| Hermès dévoile l’Arceau Samarcande, une montre à répétition minutes présentée à Watches and Wonders Genève 2026. Le cadran en cristal Saint-Louis est sculpté en forme de tête de cheval, laissant apparaître le mouvement squelette H1927, calibre exclusif de 28 mm développé aux Ateliers d’Hermès Horloger au Noirmont. Le boîtier de 38 mm est proposé en or blanc ou rose, limité à trois versions de 24 exemplaires chacune. |
2026 est l’année du Cheval de Feu dans le calendrier lunaire. Chez Hermès, maison fondée en 1837 comme sellier et dont le cheval structure l’identité visuelle depuis les origines, la coïncidence tombe à point nommé. Elle sert de toile de fond à l’Arceau Samarcande, une montre qui se distingue par son cadran en cristal Saint-Louis sculpté en tête de cheval, son mouvement squelette H1927 exclusif et sa répétition minutes – la démonstration la plus assumée à ce jour de la montée en puissance horlogère de la maison.

La discrétion a longtemps été la marque de fabrique d’Hermès dans le domaine de l’horlogerie. Cette année, la maison choisit une autre voie. Présentée à Watches and Wonders Genève 2026, l’Arceau Samarcande rompt avec la pudeur habituelle du groupe et met en scène, sans détour, l’anatomie complète de son mouvement – un choix qu’on peut aussi lire comme une manière calculée de répondre aux puristes qui n’ont jamais vraiment pris Hermès au sérieux en horlogerie. Un pari risqué pour une maison qui a longtemps préféré évoquer le temps plutôt que le démontrer.
| 📌 Repères clés |
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| 🐎 L’Arceau Samarcande découpe une tête de cheval dans un cadran en cristal Saint-Louis afin de révéler son mouvement squelette. 🔔 La répétition minutes sonne les heures, les quarts et les minutes grâce au calibre automatique H1927. ⚙️ Le calibre H1927 mesure 28 mm de diamètre, dispose d’un micro-rotor et offre une réserve de marche de 48 heures. 📏 Le boîtier en or gris ou en or rose conserve un diamètre contenu de 38 mm malgré la complexité de la complication. 💶 Hermès commercialise l’Arceau Samarcande à partir de 280 000 €, avec une production annoncée de 24 exemplaires par version. |

Tout commence par un geste presque improbable pour un cadran de haute horlogerie : y découper la silhouette d’une tête de cheval. Chez Hermès, l’animal n’est pas un simple clin d’œil décoratif. Il figure aux origines mêmes de la maison, bien avant qu’elle ne devienne le géant du luxe que l’on connaît aujourd’hui. Le choix de sculpter ce motif directement dans le cristal Saint-Louis, plutôt que de le peindre ou de le graver en surface, transforme la nature de l’exercice. La découpe n’est plus un ornement ajouté après coup. Elle devient une fenêtre.
Derrière cette ouverture, le regard se pose directement sur le calibre H1927, un mouvement squelette à remontage automatique conçu exclusivement pour Hermès et développé au sein des Ateliers d’Hermès Horloger au Noirmont. Il affiche un diamètre de 28 mm pour une épaisseur de seulement 4,95 mm – un exploit de compacité quand on sait tout ce qu’il doit loger.
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En effet, l’Arceau Samarcande ne se contente pas d’exposer ses rouages. Elle sonne. La montre est équipée d’une répétition minutes avec trois timbres et trois marteaux, une complication parmi les plus exigeantes de la haute horlogerie – dans la même catégorie que ce que maîtrisent aujourd’hui Patek Philippe, Audemars Piguet ou F.P. Journe, pour ne citer qu’eux. À travers le fond en verre saphir, on distingue les marteaux en action ainsi qu’un micro-rotor en platine (le petit rotor qui remonte automatiquement la montre par les mouvements du poignet) décoré du motif « Duc attelé », emblème historique de la maison représentant un cheval attelé à une calèche.
Le boîtier reprend fidèlement les codes dessinés par Henri d’Origny en 1978 : une forme ronde et des attaches asymétriques inspirées des étriers, signature immédiatement reconnaissable de la ligne Arceau. Ici, il mesure 38 mm de diamètre et se décline en or blanc ou rose, pour une épaisseur qui reste raisonnable malgré la complexité de ses fonctions.

Hermès a choisi de limiter cette pièce à trois versions, chacune produite à 24 exemplaires. La première associe un boîtier en or blanc à un cadran bleu Saint-Louis. Les deux autres jouent la carte du blanc, avec des boîtiers sertis en or blanc ou en un mélange d’or blanc et d’or rose. Les bracelets, en alligator ou en veau, déclinent une palette de couleurs allant du bleu encre au gris perle, en passant par le graphite et le bleu marine.
Ce choix de la rareté n’est pas nouveau chez Hermès horloger. La maison a patiemment construit, depuis le milieu des années 2000, les fondations d’une véritable manufacture. Tout commence en 2006, lorsque le groupe entre à hauteur de 25 % dans le capital de Vaucher Manufacture Fleurier, spécialiste reconnu des mouvements haut de gamme qui a donné naissance à trois calibres pour Hermès, dont le H1837. Sont ensuite acquises, en 2012, la cadranerie Natéber, puis, en 2013, la boîtierie Joseph Erard. En 2017, ces savoir-faire se rassemblent enfin sous un même toit avec l’ouverture des Ateliers d’Hermès Horloger au Noirmont, dans le Jura suisse. Cette intégration verticale permet aujourd’hui à la maison de revendiquer une maîtrise quasi totale de sa production, du dessin du mouvement à la finition du boîtier.

Le thème retenu par Hermès pour l’ensemble de sa collection 2026, baptisé « Mystérieuses Mécaniques », confirme cette volonté d’assumer la transparence mécanique comme fil rouge. Aux côtés de l’Arceau Samarcande figurent notamment la H08 Squelette, déclinaison plus contemporaine du même principe, ainsi qu’une nouvelle interprétation squelettée de la collection Slim d’Hermès. Le squelettage devient ainsi, pour la première fois de façon aussi affirmée, un langage de marque à part entière chez Hermès.
On pourrait se contenter d’admirer l’objet pour son esthétique. Mais l’Arceau Samarcande dit quelque chose de plus profond sur la trajectoire d’Hermès dans le secteur de l’horlogerie. Depuis l’ouverture de La Montre Hermès à Bienne en 1978, la maison a longtemps été perçue par les puristes de la Vallée de Joux ou du Jura comme un acteur périphérique du secteur, davantage tourné vers la mode que vers la haute horlogerie. Vingt ans d’intégration industrielle plus tard, ce jugement paraît de moins en moins tenable.

La répétition minutes reste, dans l’imaginaire horloger, l’une des complications les plus difficiles à maîtriser. Elle exige un accord parfait entre la matière, la géométrie des timbres et la précision d’assemblage. Le fait qu’Hermès s’y attaque et choisisse de l’exposer plutôt que de la cacher constitue un signal clair envoyé aux collectionneurs les plus exigeants. La maison ne cherche plus seulement à séduire par le style. Elle veut être jugée sur la mécanique elle-même.
Reste la question du prix qui débute à 280 000 €, cohérente avec le segment de la haute horlogerie à complication. Une chose est certaine : avec seulement 24 exemplaires par version, l’Arceau Samarcande s’annonce comme une pièce difficile à obtenir, y compris pour les clients historiques de la maison.



