Cent ans de la Rolex Oyster, l’épopée d’une icône horlogère s’expose à Shanghai

Au cœur du West Bund Dome de Shanghai, les rouages de la manufacture se dévoilent à travers des pièces de collection d'une rareté absolue et des installations technologiques spectaculaires.

Par
Vincent Mechet
Pigiste spécialisé en horlogerie, Vincent Méchet décrypte l’univers des montres avec précision et passion. Entre savoir-faire traditionnel et innovations, il met en lumière aussi bien les...
11 Minutes de lecture
Le Shanghai West Bund Dome - © Photo : Rolex

L’année 2026 marque un tournant décisif pour Rolex : le centenaire de l’Oyster, première montre-bracelet étanche de l’histoire de l’horlogerie, et l’exposition Oyster Story qui l’accompagne et qui se tient à Shanghai du 10 au 28 juin, sont l’un des événements horlogers les plus attendus de l’année.

1926, l’invention qui transforme durablement l’horlogerie

Tout commence en 1926. Hans Wilsdorf, le fondateur de Rolex, nourrit une conviction qui peut paraître simple, mais qui bouleverse les règles du jeu : une montre-bracelet doit pouvoir résister à l’eau, à la poussière et aux conditions les plus rudes. Jusqu’alors, les montres étaient des instruments vulnérables, facilement endommagés par l’humidité. L’Oyster change tout. Son boîtier hermétique, avec une lunette, un fond et une couronne de remontoir vissés sur la carrure, offre une protection totale que personne n’avait encore réussi à atteindre.

L’idée est radicale, mais Wilsdorf sait qu’une idée ne vaut rien sans preuve. En 1927, il convainc la nageuse britannique Mercedes Gleitze de traverser la Manche avec une Oyster au poignet. La traversée dure plus de dix heures dans une eau froide et hostile, et à l’arrivée, la montre fonctionne parfaitement. À l’arrivée, la montre fonctionne parfaitement. Rolex publie alors une page entière dans le Daily Mail pour annoncer cet exploit. La légende est née.

Cinq ans après la création du boîtier Oyster, la marque franchit une nouvelle étape en 1931 avec l’invention du rotor Perpetual, un système de remontage automatique qui rend la montre pleinement autonome. Précise, étanche et autosuffisante, l’Oyster Perpetual devient une référence absolue que les décennies ne feront qu’affiner.

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Cent ans de la Rolex Oyster, l'épopée d'une icône horlogère s'expose à Shanghai
Vue aérienne du Shanghai West Bund Dome – © Photo : Rolex

Un siècle de progrès techniques et de modèles devenus icônes

L’Oyster n’est pas restée figée. Du boîtier d’origine sont nées quelques-unes des montres les plus emblématiques de l’histoire : la Submariner, conçue pour la plongée en profondeur ; l’Explorer, portée lors de la première ascension de l’Everest en 1953 ; le Cosmograph Daytona, référence absolue des chronographes de sport ; la GMT-Master, développée avec Pan Am pour les pilotes naviguant entre plusieurs fuseaux horaires. Autant de modèles qui illustrent la capacité de Rolex à concevoir des instruments répondant à des besoins précis, souvent extrêmes.

En 2026, pour les cent ans de l’Oyster, Rolex présentera neuf nouveaux modèles à l’occasion de l’édition 2026 de Watches & Wonders à Genève. L’un d’entre eux retient particulièrement l’attention : l’Oyster Perpetual 41 anniversaire, avec sa lunette bombée et sa couronne en or Rolesor sur boîtier Oystersteel, qui porte l’inscription « 100 Years » à 6 heures, là où figure normalement la mention « Swiss Made ». Un détail discret, mais hautement symbolique. La couronne de remontoir arbore également le chiffre « 100 » en relief. Chez Rolex, on ne force pas l’ostentation : la marque laisse parler les objets.

Cette même année, la marque renforce sa certification Superlative Chronometer. À ses critères traditionnels de précision, d’étanchéité et de réserve de marche, s’ajoutent désormais la résistance au magnétisme, la fiabilité à long terme et la durabilité. Cette évolution en dit long sur les ambitions techniques de la maison genevoise.

Shanghai accueille la célébration mondiale du centenaire

Pour célébrer cet anniversaire de manière mémorable, Rolex a choisi Shanghai. Du 10 au 28 juin 2026, le West Bund Dome, un lieu architectural impressionnant situé dans le district de Xuhui, accueille l’exposition. L’entrée est libre, sur réservation, ce qui témoigne de l’ambition du projet : rendre cet événement accessible au plus grand nombre, et pas seulement aux initiés ou aux collectionneurs fortunés.

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L’exposition se déploie sur plusieurs pavillons consacrés à différents aspects de l’histoire de l’Oyster. Le pavillon principal retrace les origines du boîtier et ses transformations successives, des premières montres de 1926 aux modèles contemporains. On y trouve des pièces de collection rares, des modèles de séries actuelles et des composants horlogers mis en valeur comme autant de preuves tangibles d’un savoir-faire centenaire. Une collection privée, prêtée pour l’occasion par des propriétaires, complète cet ensemble avec des modèles d’époque que le grand public ne voit que rarement.

À l’étage, une centaine de portraits de personnalités emblématiques ayant porté une Rolex accueillent les visiteurs. Des explorateurs, des sportifs, des artistes, des scientifiques : autant de figures qui ont porté une Oyster dans des circonstances hors du commun et dont le parcours illustre mieux qu’un discours ce que la marque entend par « excellence ». Ces personnalités ne sont pas de simples égéries publicitaires : elles ont soumis leurs montres à des conditions que peu d’objets mécaniques pourraient supporter.

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Au cœur du savoir-faire Rolex et de la quête de précision

L’un des espaces les plus attendus de l’exposition est sans doute le pavillon baptisé « SUPERLATIVE ». Rolex y présente, étape par étape, toutes les phases de fabrication d’une montre : la fonte des alliages, l’usinage des composants, la finition du cadran, l’assemblage du mouvement et le contrôle final. Ce panorama n’est pas qu’une vitrine commerciale. C’est une démonstration du niveau d’intégration que très peu de manufactures au monde peuvent revendiquer : Rolex conçoit et produit elle-même l’essentiel de ses composants, de Genève à ses autres sites suisses.

Au centre de ce pavillon, une installation immersive autour de l’horloge atomique optique retient l’attention. Cet instrument de précision extrême définit la seconde grâce à des atomes de rubidium stimulés par laser. Rolex a contribué au développement de cette technologie et l’utilise comme référence pour ses certifications chronométriques. Le voir mis en scène dans un espace muséal permet de comprendre concrètement pourquoi la certification Superlative Chronometer n’est pas qu’un argument marketing.

Un film retraçant l’histoire de l’Oyster est diffusé dans une salle de cinéma. Un film qui, selon les informations disponibles, n’a rien d’une publicité corporative, mais qui recontextualise les grandes étapes de la montre dans le fil de l’histoire humaine : les expéditions polaires, les ascensions himalayennes, les plongées abyssales. Des accomplissements réels et documentés qui donnent du poids à ce que la marque appelle son « héritage ».

La Datejust 28 incarne l’équilibre entre héritage et modernité

Parmi les modèles présentés, l’Oyster Perpetual Datejust 28 occupe une place de choix. Revu en 2026 à l’occasion du centenaire, ce modèle illustre à lui seul la capacité de Rolex à allier finesse formelle et robustesse technique. Disponible en or jaune 18 carats avec cadran laqué Green Stone ou en or Everose avec cadran Blue Stone, il est animé du calibre 2232, un mouvement entièrement développé en interne et certifié Superlative Chronometer. Le cadran présente également les chiffres romains caractéristiques de la Datejust, qui confèrent à ces modèles leur élégance classique.

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La Datejust est sans doute la montre Rolex qui incarne le mieux la continuité de la marque. Lancée en 1945, la première montre-bracelet à afficher la date dans un guichet, elle a traversé les décennies en conservant ses proportions et son langage formel, tout en intégrant les avancées techniques au fil des générations. Ce modèle de 28 mm s’adresse à ceux qui recherchent une montre polyvalente, sans ostentation, mais qui bénéficie d’un siècle d’expertise horlogère.

Cent ans de la Rolex Oyster, l'épopée d'une icône horlogère s'expose à Shanghai
Une vue de l’exposition « Oyster Story » au Shanghai West Bund Dome – © Photo : Rolex

Le point de départ d’une ambition internationale

Le choix de Shanghai n’est pas anodin. La Chine est l’un des marchés horlogers les plus dynamiques au monde et Rolex y dispose d’une clientèle jeune et passionnée. En présentant l’exposition Oyster Story en premier lieu à Shanghai, avant toute autre ville, la marque genevoise affirme clairement sa volonté de regarder vers l’avenir sans jamais tourner le dos à son passé. L’exposition est conçue comme le premier arrêt d’une tournée mondiale dont les prochaines étapes restent à confirmer.

Le West Bund Dome offre un cadre à la hauteur de l’événement : un espace vaste et lumineux, conçu pour les grandes expositions culturelles et les événements d’envergure internationale. Les visiteurs peuvent y accéder en semaine de 10 h à 19 h 30 et jusqu’à 22 h le week-end, sur réservation gratuite. Une logistique pensée pour maximiser l’accessibilité.

Rolex projette déjà l’histoire de l’Oyster vers le futur

Depuis sa fondation, Rolex a déposé plus de 700 brevets. Ce chiffre, mis en perspective avec les cent ans d’histoire de l’Oyster, témoigne d’une recherche permanente qui n’a jamais cessé. L’exposition Oyster Story n’est pas qu’une rétrospective, c’est une affirmation de ce que Rolex entend être pour les cent prochaines années. La certification Superlative Chronometer renforcée en 2026, les neuf nouveaux modèles présentés lors de l’événement Watches & Wonders, les installations immersives de Shanghai : tout converge vers une même idée. La marque ne se contente pas de commémorer un passé figé. Elle l’utilise comme point de départ.

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