| La Minerva Exo Tourbillon Skeleton Limited Edition 18 est une montre à tourbillon squelette en or rose 18 carats, limitée à 18 exemplaires. Elle mesure 44,8 mm de diamètre pour 15,1 mm d’épaisseur. Elle embarque le calibre manuel M18.69, avec environ 50 heures de réserve de marche. Son cadran porte un camée en agate peint représentant Minerve. Le prix n’a pas été communiqué. |
Dix-huit exemplaires. Pas un de plus. La Minerva Exo Tourbillon Skeleton Limited Edition 18 fait partie des premières grandes complications signées Minerva seule, sans le nom Montblanc sur le cadran. Pour l’occasion, la manufacture de Villeret a choisi un ornement que l’on voit rarement sur une montre à tourbillon : un camée. C’est une vraie pierre, une agate bleue et blanche sculptée puis peinte pour faire apparaître le profil de Minerve, la déesse romaine dont la maison porte le nom. Le même genre de bijou que portaient déjà les empereurs romains.
Le choix surprend d’abord. Puis on le comprend. Sous ce décor tourne à découvert l’un des mécanismes les plus singuliers de la haute horlogerie actuelle.

Un camée en agate gravé à l’effigie de Minerve
Votre œil se pose d’abord sur le camée. Il occupe le cadran ouvert des heures et des minutes, et le tourbillon tourne juste en dessous.
Le clin d’œil à la Rome antique est direct. Auguste et Néron collectionnaient ces petites sculptures en relief, que l’on considérait comme un art de la miniature à part entière. Les élites de l’époque ont suivi l’exemple des empereurs et portaient des camées pour afficher leur fortune et leur raffinement.
La fabrication mêle des gestes anciens et des outils récents. La base est taillée dans une agate bleue travaillée au poli bloqué, une méthode qui donne des surfaces parfaitement planes et des arêtes très nettes. On prêtait autrefois à cette pierre le pouvoir d’aider les orateurs à parler avec clarté, d’où son surnom de « pierre du diplomate ». La maison relie ce détail à la paix, qu’elle compte parmi les domaines de Minerve.
Une seconde couche, en agate blanche, est ensuite encastrée sur cette base. Elle est texturée au laser, gravée à la main, puis confiée à un peintre miniaturiste. Le profil final reprend celui qui figurait sur d’anciennes publicités Minerva. Bref, le motif ne sort pas de nulle part : il vient tout droit des archives de la marque.
| 📌 Repères clés |
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| ⌚ La Minerva Exo Tourbillon Skeleton Limited Edition 18 est produite à seulement 18 exemplaires. 🏛️ Son cadran intègre un camée en agate bleue et blanche représentant la déesse romaine Minerve. ⚙️ Le calibre manuel M18.69 comprend 188 composants, un balancier extérieur de 14,5 mm et environ 50 heures de réserve de marche. 💎 Le mouvement ajouré présente plus de 400 angles rentrants biseautés et polis à la main. 📏 Le boîtier en or rose 18 carats mesure 44,8 mm de diamètre et 15,1 mm d’épaisseur. Aucun prix officiel n’est précisé dans les informations de l’article. |
En 2026, Minerva retrouve son indépendance horlogère
Pour mesurer ce que représente cette pièce, il faut revenir quelques mois en arrière. La manufacture a été fondée en 1858 à Villeret, dans le Jura bernois. Le groupe Richemont l’a rachetée en 2006 et l’a intégrée à Montblanc, et elle a longtemps vécu sous une double signature. En 2026, la page s’est tournée. Minerva est redevenue une marque à part entière, avec ses propres collections, tout en continuant à fournir certains modèles Montblanc. Laurent Lecamp, PDG de Minerva et directeur général de la division horlogère de Montblanc, a résumé la démarche d’une phrase sèche auprès de Tatler Asia : « Notre valeur réside dans notre héritage. » On peut aussi y lire un calcul plus terre à terre : débarrassé d’un nom associé aux stylos et à la maroquinerie, Minerva a les coudées franches pour viser plus haut sur l’échelle des prix.
La première salve, baptisée The Unveiled, a posé les bases plus tôt dans l’année. On y trouvait deux chronographes monopoussoirs, dont l’un, The Unveiled Secret, retourne son mouvement pour exposer la mécanique côté cadran, et une étonnante montre sans couronne, qui se remonte par sa lunette. Une autre Exo Tourbillon Limited Edition 18, en or jaune avec un cadran vert olive, est affichée à 160 000 euros d’après Monochrome Watches. Cela donne un ordre de grandeur. La version squelette dont il est question ici va plus loin encore, et ni le dossier de presse ni les premières publications spécialisées ne mentionnent de prix, de référence ou de date de disponibilité.
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Le bleu persan habille le cadran, le bracelet et le coffret
Le bleu persan revient partout. La manufacture le décrit comme la couleur des yeux de Minerve et rappelle qu’on l’associait à la royauté dans les palais européens. Vous le retrouvez sur le cadran, puis sur le bracelet en alligator à finition semi-mate. La doublure de ce bracelet porte une frise romaine. La boucle triple déployante en or rose 18 carats dispose d’un système de réglage fin, bien pratique quand le poignet change de volume entre l’hiver et l’été.
Le coffret suit la même logique. Taillé dans du noyer, habillé de bleu persan et orné d’une frise romaine, il est pensé pour servir ensuite de boîte à bijoux. Un compartiment cache une loupe d’horloger. Bleue, évidemment.

Un Exo Tourbillon à balancier extérieur de 14,5 mm
Passons au moteur. Montblanc a présenté l’Exo Tourbillon en 2010, après trois années de développement. Le mot « exo » signifie « extérieur » en grec. Il désigne la position du balancier, placé au-dessus de la cage du tourbillon et non à l’intérieur.
Pourquoi le sortir de là ? Sur un tourbillon classique, la cage enferme le balancier, ce qui limite sa taille. Ici, la cage reste petite et légère, donc moins gourmande en énergie, tandis que le balancier prend de l’ampleur. Il mesure 14,5 mm et porte 18 vis de réglage qui ajoutent de la masse à sa périphérie. Le moment d’inertie annoncé atteint 59 mg·cm². Plus d’inertie et un réglage plus fin, cela promet une meilleure précision, du moins sur le papier.
Ce gain se paie à l’assemblage. L’axe du balancier doit être monté avec une tolérance de 5 microns, soit 0,005 mm, et l’opération se fait à la main, à Villeret. L’ensemble repose sur un pont à un seul bras placé à 6 heures. Aligner et fixer une pièce aussi fine sans qu’elle fléchisse demande une vraie maîtrise.
La cage fait un tour par minute et sert donc d’indicateur des secondes. Le calibre maison M18.69, à remontage manuel, réunit 188 composants et 19 rubis. Il fonctionne à 2,5 Hz et offre environ 50 heures de réserve de marche. Son spiral est doté d’une courbe terminale Phillips, un classique des montres soignées, qui aide le spiral à « respirer » de façon régulière et donc à mieux tenir l’heure. L’idée d’ajourer ce mouvement n’est d’ailleurs pas nouvelle : en 2020, Montblanc avait déjà proposé une Star Legacy Exo Tourbillon Skeleton limitée à huit pièces, affichée autour de 160 000 dollars, comme le rapportait SJX.

Plus de 400 angles rentrants polis à la main
Ici, le travail d’ajourage atteint un autre niveau. Platine et ponts sont en maillechort (un alliage de cuivre, de nickel et de zinc) ruthénié anthracite, ajourés, décorés de côtes des deux côtés et chanfreinés à la main. On compte plus de 400 angles rentrants, ces creux en V où deux arêtes se rejoignent vers l’intérieur, biseautés et polis à la main. Aucune machine ne sait faire ce type d’angle proprement, et les horlogers le rangent parmi les finitions les plus difficiles. Le polissage miroir complète l’ensemble.
Le tourbillon est cerclé d’un cadre doré à l’or rose, gravé d’une frise romaine. Au sommet de la cage, le nom « Minerva » est gravé puis rempli de laque bleue. La cage elle-même, polie miroir, porte le chiffre 10 en écriture sumérienne. Un détail discret, que la maison n’explique pas.
À 4 heures, une plaque dorée à l’or rose affiche « XVIII ». Ce chiffre rappelle le tirage de dix-huit pièces, lui-même lié à l’année de fondation, 1858.
La lunette cannelée Minerva apparaît sur l’Exo Tourbillon
C’est une première. Jamais une Exo Tourbillon n’avait reçu la lunette cannelée qui signe Minerva depuis 1927. Elle est en or rose 18 carats, tout comme le boîtier poli. Le diamètre atteint 44,8 mm pour 15,1 mm d’épaisseur. Une glace saphir bombée traitée antireflet sur ses deux faces protège le cadran, et un fond saphir dévoile le mouvement. La couronne porte la flèche de Minerve. L’étanchéité plafonne à 30 mètres, et la montre passe le test de 500 heures du Laboratoire Minerva.
Soyons francs. Avec presque 45 mm de diamètre et plus de 15 mm d’épaisseur, cette montre ne se glissera pas sous n’importe quelle manchette. Elle s’adresse à des collectionneurs qui veulent un objet d’art horloger autant qu’un instrument. Pour cette clientèle, la proposition tient debout : une complication brevetée rarement vue, des finitions faites à la main et un décor qui assume pleinement son goût pour l’Antiquité.
Minerva aurait pu marquer son retour avec un modèle sage. La manufacture a préféré une pièce exigeante et franchement à contre-courant. C’est sans doute la meilleure façon de rappeler ce que Villeret sait faire.



