Éteindre et rallumer son téléphone régulièrement protège vraiment votre smartphone

Une agence américaine, une agence française, un même conseil : éteindre son téléphone une fois par semaine suffit à casser les chaînes d'attaques les plus courantes, sans rien coûter ni exiger la moindre compétence technique.

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Christian Morizot
Christian Morizot
Pigiste ardu
Christian Morizot, c’est un peu le couteau suisse du numérique : pigiste depuis presque dix ans, il a roulé sa bosse dans la tech et le...
7 Minutes de lecture
© Photo : mdisk2514@gmail.com (Depositphotos)

Éteindre et rallumer son téléphone est l’un des gestes les moins spectaculaires de la vie numérique, mais l’un des plus efficaces pour se protéger des menaces invisibles qui pèsent sur nos smartphones. Derrière cette routine banale se cache une recommandation officielle de l’ANSSI en France et de la NSA aux États-Unis. Plusieurs experts en cybersécurité estiment que ce simple réflexe permet de casser des chaînes d’attaques entières, sans rien coûter et sans nécessiter de compétences techniques.

La NSA préconise un arrêt complet chaque semaine

L’agence américaine de sécurité nationale conseille aux utilisateurs d’iPhone et d’Android de redémarrer leur appareil au moins une fois par semaine. Neal Ziring, directeur technique de la Direction des capacités de la NSA, explique que de nombreuses cyberattaques modernes fonctionnent comme une suite de deux, trois, voire quatre vulnérabilités exploitées les unes après les autres. Éteindre le téléphone revient alors à remettre le compteur de l’attaquant à zéro, l’obligeant à recommencer toute sa chaîne d’exploitation depuis le début.

Ce conseil n’est pas isolé. L’ANSSI va même plus loin en précisant un détail technique important. L’agence française recommande en effet d’éteindre puis de rallumer le téléphone plutôt que d’utiliser la simple fonction « redémarrer », car certains logiciels espions parviennent à simuler un redémarrage pour tromper l’utilisateur tout en restant actifs. La nuance a son importance. Un arrêt complet coupe l’alimentation du système, tandis qu’un redémarrage simulé peut laisser un logiciel espion bien installé.

📌 Repères clés
🛡️ Une fois par semaine – La NSA recommande aux utilisateurs d’iPhone et d’Android de redémarrer régulièrement leur appareil.
Privilégier l’arrêt complet – L’ANSSI conseille d’éteindre puis de rallumer le téléphone plutôt que d’utiliser uniquement la fonction de redémarrage.
🧠 La RAM est entièrement vidée – Certains malwares non persistants disparaissent lorsqu’ils ne sont présents que dans la mémoire vive.
📶 Les connexions sont réinitialisées – Un arrêt complet peut corriger des dysfonctionnements liés au Wi-Fi, au Bluetooth, à la 4G ou à la 5G.
🔄 Les mises à jour restent indispensables – Cette habitude complète les correctifs de sécurité, mais ne les remplace jamais.

Certains malwares disparaissent lorsque le téléphone s’éteint

Certains logiciels malveillants, dits « non persistants », ne s’installent jamais sur le stockage interne du téléphone. Ils résident uniquement dans la mémoire vive (RAM) et disparaissent dès que l’appareil est complètement éteint. Ces programmes profitent justement du fait que la plupart des utilisateurs ne coupent jamais leur téléphone, se contentant de le mettre en veille pendant des jours, voire des semaines.

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Les attaques dites « zero-click » illustrent bien ce phénomène. Elles ne nécessitent aucun clic, aucun téléchargement ni aucune interaction humaine pour s’exécuter. Un pirate peut compromettre un appareil à distance en exploitant une faille logicielle méconnue, sans que la victime ne s’en aperçoive. Dans ce contexte, redémarrer l’appareil régulièrement permet d’agir comme un filet de sécurité minimal, capable d’interrompre une intrusion en cours, même sans la détecter.

Il faut néanmoins rester lucide sur les limites de cette pratique. Neal Ziring lui-même précise que redémarrer son téléphone ne bloquera jamais les attaques les plus sophistiquées. Un pirate déterminé peut en effet réexploiter la même faille dès que l’appareil se reconnecte au réseau. Cette mesure ne remplace donc ni les mises à jour, ni la vigilance concernant les applications installées, ni le bon sens face aux liens douteux.

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L’extinction complète libère la mémoire vive du smartphone

L’extinction complète a aussi un effet mécanique très concret sur les performances. La mémoire vive se vide entièrement, ce qui élimine les résidus d’applications qui continuent de tourner en arrière-plan sans que l’utilisateur ne s’en rende compte. Sur certains smartphones équipés de 6 à 8 Go de RAM, il n’est pas rare que plus de 80 % de cette mémoire reste occupée après plusieurs jours d’utilisation continue, même lorsque toutes les applications semblent fermées.

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Ce nettoyage résout également des dysfonctionnements agaçants. Les conflits entre applications, les erreurs de connexion Wi-Fi persistantes ou les problèmes de reconnaissance tactile disparaissent souvent après une extinction complète. Redémarrer permet également de finaliser certaines mises à jour système restées en attente, car les fabricants, comme Apple et Google, déploient régulièrement des correctifs qui ne s’appliquent pleinement qu’après un cycle complet d’arrêt et de redémarrage.

Le bon réflexe après une connexion à un Wi-Fi public

Un autre bénéfice concerne les réseaux publics. Redémarrer son téléphone après avoir utilisé un Wi-Fi public dans un café ou un aéroport permet d’éliminer d’éventuelles menaces introduites pendant cette session. Les connexions Bluetooth, 4G et 5G sont également réinitialisées, ce qui résout souvent des problèmes de stabilité du réseau que l’on attribue à tort à un problème de l’opérateur.

Une extinction hebdomadaire suffit pour un usage courant

Les recommandations varient selon les sources, allant d’une fois par jour à une fois par semaine. Pour un usage courant, un rythme hebdomadaire suffit amplement pour profiter des avantages en matière de sécurité et de performance, sans que cette habitude ne devienne une contrainte quotidienne. Ceux qui manipulent des données sensibles ou qui se connectent souvent à des réseaux publics gagneront en revanche à raccourcir cet intervalle.

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Trente secondes une fois par semaine suffisent pour interrompre une partie des menaces logicielles et retrouver un appareil plus réactif. Ce geste ne se substitue à aucune autre précaution numérique, mais il vient utilement compléter les réflexes de sécurité déjà connus, comme la mise à jour régulière des applications et du système d’exploitation.

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