Lanzante offre à la Bugatti Bolide son premier passeport pour la route

Sur la piste, elle ne connaît que le chronomètre. Sur la route, Lanzante lui invente une seconde vie, entre radars et passages piétons, sans jamais toucher à son âme de compétition.

Par
Aurélien Ronto
Né au début des années 1990 dans la région parisienne, Aurélien Ronto est un journaliste spécialisé dans l'automobile qui a su transformer sa passion pour les...
7 Minutes de lecture
© Photo : Lanzante

Spécialisée depuis plusieurs années dans la transformation d’hypercars réservées à la piste en voitures capables de rouler sur la voie publique, la firme britannique Lanzante a dévoilé son projet le plus ambitieux à ce jour. Lors du Goodwood Festival of Speed 2026, l’atelier basé à Petersfield a dévoilé son projet le plus ambitieux à ce jour : une Bugatti Bolide homologuée pour la route. Un exercice d’autant plus délicat que cette Bolide n’avait jamais été conçue pour croiser un radar ou s’arrêter à un passage piéton.

Lanzante offre à la Bugatti Bolide son premier passeport pour la route
© Photo : Lanzante
📌 Repères clés
🏁 Présentation – La Bugatti Bolide homologuée par Lanzante a été dévoilée au Goodwood Festival of Speed 2026.
⚙️ Moteur – Le W16 quadriturbo de 8,0 litres et près de 1 600 chevaux demeure presque inchangé.
💡 Conversion – Des phares à LED, des pneus routiers et une suspension assouplie ont été ajoutés.
🛣️ Homologation – Le travail porte notamment sur l’éclairage, les émissions, la visibilité et la protection des piétons.
💎 Rareté – Au moins deux exemplaires seraient concernés, sans tarif ni calendrier de livraison annoncés.

Lanzante ouvre à la Bugatti Bolide les portes de la route

Produite entre 2024 et 2025 à seulement 40 exemplaires, la Bugatti Bolide est l’aboutissement le plus radical du moteur W16 quadriturbo de Bugatti. Chaque unité est sortie de l’atelier de Molsheim sans la moindre habilitation pour circuler sur route ouverte, et uniquement conçue pour le tour de piste. Vendue à l’origine autour de quatre millions d’euros hors taxes, elle affiche aujourd’hui des cotes bien supérieures lors des ventes aux enchères, preuve que la rareté du modèle continue d’attiser les convoitises. Reste que sans plaque d’immatriculation, une telle mécanique demeure prisonnière des circuits fermés. C’est précisément le métier de Lanzante que de lever ce genre de contrainte ; la société a déjà transformé des véhicules aussi extrêmes que la McLaren P1 GTR, la Lamborghini Sesto Elemento ou encore la Porsche 935.

Lanzante offre à la Bugatti Bolide son premier passeport pour la route
© Photo : Lanzante

Des transformations discrètes pour une homologation extrême

Sur la version présentée à Goodwood, la carrosserie en fibre de carbone apparente conserve son design d’origine, recouverte d’une livrée Klaussen très réfléchissante. À première vue, rien ne trahit vraiment la conversion. Il faut y regarder de plus près pour repérer les ajustements apportés par les équipes de Lanzante. La Bolide de piste n’embarquait en effet aucun phare, une configuration logique sur un circuit généralement éclairé. Pour une utilisation sur route, de nouveaux blocs optiques à LED ont donc été intégrés directement dans les motifs en X qui structurent la face avant. La suspension, calibrée à l’origine pour encaisser les vibrations d’un tracé fermé, a également été assouplie pour tolérer les irrégularités de la chaussée et les ralentisseurs. Quant aux pneus slicks Michelin de compétition, dont la durée de vie est limitée à une soixantaine de kilomètres, ils sont remplacés par une gamme homologuée pour la route.

Lanzante offre à la Bugatti Bolide son premier passeport pour la route
© Photo : Lanzante

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Le W16 de 1 600 chevaux reste au cœur de la Bolide

Contrairement à d’autres éléments de la voiture, le bloc moteur n’a pas nécessité de modifications importantes. Le W16 de 8,0 litres quadriturbo qui anime la Bolide est très proche de celui de la Chiron, un modèle déjà homologué pour un usage routier. Sur la version piste, la puissance grimpe à près de 1 600 chevaux, selon Bugatti, et est associée à une boîte à double embrayage à sept rapports. Le poids reste extrêmement contenu : la Bolide affichait à peine plus d’une tonne et demie sur la balance avant conversion, grâce à sa monocoque en fibre de carbone. Un rapport poids-puissance qui explique des performances proches de l’irréel, avec un 0 à 100 km/h expédié en un peu plus de deux secondes selon les données du constructeur.

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© Photo : Lanzante

La route impose ses règles à une hypercar de compétition

La question mérite d’être posée. Une voiture pensée sans concession pour le chronomètre n’a, a priori, que peu de points communs avec les contraintes du quotidien. Dean Lanzante, le dirigeant de la société, explique volontiers que la réglementation britannique laisse une marge de manœuvre assez large sur des points comme la garde au sol ou la fermeté des suspensions, qui relèvent davantage du confort que d’obligations légales strictes. Les vrais points de blocage concernent surtout les émissions polluantes, la visibilité, l’éclairage et la protection des piétons ; des critères sur lesquels Lanzante a donc concentré l’essentiel de son travail. Reste que l’habitacle d’une Bolide, taillé pour la compétition, promet une expérience bien éloignée du confort d’une voiture routière classique. Le futur propriétaire devra sans doute composer avec une position de conduite très typée et un niveau sonore conséquent dès que le régime moteur grimpe.

Lanzante offre à la Bugatti Bolide son premier passeport pour la route
© Photo : Lanzante

Une production routière réservée à quelques collectionneurs

Lanzante travaillerait actuellement sur au moins deux châssis de Bolide destinés à cette conversion, sans toutefois communiquer de calendrier précis quant à la livraison des véhicules ni sur leur tarif. Vu la rareté de la base de départ et la complexité du travail d’ingénierie nécessaire pour faire passer un tel monstre aux contrôles techniques, le nombre d’exemplaires routiers restera de toute évidence extrêmement restreint. De quoi transformer une hypercar déjà rarissime en un objet encore plus confidentiel, réservé à une poignée de collectionneurs prêts à accepter les compromis d’usage qu’impose une mécanique de course rendue légale sur route ouverte.

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