La BAPE STA revient et n’a rien oublié de son insolence passée

BAPE remet en circulation une silhouette restée gravée dans la mémoire du streetwear, entre nostalgie assumée et puissance graphique intacte.

Par
Stéphane Leonelli
Stéphane Leonelli est rédacteur numérique chez Essential Homme, où il se spécialise dans le domaine des sneakers. Son parcours professionnel comprend également la couverture de la...
5 Minutes de lecture
© Photo : BAPE

La BAPE STA orchestre son grand retour en rééditant quatre de ses coloris les plus emblématiques des années 2000. Fidèle à sa silhouette d’origine, à sa finition vernie unique et à son ADN profondément ancré dans la culture Ura-Harajuku, la sneaker iconique de Nigo s’impose à nouveau comme la pièce maîtresse du vestiaire urbain de ce printemps 2026. Une réédition sans concession qui s’adresse autant aux nostalgiques de l’âge d’or du hip-hop qu’aux collectionneurs avertis.

La BAPE STA revient et n'a rien oublié de son insolence passée
© Photo : BAPE

Revenons un instant aux origines. La marque est née en 1993 à Harajuku, à Tokyo, sous l’impulsion de Nigo (de son vrai nom Tomoaki Nagao), qui a d’abord ouvert une petite boutique baptisée Nowhere avec le créateur Jun Takahashi. La marque tire son nom d’une expression japonaise ironique désignant une jeunesse dorée qui se prélasse dans un confort excessif. Tout un programme ! Dès la fin des années 1990, BAPE s’impose comme le cœur battant de la culture Ura-Harajuku, cette scène branchée des ruelles de Tokyo qui fascine le monde entier.

La BAPE STA apparaît pour la première fois en 2000. Avec son logo en forme d’étoile filante courant le long de la tige, sa finition vernie et ses coloris volontairement excessifs, cette sneaker affiche une intention à chaque détail. Elle attire très vite l’attention des stars — Kanye West, Pharrell Williams, Jay-Z — qui la portent et la propulsent bien au-delà des rues de Tokyo. C’est peut-être la première fois qu’une sneaker japonaise parvient à s’imposer aussi frontalement dans le vestiaire du hip-hop américain.

La BAPE STA revient et n'a rien oublié de son insolence passée
© Photo : BAPE

Aujourd’hui, BAPE propose un retour aux sources assumé. Quatre coloris, quatre humeurs, au prix de 299 € la paire. Le premier, marron/rose/beige, joue la carte de la nostalgie avec une palette de couleurs évoquant les glaces « Neapolitan », ce trio chocolat-vanille-fraise que l’on connaît depuis l’enfance. Le deuxième, vert/gris/orange, évoque une esthétique militaire revisitée, avec des tons olive conçus pour la rue plutôt que pour le champ de bataille. Viennent ensuite le rose/jaune pastel/bleu pastel, directement sorti de l’ère « Cotton Candy » du milieu des années 2000, et le rouge/bleu/jaune, une palette primaire issue des archives de 2005, presque enfantine dans son audace graphique. Ces quatre versions partagent la même finition vernie caractéristique de la BAPE STA, cette brillance qui les rend immédiatement reconnaissables sur n’importe quel trottoir.

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La BAPE STA revient et n'a rien oublié de son insolence passée
© Photo : BAPE

BAPE ne réinvente rien ici. La marque fait quelque chose de plus difficile : elle assume pleinement son passé, sans chercher à le réécrire pour plaire au moment présent. La réédition reste fidèle aux formes originales, sans retouche excessive. C’est rare. La mode a souvent la mémoire sélective.

Fondée il y a plus de trente ans, la marque compte aujourd’hui plus de quarante boutiques à travers le monde et continue de décliner son univers bien au-delà de la sneaker : vêtements, art, mobilier, objets de lifestyle. La marque a également développé plusieurs lignes parallèles, dont AAPE by A Bathing Ape®, BAPE BLACK® ou encore BAPY®. Autant de territoires qui témoignent d’une ambition qui ne s’est jamais limitée à la chaussure.

La BAPE STA revient et n'a rien oublié de son insolence passée
© Photo : BAPE

Alors oui, la BAPE STA revient. Et si vous vous demandez si ce retour est justifié, posez-vous plutôt cette question : avez-vous déjà vu une paire de baskets aussi identifiable à dix mètres de distance ? Certaines silhouettes n’ont pas besoin d’être réinventées. Elles ont juste besoin d’être remises en circulation.

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