Il y a des rencontres qui semblent impossibles jusqu’au moment où elles se produisent. Le 26 juin 2026, lors de la Fashion Week homme printemps-été 2027 à Paris, UGG a fait une apparition surprise sur le podium du défilé de WILLY CHAVARRIA. Pas un glissement furtif entre deux rangées de sièges, mais une entrée franche, revendiquée, presque politique. Deux mondes qui, sur le papier, n’auraient aucune raison de se rejoindre, et qui, sur ce podium, ont tout dit sans prononcer un seul mot.

On connaît UGG. On croit la connaître. Fondée en 1978 par un surfeur australien sur la côte californienne, la marque s’est imposée comme une icône mondiale grâce à sa botte Classic, d’abord portée par des célébrités hollywoodiennes et des rédactrices de mode, puis adoptée par le monde entier. Mais depuis quelques saisons, UGG ne se contente plus de réchauffer les pieds. Elle choisit ses alliés avec soin, cherche les frictions créatives et les partenariats qui dérangent, et donc intéressent.

Et qui est vraiment Willy Chavarria pour ceux qui ne suivent pas encore les défilés parisiens ? Né à Huron, en Californie, d’un père méxico-américain et d’une mère irlando-américaine, il a fondé sa marque éponyme en 2015, après avoir longtemps occupé le poste de vice-président senior du design chez Calvin Klein. L’esthétique de Chavarria puise ses racines dans son enfance passée au sein d’une famille de travailleurs agricoles, dans une communauté rurale à majorité mexicaine. Il a saisi le style des jeunes hommes qui l’entouraient pour l’élever au rang d’art. Alors que ses contemporains se concentraient sur le style preppy ou le luxe discret, lui a puisé son inspiration dans la tenue de travail, le zoot suit et le sportswear des années 1990. Ce n’est pas un designer. C’est un acte de résistance en veste oversize.

Le lieu du défilé ajoutait encore à la charge symbolique de la soirée. La présentation de la collection printemps-été 2027, intitulée Comunión, s’est tenue à l’Espace Niemeyer, le siège moderniste du Parti communiste français. Pour Chavarria, l’espace n’est jamais neutre. Il affirme que les corps qui défilent ici ont une histoire. Ils méritent d’être vus.
Sur ce podium, trois silhouettes chaussées de modèles UGG ont déambulé entre les rangées. La UGG Willy Chavarria Guard Boot, unisexe, était associée à des sous-vêtements en soie superposés et à un bomber oversize. La UGG Willy Chavarria Biker, également unisexe, a été associée à des ensembles de chemises boutonnées aux couleurs franches et à un long short. Enfin, la UGG Hotel Chavarria Slipper accompagnait des silhouettes jouant sur les superpositions du haut, avec des shorts en mesh et des hautes chaussettes blanches montant jusqu’au mollet. Trois modèles, trois propositions, un seul fil conducteur : la tension entre la robustesse brute de la culture biker et la chaleur cotonneuse que seule UGG sait offrir.
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Willy Chavarria a livré sa déclaration d’intention avec la précision de quelqu’un qui choisit ses mots comme il coupe ses tissus. « Nous avons conçu cette collection pour qu’elle soit à la fois audacieuse et chaleureuse. Elle puise son inspiration dans l’héritage de la culture du cuir, enveloppée de la chaleur et de l’intimité que seule UGG peut offrir. UGG et moi vous rappelons que chaque être est invincible et aimé. Cette collection est une déclaration d’amour au hors-la-loi qui sommeille en chacun de nous. » Le hors-la-loi. Le mot est posé là, tranquille, comme une menace douce. Comme une promesse.

Pour ce quatrième défilé à la Fashion Week Homme de Paris, Chavarria a reconduit Romeo Beckham dans son casting — le fils de David dont on suit maintenant les apparitions sur les podiums avec une attention particulière. C’est lui que l’on a vu chausser les UGG Willy Chavarria Biker, photographié en coulisses par Taylor Rainbolt. À ses côtés, Steven Martinez portait la Guard Boot et Sebastian Yatra la Hotel Chavarria Slipper. Saint-John également. Des noms qui appartiennent autant à la culture pop qu’au monde de la mode, et c’est exactement le but recherché.

Cette collaboration n’est pas arrivée par hasard dans le calendrier. Elle survient à un moment où la frontière entre la culture sneaker et la haute couture n’a plus vraiment de sens. Les jeunes qui attendent des sorties de produits à 6 heures du matin et ceux qui décodent les tendances sur les podiums parisiens ne forment plus deux tribus distinctes. Ils ont les mêmes références, les mêmes comptes Instagram et désormais, les mêmes chaussures. En 2025, le magazine Time a classé Chavarria parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde. De son côté, UGG génère plus de 2 milliards de dollars de ventes annuelles et reste l’une des rares marques à avoir traversé toutes les tendances sans jamais renier son identité.

Ce que l’on a vu sur ce podium parisien n’est qu’un aperçu. La collection complète sera disponible cet automne. Et si l’on connaît un peu Chavarria, ce que l’on a entrevu n’est que la surface. Sa mission affichée est de donner de la visibilité aux communautés sous-représentées grâce à la puissance transformatrice de l’art et du design, une phrase qui, dans sa bouche, n’est pas du marketing. C’est une conviction ancrée depuis Huron, en Californie, jusqu’aux salles de défilé les plus chargées d’histoire de Paris.



