| La Nike Air Max Plus « Glasgow » est une édition de la TN prévue pour la saison automne-hiver 2026. Son coloris noir et Safety Orange rend hommage au cône de signalisation posé sur la statue du duc de Wellington à Glasgow. La paire porte la référence IX7920-001. Sa date de sortie et son prix restent non confirmés. |
Un cône de chantier sur la tête d’un duc en bronze. À Glasgow, plus personne ne s’en étonne depuis quarante ans. Nike, lui, en a tiré une chaussure. La Nike Air Max Plus « Glasgow » arrive pour l’automne-hiver 2026 dans un coloris noir et « Safety Orange », en hommage à la plus célèbre facétie de la ville écossaise.
Je te plante le décor.

Devant la Gallery of Modern Art, sur Royal Exchange Square, se dresse la statue équestre d’Arthur Wellesley, duc de Wellington, vainqueur de Waterloo. Bronze sévère, monture impassible, regard tourné vers l’horizon. Au début des années 1980, des noctambules un peu éméchés lui ont posé un cône de signalisation sur le crâne. La plaisanterie aurait pu durer une nuit. Elle est devenue un rituel.
Les autorités ont retiré les cônes. Ils sont revenus. En 2013, la mairie a même envisagé de rehausser le socle pour décourager les grimpeurs. Les habitants ont protesté, des milliers de signatures ont afflué en ligne et le projet a vite été abandonné. Aujourd’hui, le duc et son couvre-chef orange ornent les cartes postales et les aimants des boutiques de souvenirs.

Certains parlent de vandalisme. Les Glaswegiens y voient leur humour. Pince-sans-rire, frondeur, un brin insolent.
Avoue que c’est plus drôle qu’une plaque commémorative.
Nike n’a pas cherché à surjouer. Le cône orange apparaît brodé à l’arrière de la languette et en graphisme sur l’écusson de la languette droite. Au centre de chaque languette, le mot « Glasgow » s’affiche sans détour. Le clin d’œil le plus savoureux se cache plus bas : la bulle Air du talon porte l’inscription « Mad wae it ». En argot écossais, cette expression désigne quelqu’un de franchement ivre. Rond comme une queue de pelle, auraient dit nos grands-parents. La marque pousse le jeu jusque dans sa fiche produit, qui détourne son propre slogan en « Just Dae It ».
Le reste tient en deux couleurs.

Du noir sur la partie haute. Et du « Safety Orange », cet orange de sécurité des gilets fluo et des plots de chantier, sur la moitié basse de l’empeigne. La teinte monte en dégradé à l’intérieur d’un motif abstrait inspiré des nuits blanches des années 1990, ces fêtes clandestines organisées dans des hangars où la jeunesse écossaise refaisait le monde jusqu’à l’aube.
Les fameuses baleines de la TN, ces arêtes qui ondulent sur les flancs, conservent leur noir profond. Le contraste fonctionne. Il évoque une route de nuit éclairée par une rangée de balises.
Sobre de loin. Bavarde de près.

Cette paire s’inscrit dans une série que Nike présente depuis plusieurs saisons. Saint-Denis, Brixton et Berlin ont ouvert la marche, puis Marseille, Naples, Manchester et Lisbonne ont reçu leur modèle Air Max Plus. Le choix de ces villes n’a rien d’arbitraire. Depuis sa sortie en 1998 sous le crayon de Sean McDowell, la TN a trouvé ses fidèles loin des vitrines branchées. À Marseille, on la surnomme « la Requin ». À Naples, elle accompagne les supporters jusqu’aux tribunes du stade Diego-Armando-Maradona. À Glasgow, elle chausse depuis longtemps les fans de football et les fêtards du samedi soir.
Nike ne s’invente pas une légitimité. La marque la cherche là où sa chaussure est déjà adoptée.

Le concept n’est d’ailleurs pas une idée neuve chez Nike. En 2019, l’Air Max 90 « Glasgow » conçue en collaboration avec le collectif The Basement arborait déjà une languette orange en hommage au duc. La différence est significative : il y a sept ans, Nike passait par un relais local pour s’adresser à la ville ; aujourd’hui, la marque agit seule, et Glasgow devient une étape de plus dans un catalogue bien rodé.
Ces éditions locales s’adressent d’abord à ceux qui arpentent la ville. Elles deviennent ensuite des pièces convoitées par tous les autres.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

La paire porte la référence IX7920-001. Pour l’instant, Nike n’a communiqué aucune date de sortie ni aucun tarif. Notre pari, faute d’annonce officielle, est la fin novembre, autour de la Saint-André, fête nationale écossaise célébrée le 30 du mois. Le calendrier aurait du sens. Lancer une paire aussi écossaise le jour du saint patron du pays serait un geste que les locaux sauraient apprécier.
Côté France, mieux vaut ne pas trop compter sur SNKRS. La sortie devrait se faire en priorité, voire exclusivement, via les canaux Nike au Royaume-Uni (à vérifier), et rien ne garantit qu’elle passera par l’application française. Pour le prix, les éditions Naples et Lisboa étaient affichées à 185 dollars aux États-Unis : il faut tabler en France sur une fourchette estimée entre 189 et 199 euros, sans confirmation de la part de Nike. Si la paire reste cantonnée au marché britannique, il faudra passer par les détaillants anglais qui livrent l’Europe, en intégrant les droits de douane et la TVA à l’import depuis le Brexit, ou guetter les boutiques de revente françaises, où les éditions Naples et Lisboa ont déjà fait surface.

Notre conseil : surveillez l’application SNKRS, le site Nike UK et les boutiques spécialisées dès les premiers jours de novembre. Les stocks risquent de fondre rapidement, surtout outre-Manche.
Et si tu passes un jour par Royal Exchange Square, lève les yeux. Le duc portera sûrement son cône. Toi, tu l’auras aux pieds.





