La Tunisie a choisi lâurgence. AprĂšs la lourde dĂ©faite (5-1) subie face Ă la SuĂšde lors de son entrĂ©e en lice Ă la Coupe du monde 2026, la FĂ©dĂ©ration tunisienne a Ă©cartĂ© Sabri Lamouchi et confiĂ© les rĂȘnes de lâĂ©quipe Ă HervĂ© Renard jusquâĂ la fin du tournoi.
Le timing en dit long. Ă peine un match jouĂ©, et dĂ©jĂ un banc vacille, un staff saute, une nouvelle hiĂ©rarchie se met en place. Dans ce contexte, le nom dâHervĂ© Renard nâest pas anodin pour la Tunisie, car le technicien français a la rĂ©putation dâĂȘtre un sauveur de sĂ©lection en pleine tempĂȘte.
La dĂ©faite contre la SuĂšde a Ă©tĂ© trĂšs dure Ă encaisser, poussant la FĂ©dĂ©ration tunisienne Ă rompre avec la logique dâattente. Le message envoyĂ© au groupe est clair : il fallait un choc psychologique immĂ©diat, et non des discours Ă long terme.
ĂgĂ© de 57 ans, HervĂ© Renard revient sur un banc international aprĂšs son dĂ©part de lâArabie saoudite en avril. Son parcours parle pour lui : le Maroc au Mondial 2018, lâArabie saoudite et une victoire historique contre lâArgentine en 2022, puis une parenthĂšse avec lâĂ©quipe de France fĂ©minine lors de la Coupe du monde 2023, jusquâaux quarts de finale.
La Tunisie mise donc sur un entraĂźneur qui connaĂźt les Coupes du monde, leurs piĂšges, leur pression et leurs marges de manĆuvre minimes. Ce choix est autant une question dâexpĂ©rience que de lecture politique du moment : un groupe qui doute a souvent besoin dâun visage fort, dâune mĂ©thode claire et dâune autoritĂ© immĂ©diatement lisible.
Sabri Lamouchi nâaura donc tenu que quelques mois Ă la tĂȘte de la sĂ©lection tunisienne, aprĂšs avoir remplacĂ© Sami Trabelsi. Son passage aura Ă©tĂ© bref et la dĂ©faite contre la SuĂšde a prĂ©cipitĂ© sa sortie, alors quâil nâavait remportĂ© quâun seul de ses cinq matchs, un match amical contre HaĂŻti en mars.
| # | Ăquipe | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff. | Pts | Forme |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | đžđȘ SuĂšde | 1 | 1 | 0 | 0 | 5 | 1 | +4 | 3 | |
| 2 | đŻđ” Japon | 1 | 0 | 1 | 0 | 2 | 2 | 0 | 1 | |
| 3 | đłđ± Pays-Bas | 1 | 0 | 1 | 0 | 2 | 2 | 0 | 1 | |
| 4 | đčđł Tunisie | 1 | 0 | 0 | 1 | 1 | 5 | â4 | 0 |
Lâancien entraĂźneur de Rennes, de Nottingham Forest, de Cardiff City et dâAl Riyadh avait lui-mĂȘme reconnu la duretĂ© du coup reçu face aux SuĂ©dois, parlant dâun match « douloureux » et dâun collectif trop friable dans les moments dĂ©cisifs. Le diagnostic Ă©tait posĂ©. La sanction a suivi presque aussitĂŽt.
La Tunisie tente de sauver un tournoi qui menace déjà de lui échapper. Avec six qualifications pour la Coupe du monde et aucun passage au-delà de la phase de groupes, le bilan est lourd et nourrit une impatience récurrente autour de cette sélection.
En nommant Renard jusquâĂ la fin de la Coupe du monde, la FĂ©dĂ©ration tunisienne envoie Ă©galement un signal plus large. Lâaccord prĂ©voit en effet des discussions aprĂšs la compĂ©tition en vue dâune coopĂ©ration de plus longue durĂ©e. Autrement dit, cette opĂ©ration ne vise pas seulement Ă rĂ©sorber lâurgence sportive.
La suite du programme laisse peu de rĂ©pit Ă lâencadrement. La Tunisie doit encore affronter le Japon le 20 juin, puis les Pays-Bas le 25 juin. Deux matchs, deux styles trĂšs diffĂ©rents, deux occasions de mesurer lâeffet Renard sur un groupe sonnĂ©, mais pas encore condamnĂ©.
Dans ce genre de configuration, le travail du sĂ©lectionneur ne se voit pas toujours dans le jeu. Il se lit dans lâattitude, la rigueur et le refus de la panique. Renard devra rapidement remettre de lâordre, fixer des repĂšres simples et surtout Ă©viter que la dĂ©faite 5-1 contre la SuĂšde ne devienne une fracture mentale durable.
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Le choix de la Tunisie repose Ă©galement sur ce que Renard sait faire mieux que beaucoup dâautres : remettre un vestiaire en ordre sans perdre lâessentiel. Avec la Zambie et la CĂŽte dâIvoire, il a remportĂ© la Coupe dâAfrique des nations en 2012 puis en 2015. Ce palmarĂšs, rare sur le continent africain, explique pourquoi son nom revient vite sur le tapis quand une sĂ©lection cherche de lâexpĂ©rience et du sang-froid.
Son parcours rappelle une vérité souvent ignorée : certains entraßneurs sont jugés moins sur leur confort de travail que sur leur capacité à intervenir dans les zones de crise. Renard appartient clairement à cette catégorie.
Pour la Tunisie, ce changement en dit long sur lâĂ©tat du football international moderne. La patience y recule, le rĂ©sultat immĂ©diat dĂ©cide de tout et la marge dâerreur se rĂ©duit Ă la premiĂšre soirĂ©e ratĂ©e. Un sĂ©lectionneur peut passer de lâespoir Ă la sortie en quelques jours, voire en un seul match.
Dans ce contexte, la FĂ©dĂ©ration tunisienne a tranchĂ© net. Elle a prĂ©fĂ©rĂ© un entraĂźneur expĂ©rimentĂ©, habituĂ© aux environnements tendus, plutĂŽt quâune reconstruction progressive qui aurait laissĂ© sâinstaller le doute. Câest un pari risquĂ©, mais cohĂ©rent avec la brutalitĂ© du moment.



