Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026

Un rideau sépare ce qui se révèle de ce qui reste caché. Pour Qixi 2026, Alessandro Michele confie à Wing Shya, complice de Wong Kar-wai, le soin de filmer trois silhouettes qui ne se parlent jamais vraiment.

Par
Duc Tran
Duc TRAN
Éditeur en chef
Après s'être formé en langues (anglais et vietnamien) et en économie internationale, Duc TRAN pivote vers le journalisme, porté par sa passion pour l'écriture. C'est une...
5 Minutes de lecture
© Photo : Wing Shya (Valentino)

Pour le festival Qixi 2026, Valentino délaisse les grandes déclarations au profit d’une romance silencieuse mise en scène par Wing Shya. Dans une librairie baignée de lumière tamisée, Lars Huang, Yidan Huang et Zen Yue composent un récit d’attente et de désir autour des sacs Panthea, DeVain et de la ligne Rockstud.

Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)

Vous connaissez peut-être le festival Qixi sans le savoir. Cette célébration traditionnelle chinoise, souvent surnommée la Saint-Valentin d’Asie, puise ses origines dans une légende ancienne racontant l’histoire de deux amants condamnés à ne se retrouver qu’une fois par an. Voilà un sujet qui pourrait facilement virer au sentimentalisme appuyé. Alessandro Michele, le directeur artistique de la maison romaine, a choisi l’inverse. Au lieu d’illustrer l’amour par de grands gestes, il a préféré filmer son absence, son attente, sa promesse jamais totalement tenue.

Pour donner corps à cette idée, il a fait appel à Wing Shya, photographe et artiste visuel dont le nom résonne particulièrement fort en Asie. Sa collaboration de longue date avec le cinéaste Wong Kar-wai lui a valu une reconnaissance internationale, et son regard transforme le silence en matière visuelle. Il n’est donc pas étonnant que Valentino l’ait choisi pour cette campagne pensée comme une succession d’instants suspendus plutôt que comme une déclaration.

Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)

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L’histoire se déroule dans une librairie. Pas n’importe laquelle : un lieu feutré, presque irréel, où les rayonnages deviennent des refuges et les recoins, des promesses. Trois figures s’y croisent. Lars Huang, chanteur et acteur chinois déjà proche de la maison, apparaît aux côtés des mannequins Yidan Huang et Zen Yue. Aucun d’entre eux ne se parle vraiment. Leurs trajectoires se frôlent, s’éloignent et se retrouvent parfois, sans qu’un lien ne soit jamais totalement explicité.

Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)

Un rideau sépare deux espaces dans les images. D’un côté, ce qui se révèle ; de l’autre, ce qui reste caché. Cette frontière matérielle raconte, à sa façon, ce que la fête de Qixi célèbre depuis des siècles : la tension entre ce que l’on désire et ce que l’on n’a pas encore obtenu. Wing Shya joue avec les flous, la lumière tamisée et les textures un peu rêveuses, brouillant ainsi la limite entre le réel et l’imaginaire.

Derrière cette atmosphère contemplative, la maison met évidemment en avant des pièces bien concrètes. La campagne met en lumière plusieurs modèles de la collection Valentino Pré-automne 2026, à commencer par les sacs Valentino Garavani Panthea et Valentino Garavani DeVain. Ces deux modèles, déjà identifiés comme des incontournables du vestiaire de la marque, sont associés à des chaussures de la ligne Rockstud, signature historique de Valentino depuis plus d’une décennie.

Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)

Le choix de ces accessoires n’est pas anodin. Les modèles Panthea et DeVain incarnent une élégance discrète, presque architecturale, qui correspond parfaitement à l’esthétique feutrée de la campagne. Selon Valentino, porter ces sacs, c’est accepter une forme de retenue élégante plutôt qu’une ostentation facile.

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Fondée à Rome en 1960 par Valentino Garavani et Giancarlo Giammetti, la maison a toujours entretenu un rapport particulier à l’émotion et à l’artisanat. Aujourd’hui dirigée par Riccardo Bellini (président-directeur général) et par Alessandro Michele (directeur artistique), la maison continue d’explorer cette veine sensible qui a fait sa réputation, entre haute couture et prêt-à-porter.

Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)

Ce qui frappe en observant cette campagne Qi Xi 2026, c’est la cohérence avec la vision que Michele impose depuis son arrivée. Il ne cherche pas à surprendre par l’excès, mais par la nuance. Chaque image ressemble à une phrase inachevée, laissée en suspens volontairement pour que chacun y projette sa propre histoire.

Reste une question, presque personnelle : combien de fois avons-nous croisé quelqu’un dans une librairie, dans le métro ou dans la rue, sans jamais savoir ce qu’aurait pu devenir cette rencontre ? Valentino ne répond pas avec cette campagne. Il se contente de poser la question, avec élégance et sans un mot de trop.

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Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)
Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)
Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)
Valentino murmure l’amour dans sa campagne pour le festival Qixi 2026
© Photo : Wing Shya (Valentino)
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