La mission OSIRIS-REx de la NASA revient triomphalement et offre des indices sur nos origines solaires

Par
Olivier Delavande
Fils d’un pĂšre français et d’une mĂšre vietnamienne, Olivier Delavande a baignĂ© dans une double culture qui a façonnĂ© sa curiositĂ© et son ouverture d’esprit dĂšs...
7 Minutes de lecture
Concept artistique du vaisseau spatial OSIRIS-REx de la NASA collectant un Ă©chantillon de l’astĂ©roĂŻde Bennu - © NASA

La mission OSIRIS-REx de la NASA a franchi une Ă©tape importante en s’enflammant et en descendant. Aujourd’hui, aprĂšs avoir parcouru une distance stupĂ©fiante de 1,2 milliard de kilomĂštres depuis l’astĂ©roĂŻde Bennu, la capsule scientifique de la sonde est revenue sur Terre. En traversant notre atmosphĂšre Ă  une vitesse vertigineuse de 27 000 km/h, elle a apportĂ© des rĂ©ponses potentielles Ă  certaines des questions les plus Ă©nigmatiques de l’univers.

PrĂ©lĂšvement de poussiĂšre d’étoiles et de secrets

Lancée il y a une demi-décennie, en 2016, la mission avait pour objectif ambitieux de prélever des matériaux sur un astéroïde, matériaux susceptibles de révéler les secrets du systÚme solaire naissant.

“Les missions sur les petits corps comme OSIRIS-REx cherchent Ă  explorer la multitude d’astĂ©roĂŻdes dans notre systĂšme solaire, en fournissant des informations sur sa formation et son Ă©volution”, a dĂ©clarĂ© Melissa Morris, responsable du programme de la mission. Elle a Ă©galement soulignĂ© l’importance de cette mission, affirmant qu’elle offre l’opportunitĂ© de dĂ©couvrir “notre propre histoire d’origine”.

Le retour de la capsule a Ă©tĂ© minutieusement coordonnĂ©. En utilisant des parachutes pour ralentir sa descente, elle s’est posĂ©e sur le terrain d’essai et d’entraĂźnement de l’Utah du ministĂšre de la dĂ©fense. Ce vaste site, qui constitue l’espace aĂ©rien restreint le plus Ă©tendu des États-Unis, a dĂ©jĂ  accueilli d’autres missions de la NASA, telles que Genesis et Stardust.

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Pour l’équipe d’OSIRIS-REx, la prĂ©cision a Ă©tĂ© le mot d’ordre. Sandra Freund, responsable du programme de la mission, a soulignĂ© les difficultĂ©s rencontrĂ©es lors de la phase prĂ©paratoire Ă  la collecte d’échantillons en 2020. “La mise en orbite de Bennu et l’atterrissage pour rĂ©cupĂ©rer notre Ă©chantillon ont exigĂ© une prĂ©cision de navigation extraordinaire. Nous Ă©tions Ă  moins d’un mĂštre de notre cible”, a-t-elle dĂ©clarĂ©.

Peu aprĂšs l’atterrissage de la capsule, une Ă©quipe de rĂ©cupĂ©ration a hĂ©liportĂ© le prĂ©cieux Ă©chantillon hors du paysage dĂ©sertique de l’Utah. Avec beaucoup de prĂ©cautions, il sera transportĂ© dans une salle blanche dĂ©signĂ©e pour un dĂ©sassemblage prĂ©liminaire. Cette opĂ©ration permettra de protĂ©ger l’inestimable matĂ©riau de l’astĂ©roĂŻde de la contamination atmosphĂ©rique terrestre.

La mission OSIRIS-REx de la NASA revient triomphalement et offre des indices sur nos origines solaires
La capsule OSIRIS-REx atterrit dans le dĂ©sert de l’Utah – © NASA/Keegan Barber

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Combler le fossé entre les étoiles et la vie

Mais pourquoi cet Ă©chantillon d’astĂ©roĂŻde est-il si important pour les scientifiques ?

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Dante Lauretta, chercheur principal d’OSIRIS-REx, nous Ă©claire : “Notre objectif est de dĂ©chiffrer les traces de chimie molĂ©culaire organique. Nous cherchons Ă  dĂ©terminer si des Ă©lĂ©ments vitaux pour nos fonctions biologiques actuelles, tels que les acides aminĂ©s et les acides nuclĂ©iques, sont nĂ©s dans d’anciens corps d’astĂ©roĂŻdes et ont ensuite Ă©tĂ© livrĂ©s Ă  la Terre.”

Cela peut sembler fantaisiste Ă  certains, mais l’hypothĂšse selon laquelle des composĂ©s essentiels Ă  la vie auraient Ă©tĂ© apportĂ©s sur Terre par des corps cĂ©lestes n’est pas nouvelle. Elle ne suggĂšre pas que la vie est apparue ailleurs, mais plutĂŽt que les prĂ©curseurs de la vie ont pu ĂȘtre transportĂ©s sur notre planĂšte par des astĂ©roĂŻdes.

Bien que les mĂ©tĂ©orites aient servi de sujets de recherche essentiels par le passĂ©, elles prĂ©sentent des limites. Ces fragments spatiaux, lorsqu’ils traversent l’atmosphĂšre terrestre, peuvent facilement ĂȘtre contaminĂ©s, ce qui jette le doute sur les rĂ©sultats obtenus.

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GrĂące Ă  la mission OSIRIS-REx, nous pourrions enfin avoir accĂšs Ă  un Ă©chantillon intact de l’espace.

La mission OSIRIS-REx de la NASA revient triomphalement et offre des indices sur nos origines solaires
© NASA

Un effort de collaboration pour dĂ©couvrir l’inconnu

Alors que la NASA s’est aventurĂ©e en terrain inconnu avec cette mission, l’agence spatiale japonaise, la JAXA, a jouĂ© un rĂŽle de pionnier avec ses missions Hayabusa. L’esprit de collaboration entre ces missions est Ă©vident, les deux Ă©quipes travaillant dans le but commun de comprendre l’immensitĂ© de l’espace.

La comparaison d’échantillons provenant de diffĂ©rents astĂ©roĂŻdes offrira aux chercheurs une myriade de perspectives, permettant une comprĂ©hension plus large et plus nuancĂ©e de notre univers. “Il s’agit d’une entreprise collective”, a dĂ©clarĂ© Lauretta, soulignant l’effort mondial.

Remonter le temps avec des Ă©chantillons d’astĂ©roĂŻdes

L’exploration des astĂ©roĂŻdes propulse les scientifiques dans le passĂ©. On pense que ces corps cĂ©lestes remontent Ă  l’enfance du systĂšme solaire. Bennu, l’astĂ©roĂŻde cible d’OSIRIS-REx, contient potentiellement des matĂ©riaux datant d’environ 4,5 milliards d’annĂ©es.

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Alors que la nature dynamique de la Terre a effacĂ© une grande partie de son histoire ancienne, les astĂ©roĂŻdes se dressent comme des sentinelles du temps, portant en eux les rĂ©cits de la naissance de l’univers.

Lauretta a rĂ©sumĂ© ce sentiment avec Ă©loquence : “Lorsque vous Ă©tudiez les astĂ©roĂŻdes, vous voyagez jusqu’à l’aube du systĂšme solaire.”

Le voyage continue

AprĂšs avoir achevĂ© sa mission principale, OSIRIS-REx ne se retire pas. Il se lancera dans une nouvelle aventure pour Ă©tudier Apophis, un astĂ©roĂŻde de renom. Lauretta se rĂ©jouit du survol rapprochĂ© d’Apophis en 2029, qui pourrait offrir un spectacle visuel rare aux habitants de la Terre.

Pendant ce temps, l’échantillon de Bennu attend son heure sous les feux de la rampe au Centre spatial Johnson de la NASA. Pour Lauretta et l’équipe, il s’agit d’une fin triomphale et d’un nouveau dĂ©part passionnant.

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Il rĂ©sume les sentiments de l’équipe : “AprĂšs plus d’une dĂ©cennie de planification, de conception et d’exĂ©cution, nous sommes sur le point de comprendre les profonds secrets que recĂšle cette capsule.”

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