La Breitling Top Time B01 Eddy Merckx a été produite dans les ateliers de Grenchen, quelques jours seulement avant le grand départ du Tour de France 2026 à Barcelone. Cette pièce en édition limitée rend hommage à Eddy Merckx, surnommé « le Cannibale » dans le monde du cyclisme. Après les éditions Coppi et Bartali lancées l’an dernier, la manufacture suisse poursuit son incursion dans l’univers du cyclisme avec une montre qui reprend jusque dans ses moindres détails l’histoire d’un champion resté indépassable près de cinquante ans après sa dernière victoire.

525 victoires gravées dans la logique de l’édition limitée
Eddy Merckx est né le 17 juin 1945 à Meensel-Kiezegem, en Belgique. Sa carrière professionnelle, menée de 1965 à 1978, reste la référence absolue du cyclisme mondial. Sur route, il a remporté 525 victoires, un total record parmi les 625 succès accumulés toutes disciplines confondues (piste et cyclo-cross compris). Son palmarès égrène des records toujours d’actualité : onze grands tours remportés, dont cinq Tours de France, cinq Tours d’Italie et un Tour d’Espagne, soixante-quatre étapes gagnées sur ces mêmes grands tours, trois titres de champion du monde sur route et trente-et-une classiques, dont dix-neuf monuments. Sur la seule Milan-San Remo, la doyenne des classiques italiennes, il s’est imposé sept fois, un record jamais égalé depuis. Il faut également ajouter à cela cinq jours en jaune de plus que quiconque, car il a passé 96 jours au total en tête du classement général du Tour de France, un chiffre qui reste, lui aussi, hors de portée.
Ce sont précisément ces 525 victoires que Breitling a choisi de graver dans le métal. La marque limite en effet sa production à 525 exemplaires, dont le fond de boîte est marqué « One of 525 », rappelant ainsi à chaque propriétaire le rang exact de sa montre dans cette édition. Jean-Marc Pontroué, le PDG de Breitling, ne cache pas son admiration pour le champion belge. Il confie que Merckx incarne cette volonté d’aller toujours plus loin et plus vite, une quête qui trouve un écho naturel dans l’esprit de la collection Top Time.

Le maillot jaune devient langage horloger
Il est impossible de ne pas reconnaître, au premier regard, la référence choisie par les designers de la marque. Le cadran de la Top Time B01 Eddy Merckx est de couleur jaune éclatante, celle du maillot jaune que Merckx a porté plus longtemps que quiconque dans l’histoire du Tour de France. Les compteurs de chronographe, traités en argenté et dessinés selon la forme « squircle » propre à la collection, tranchent avec netteté sur ce fond lumineux. À 6 heures, la signature manuscrite d’Eddy Merckx est disposée en miroir du logo Breitling placé à 12 heures, créant ainsi un dialogue discret entre la marque et l’homme qu’elle célèbre. Sur l’échelle tachymétrique, la mention habituelle laisse place au nom du champion, glissé en orange le long du rehaut.
Le boîtier en acier inoxydable affiche un diamètre de 41 mm pour une épaisseur de 13,3 mm. L’étanchéité atteint 100 mètres, ce qui est largement suffisant pour un usage quotidien, y compris sportif. Le fond ouvert, fermé par une glace saphir vissée, laisse entrevoir le mouvement, sur lequel est gravée l’inscription « Eddy Merckx Tribute » qui entoure le calibre. Deux types de bracelet sont proposés : un bracelet en cuir de veau noir perforé avec des surpiqûres blanches et une doublure jaune, ou un bracelet milanais en acier, fermé par une boucle déployante. Les puristes du genre rétro apprécieront sans doute davantage la version cuir, tandis que les amateurs de robustesse quotidienne se tourneront vers le maillage métallique.

Le calibre B01 donne du fond à l’hommage
Sous le cadran jaune bat le Calibre Manufacture Breitling 01, un mouvement automatique à roue à colonnes et embrayage vertical. Il se compose de 284 composants et bat à la fréquence de 28 800 alternances par heure, soit 4 hertz. Sa réserve de marche atteint environ 70 heures, ce qui permet de retirer la montre du poignet pendant tout un week-end sans avoir à la remonter à son retour. Le chronographe affiche les secondes au quart près et dispose de compteurs de 30 minutes, une configuration classique mais redoutablement efficace pour chronométrer un effort sportif. La certification COSC garantit la précision de chaque exemplaire, un gage de sérieux que Breitling applique à l’ensemble de sa production mécanique.
Le verre saphir bombé, traité antireflet sur ses deux faces, vient compléter une architecture pensée pour durer. La couronne, non vissée mais dotée de deux joints d’étanchéité, permet un réglage rapide sans compromettre la résistance à l’eau. Ces choix techniques ne sont pas propres à cette édition : ils reprennent l’architecture du Top Time B01 Chronograph 41 classique, auquel cette version vient se greffer comme une déclinaison esthétique forte plutôt que comme une nouveauté mécanique.

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Breitling retrouve la route des grands chronométrages
Le choix de rendre hommage à un champion cycliste n’est pas le fruit du hasard. La marque entretient en effet un lien avec ce sport qui remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque Breitling produisait déjà des chronomètres destinés aux courses. Dans les années 1930, la marque a mis au point un appareil utilisé pour le chronométrage officiel des compétitions. Cette proximité ancienne explique la cohérence du projet Top Time consacré au cyclisme, entamé l’an dernier avec les éditions Coppi et Bartali, deux figures emblématiques de la rivalité italienne des années 1940. Georges Kern, à la tête de House of Brands, la structure qui chapeaute Breitling, souligne que peu d’athlètes ont marqué leur discipline comme Merckx, et que son énergie et son esprit de compétition incarnent parfaitement l’esprit de la collection Top Time.
Cette filiation entre l’horlogerie et le cyclisme mérite d’être rappelée. Les deux univers partagent en effet un rapport similaire à la précision, à l’endurance et à la répétition du geste juste. Chronométrer une étape de montagne ou ajuster un mouvement mécanique requiert la même rigueur, où le millième de seconde ou le micron font toute la différence.

Deux bracelets, 525 pièces et une prime de collection
La montre est proposée en deux références selon le bracelet choisi. Le modèle avec un bracelet en cuir de veau noir, référencé AB01762C1I1X1, est disponible pour environ 8 050 dollars américains. La version sur bracelet milanais en acier, référencée AB01762C1I1A1, est proposée à environ 8 450 dollars. Cette montre s’inscrit ainsi dans la même fourchette tarifaire que les éditions Coppi et Bartali, avec une légère prime par rapport au Top Time B01 Chronograph 41 classique. Produite en série limitée à 525 exemplaires, cette montre devrait susciter l’intérêt des amateurs, d’autant que la demande pour les rééditions liées au cyclisme s’est révélée soutenue ces dernières années.

Une question agite déjà les passionnés d’horlogerie et de cyclisme réunis : après Coppi, Bartali et Merckx, quel autre nom Breitling choisira-t-il pour poursuivre cette collection consacrée aux légendes du vélo ? Pour l’instant, la marque n’a livré aucun indice sur ce point. Mais au vu du succès rencontré par ces trois premières éditions, il paraît peu probable que l’aventure s’arrête là.



