Alpina prend le large avec deux montres inédites taillées pour la Route du Rhum 2026

Entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, Alpina mesure la Route du Rhum 2026 avec deux montres limitées qui puisent leur identité dans les courants, le soleil et l’endurance.

Par
Vincent Mechet
Pigiste spécialisé en horlogerie, Vincent Méchet décrypte l’univers des montres avec précision et passion. Entre savoir-faire traditionnel et innovations, il met en lumière aussi bien les...
12 Minutes de lecture
© Photo : Alpiner
Alpina dévoile deux montres pour la Route du Rhum 2026 : la Seastrong Diver Extreme Automatic, limitée à 313 exemplaires, et l’Alpiner Extreme Solarmetre, limitée à 513 exemplaires. La course s’élance de Saint-Malo le 1er novembre 2026 vers Pointe-à-Pitre. Alpina occupe le rôle de Chronométreur Officiel de l’épreuve, dans la continuité de son partenariat avec le skipper Éric Péron, ambassadeur de la marque depuis 2021.

Il y a des rendez-vous que les manufactures horlogères n’aiment pas manquer. La Route du Rhum en fait partie depuis longtemps pour Alpina, et l’édition 2026 ne fera pas exception. La marque genevoise vient de dévoiler deux montres pensées spécialement pour cette treizième traversée en solitaire, et le choix n’a rien d’anodin : une Seastrong Diver Extreme Automatic et une Alpiner Extreme Solarmetre, chacune limitée à quelques centaines d’exemplaires. Deux pièces, deux approches, un même terrain de jeu : l’Atlantique.

📌 Repères clés
⛵ La Route du Rhum 2026 partira de Saint-Malo le 1er novembre à destination de Pointe-à-Pitre.
🌊 La Seastrong Diver Extreme Automatic Route du Rhum est limitée à 313 exemplaires et étanche jusqu’à 300 mètres.
☀️ L’Alpiner Extreme Solarmetre est limitée à 513 exemplaires et utilise un mouvement alimenté par la lumière.
🔋 La Solarmetre peut fonctionner dix mois sans lumière après une charge complète.

La Route du Rhum 2026 s’élancera le 1er novembre de Saint-Malo

La Route du Rhum – Destination Guadeloupe s’élancera de Saint-Malo le 1er novembre 2026, cap sur Pointe-à-Pitre. L’objectif affiché par les organisateurs est de faire tomber le précédent record, établi à 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait ce qu’il représente en tension permanente pour un marin seul à bord, jour et nuit, sur plusieurs milliers de kilomètres d’océan.

Alpina endosse pour cette édition le rôle de Chronométreur Officiel, une fonction qu’elle occupait déjà lors de l’Arkea Ultim Challenge – Brest. Ce n’est donc pas une incursion opportuniste dans le monde de la voile, mais la continuité d’un lien tissé depuis plusieurs années, notamment autour du skipper français Éric Péron, ambassadeur de la maison depuis 2021 et vainqueur de la Transat AG2R La Mondiale en 2012, régulièrement placé dans le top 10 de courses comme la Route du Rhum ou la Solitaire du Figaro. OC Sport Pen Duick, organisateur de l’épreuve, évoque de son côté un partenariat fondé sur des valeurs communes de précision et d’engagement entre l’horlogerie et le monde du large – la formule a le mérite de la cohérence avec le discours qu’Alpina tient depuis des années sur ce terrain.

La Seastrong Route du Rhum associe cadran turquoise et étanchéité à 300 mètres

Alpina prend le large avec deux montres taillées pour la Route du Rhum 2026
Alpiner Seastrong Diver Extreme Automatic édition Route du Rhum 2026 – © Photo : Alpiner

Commençons par la pièce la plus attendue des amateurs de montres de plongée. La Seastrong Diver Extreme Automatic édition Route du Rhum se limite à 313 exemplaires, un clin d’œil direct à la treizième édition de la course. Le cadran change de registre : pour la première fois sur ce modèle, il adopte une teinte turquoise, gravée d’un motif représentant les courants atlantiques que les concurrents devront affronter pour rallier la Guadeloupe.

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Le boîtier reste fidèle à l’identité de la collection : 39 x 40,5 mm en acier, forme coussin reconnaissable entre mille. Trois détails viennent renforcer le propos nautique de la pièce. D’abord, la lunette bidirectionnelle affiche les quatre points cardinaux ainsi qu’une graduation à 360°, en référence directe à la boussole, premier outil de navigation hauturière. Ensuite, le fond de boîtier est gravé du tracé exact de la route reliant Saint-Malo à l’archipel des Caraïbes. Enfin, dans le guichet de date, le chiffre 13 s’affiche en rouge, histoire de ne pas oublier l’édition à laquelle cette pièce rend hommage.

Côté résistance, rien n’a été laissé au hasard. L’étanchéité grimpe à 300 mètres, la lunette reçoit un insert en carbone, et la couronne vissée bénéficie d’un grip caoutchouc pensé pour être manipulé même avec des mains mouillées ou gantées. Le bracelet, en caoutchouc texturisé effet Cordura, reprend les couleurs turquoise et noir du cadran, un rappel assumé des eaux caribéennes. Le mouvement automatique reste celui déjà connu sur la ligne Seastrong Diver Extreme, avec une réserve de marche de 38 heures cadencée à 28 800 alternances par heure – rien de neuf sur le plan mécanique, l’essentiel du travail portant ici sur l’habillage.

Alpina prend le large avec deux montres taillées pour la Route du Rhum 2026
Alpiner Seastrong Diver Extreme Automatic édition Route du Rhum 2026 – © Photo : Alpiner

L’Alpiner Extreme Solarmetre promet dix mois d’autonomie sans lumière

Changement de registre avec l’Alpiner Extreme Solarmetre, éditée à 513 exemplaires. Ici, il n’est plus question de plongée mais d’endurance, et la technologie mise en avant tranche avec le reste de la production actuelle : un mouvement à énergie solaire, capable en théorie d’une réserve de marche quasiment illimitée tant que la montre reçoit de la lumière, naturelle ou artificielle.

Le principe repose sur un cadran translucide qui, malgré sa teinte unie, laisse passer les rayonnements lumineux. Ceux-ci alimentent une batterie cachée sous la surface, qui anime à son tour les aiguilles des heures, des minutes, des secondes et la fonction date. Pour se vider complètement, il faudrait dix mois d’obscurité totale. À l’inverse, une seule minute d’exposition suffit à recharger l’énergie nécessaire à une journée entière de fonctionnement, et dix secondes suffisent pour remettre la montre en service après une coupure prolongée. Cette technologie, élaborée conjointement avec le spécialiste horloger La Joux-Perret, se loge dans un boîtier acier de 37,5 mm, unisexe, étanche à 10 ATM.

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L’Alpiner Extreme Solarmetre reprend plusieurs codes visuels de sa cousine plongeuse : le boîtier coussin caractéristique de la marque, la lunette à insert carbone, la couleur turquoise sur le réhaut, ainsi qu’un bracelet en caoutchouc assorti. Même le fond de boîtier reprend le tracé gravé de la traversée. Deux montres, donc, mais un seul récit horloger, construit autour de l’idée que l’eau et le vent définissent la Seastrong, tandis que le soleil anime l’Alpiner.

Alpina prend le large avec deux montres taillées pour la Route du Rhum 2026
Alpiner Extreme Solarmetre édition Route du Rhum 2026 – © Photo : Alpiner

Alpina prolonge avec la Route du Rhum son histoire sportive en mer

On pourrait se demander pourquoi une manufacture suisse installée à Genève choisit si régulièrement l’océan comme terrain d’expression. La réponse tient en partie à son histoire. Fondée en 1883 sous le nom d’Union Horlogère Suisse, la maison s’est très tôt positionnée sur la robustesse et la résistance extrême, avec des avancées internes en matière d’étanchéité, d’antimagnétisme et de résistance aux chocs. Sa première montre de plongée, baptisée simplement Seastrong, date des années 1960 et a directement inspiré la collection actuelle.

Depuis, la marque a construit son discours autour de trois univers bien identifiés : l’air avec la collection Startimer, la mer avec la Seastrong, la terre avec l’Alpiner. En 2016, le groupe Frédérique Constant, dont Alpina fait partie, a rejoint le groupe japonais Citizen, ce qui lui a permis d’accélérer son développement à l’international sans renier son ADN sportif. Le soutien à des skippers comme Éric Péron s’inscrit dans cette logique : associer l’image de la marque à des figures qui incarnent concrètement l’endurance et la prise de risque, plutôt que de se contenter d’un discours marketing hors sol.

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Pour la petite histoire, Éric Péron avait déjà porté un modèle Seastrong Diver Extreme Automatic dédié lors de l’Arkea Ultim Challenge – Brest en 2024, où il avait terminé cinquième d’une course qui a marqué les esprits par sa difficulté. Cette fois, le skipper s’apprête à prendre le départ de la Route du Rhum 2026 à bord d’un trimaran Orma, dans la catégorie Vintage Multi, aux côtés d’autres figures de la course au large.

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Alpina prend le large avec deux montres taillées pour la Route du Rhum 2026
Alpiner Extreme Solarmetre édition Route du Rhum 2026 – © Photo : Alpiner

Les éditions Route du Rhum rapprochent montre sportive et usage réel

Au-delà de l’anecdote sportive, ces deux lancements révèlent une tendance de fond dans l’horlogerie contemporaine. Les marques cherchent de plus en plus à ancrer leurs pièces dans un usage réel, documenté, vérifiable, plutôt que de vendre uniquement une esthétique d’aventure. Une montre qui accompagne effectivement un marin en pleine course a une légitimité que ne peut pas revendiquer une pièce purement décorative.

La technologie solaire, de son côté, s’inscrit dans un mouvement plus large de l’industrie vers des solutions hybrides entre mécanique traditionnelle et innovations énergétiques. Alpina n’est pas la première à explorer cette voie, mais elle le fait ici avec un argument concret : l’autonomie devient un atout pour un usage sportif prolongé, loin de toute prise électrique.

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Reste la question du prix et de la disponibilité, deux éléments encore flous à l’heure où ces lignes sont écrites – on peut légitimement s’étonner qu’Alpina communique en détail sur la gravure du fond de boîtier sans donner le prix de vente. Les précédents modèles Seastrong Diver Extreme Automatic se positionnaient généralement autour de 2 000 francs suisses, un repère qui donne une idée de la fourchette probable pour cette édition limitée – à situer, pour comparaison, dans la gamme des montres de plongée suisses d’entrée à moyenne gamme, aux côtés d’une Oris ou d’une Longines Hydroconquest.

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