Hervé Renard nommé nouveau sélectionneur de la Tunisie aprÚs le choc suédois

Sous la pression d’un Mondial qui s’accĂ©lĂšre, la Tunisie confie son destin Ă  un entraĂźneur dont l’autoritĂ© se construit prĂ©cisĂ©ment dans la tempĂȘte.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un pĂšre français et d’une mĂšre vietnamienne, Olivier Delavande a baignĂ© dans une double culture qui a façonnĂ© sa curiositĂ© et son ouverture d’esprit dĂšs...
9 Minutes de lecture
Le nouveau sélectionneur de la Tunisie Hervé Renard - © Photo : Depositphotos

La Tunisie a choisi l’urgence. AprĂšs la lourde dĂ©faite (5-1) subie face Ă  la SuĂšde lors de son entrĂ©e en lice Ă  la Coupe du monde 2026, la FĂ©dĂ©ration tunisienne a Ă©cartĂ© Sabri Lamouchi et confiĂ© les rĂȘnes de l’équipe Ă  HervĂ© Renard jusqu’à la fin du tournoi.

Le timing en dit long. À peine un match jouĂ©, et dĂ©jĂ  un banc vacille, un staff saute, une nouvelle hiĂ©rarchie se met en place. Dans ce contexte, le nom d’HervĂ© Renard n’est pas anodin pour la Tunisie, car le technicien français a la rĂ©putation d’ĂȘtre un sauveur de sĂ©lection en pleine tempĂȘte.

La dĂ©faite contre la SuĂšde a Ă©tĂ© trĂšs dure Ă  encaisser, poussant la FĂ©dĂ©ration tunisienne Ă  rompre avec la logique d’attente. Le message envoyĂ© au groupe est clair : il fallait un choc psychologique immĂ©diat, et non des discours Ă  long terme.

ÂgĂ© de 57 ans, HervĂ© Renard revient sur un banc international aprĂšs son dĂ©part de l’Arabie saoudite en avril. Son parcours parle pour lui : le Maroc au Mondial 2018, l’Arabie saoudite et une victoire historique contre l’Argentine en 2022, puis une parenthĂšse avec l’équipe de France fĂ©minine lors de la Coupe du monde 2023, jusqu’aux quarts de finale.

- Publicité -

La Tunisie mise donc sur un entraĂźneur qui connaĂźt les Coupes du monde, leurs piĂšges, leur pression et leurs marges de manƓuvre minimes. Ce choix est autant une question d’expĂ©rience que de lecture politique du moment : un groupe qui doute a souvent besoin d’un visage fort, d’une mĂ©thode claire et d’une autoritĂ© immĂ©diatement lisible.

Sabri Lamouchi n’aura donc tenu que quelques mois Ă  la tĂȘte de la sĂ©lection tunisienne, aprĂšs avoir remplacĂ© Sami Trabelsi. Son passage aura Ă©tĂ© bref et la dĂ©faite contre la SuĂšde a prĂ©cipitĂ© sa sortie, alors qu’il n’avait remportĂ© qu’un seul de ses cinq matchs, un match amical contre HaĂŻti en mars.

Groupe F Journée 1
#ÉquipeMJVNDBPBCDiff.PtsForme
1🇾đŸ‡Ș SuĂšde110051+43
2đŸ‡ŻđŸ‡” Japon10102201
3đŸ‡łđŸ‡± Pays-Bas10102201
4đŸ‡č🇳 Tunisie100115−40
Victoire Nul Défaite MJ = matchs joués  ·  V = victoires  ·  N = nuls  ·  D = défaites  ·  BP/BC = buts pour/contre

L’ancien entraĂźneur de Rennes, de Nottingham Forest, de Cardiff City et d’Al Riyadh avait lui-mĂȘme reconnu la duretĂ© du coup reçu face aux SuĂ©dois, parlant d’un match « douloureux » et d’un collectif trop friable dans les moments dĂ©cisifs. Le diagnostic Ă©tait posĂ©. La sanction a suivi presque aussitĂŽt.

La Tunisie tente de sauver un tournoi qui menace déjà de lui échapper. Avec six qualifications pour la Coupe du monde et aucun passage au-delà de la phase de groupes, le bilan est lourd et nourrit une impatience récurrente autour de cette sélection.

- Publicité -

En nommant Renard jusqu’à la fin de la Coupe du monde, la FĂ©dĂ©ration tunisienne envoie Ă©galement un signal plus large. L’accord prĂ©voit en effet des discussions aprĂšs la compĂ©tition en vue d’une coopĂ©ration de plus longue durĂ©e. Autrement dit, cette opĂ©ration ne vise pas seulement Ă  rĂ©sorber l’urgence sportive.

La suite du programme laisse peu de rĂ©pit Ă  l’encadrement. La Tunisie doit encore affronter le Japon le 20 juin, puis les Pays-Bas le 25 juin. Deux matchs, deux styles trĂšs diffĂ©rents, deux occasions de mesurer l’effet Renard sur un groupe sonnĂ©, mais pas encore condamnĂ©.

Dans ce genre de configuration, le travail du sĂ©lectionneur ne se voit pas toujours dans le jeu. Il se lit dans l’attitude, la rigueur et le refus de la panique. Renard devra rapidement remettre de l’ordre, fixer des repĂšres simples et surtout Ă©viter que la dĂ©faite 5-1 contre la SuĂšde ne devienne une fracture mentale durable.

- Publicité -

Suivez toute l’actualitĂ© d’Essential Homme sur Google ActualitĂ©s, sur notre chaĂźne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boĂźte mail avec Feeder.

Le choix de la Tunisie repose Ă©galement sur ce que Renard sait faire mieux que beaucoup d’autres : remettre un vestiaire en ordre sans perdre l’essentiel. Avec la Zambie et la CĂŽte d’Ivoire, il a remportĂ© la Coupe d’Afrique des nations en 2012 puis en 2015. Ce palmarĂšs, rare sur le continent africain, explique pourquoi son nom revient vite sur le tapis quand une sĂ©lection cherche de l’expĂ©rience et du sang-froid.

Son parcours rappelle une vérité souvent ignorée : certains entraßneurs sont jugés moins sur leur confort de travail que sur leur capacité à intervenir dans les zones de crise. Renard appartient clairement à cette catégorie.

Pour la Tunisie, ce changement en dit long sur l’état du football international moderne. La patience y recule, le rĂ©sultat immĂ©diat dĂ©cide de tout et la marge d’erreur se rĂ©duit Ă  la premiĂšre soirĂ©e ratĂ©e. Un sĂ©lectionneur peut passer de l’espoir Ă  la sortie en quelques jours, voire en un seul match.

- Publicité -

Dans ce contexte, la FĂ©dĂ©ration tunisienne a tranchĂ© net. Elle a prĂ©fĂ©rĂ© un entraĂźneur expĂ©rimentĂ©, habituĂ© aux environnements tendus, plutĂŽt qu’une reconstruction progressive qui aurait laissĂ© s’installer le doute. C’est un pari risquĂ©, mais cohĂ©rent avec la brutalitĂ© du moment.

- Publicité -
Partager cet article