, avait une autre idée. Dans la cour du Palazzo Orsini, un bâtiment du XVIIe siècle situé au cœur de Milan, la maison dévoilait quelque 160 silhouettes, dont plus de la moitié portaient la signature de Dell’Orco, directeur du style masculin depuis le décès de Giorgio Armani en 2025. Ce qu’il présentait ce soir-là n’avait rien d’une transition timide.

Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
© Photo : Giorgio Armani

C’était du lin. De la soie lavée. Du denim délavé. Des matières qui respirent, se froissent et semblent revenir de quelque part. Dell’Orco a déclaré avoir « allongé et affiné la silhouette », en optant pour des vestes légèrement plus longues, dans une palette cohérente allant du blanc au sable, déclinée en différentes nuances de gris. Le résultat : une garde-robe masculine qui mise sur le tissu plutôt que sur la coupe. Sobre. Presque évident. Donc difficile.

Le thème de la collection s’intitulait Mercato Mediterraneo. Ce défilé marquait la seconde saison de Dell’Orco à la tête du prêt-à-porter masculin et le retour de Giorgio Armani sur le podium du Palazzo Orsini, après une absence de huit ans, depuis 2018. L’endroit a quelque chose de juste. Les colonnes de granit, la lumière de fin d’après-midi qui caresse les pierres couleur sable, la chaleur qui s’élève du sol pavé : tout cela semble naturel. On n’installe pas une collection Armani dans une cour Renaissance. On la ramène chez elle.

Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
© Photo : Giorgio Armani

Le vestiaire tourne autour de tons neutres, entre beiges, verts et marrons, déclinés dans des matières naturelles telles que le lin, parfaites pour affronter les fortes chaleurs méditerranéennes. Les pantalons à la coupe souple flottent. Les vestes sahariennes ont l’air d’avoir déjà beaucoup voyagé. De grands sacs complètent les tenues, avec cette touche un peu nomade, un peu commerçante, qui correspond parfaitement au thème de la collection.

- Publicité -

Ce qui étonne davantage, c’est le denim. La surprise vient de ce denim pâle et léger utilisé pour des chemises et des jeans d’allure gentleman, portés avec des blazers marins, ou encore délavé pour un tailoring sans col. Dell’Orco l’a traité à l’eau salée, au soleil — ou du moins à son équivalent chimique — jusqu’à ce qu’il ressemble à du shantung. Un tissu qui ne sait plus tout à fait ce qu’il est. C’est précisément pour cette raison qu’il est intéressant.

Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
© Photo : Giorgio Armani

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

Le chapeau de paille fait son retour, associé à un sac en daim XXL ou à des mules en raffia. Rien de folklorique là-dedans. C’est une version rigoureuse et épurée de ce qu’on pourrait appeler le « décontracté », un style qui exige autant de travail que le formel, mais qui refuse de le montrer. C’est précisément ce que Giorgio Armani a toujours su faire. Dell’Orco le sait aussi.

Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire

« Il y a une immense fidélité envers feu Giorgio Armani, mais nous allons aussi de l’avant », a-t-il déclaré aux journalistes en marge du défilé. Cette phrase a le mérite d’être honnête. Il ne prétend pas réinventer une maison de quarante ans. Il la fait avancer avec le respect de quelqu’un qui en connaît le moindre recoin.

- Publicité -

La soirée s’est conclue en beauté avec une section dédiée au soir, rapide et presque furtive. Une dizaine de smokings d’une légèreté extrême ont défilé, aériens et presque invisibles tant ils étaient élégants. Puis les premières silhouettes de Silvana Armani, la nièce du fondateur, ont pris le relais — sa première collection Croisière, présentée pour la toute première fois aux côtés de la collection masculine. Des touches de violet, des sequins, des pantalons taille haute : une façon de conclure la semaine sur une note glamour sans trahir l’esprit de la maison.

Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
Le Mercato Méditerranéen de Giorgio Armani - Leo Dell'Orco signe un printemps 2027 qui respire
- Publicité -
Partager cet article