Le 25 mars, COS a présenté sa collection printemps 2026 lors de son tout premier défilé en Corée du Sud, à Séoul. Après des passages remarqués à Athènes et à Rome, puis quatre saisons consécutives au calendrier de la Fashion Week de New York, la marque a choisi cette fois l’Asie. Un choix qui n’a rien d’anodin : la plus grande boutique phare de COS dans le monde se trouve à Cheongdam, au cœur de la capitale coréenne.

Le décor n’avait rien à voir avec ce que l’on peut voir habituellement dans le circuit de la mode. Une ancienne piscine désaffectée, en périphérie de la ville, a été transformée en un espace brut aux volumes imposants et aux colonnes structurelles qui fractionnaient le regard. La bande-son, enregistrée dans le métro de Séoul, diffusait les sons du quotidien de la ville. Les mannequins avançaient le long d’une plateforme suspendue, traversant une légère brume. Sobre. Précis. Efficace.
C’est du côté de la collection homme que la collection printemps 2026 de COS dévoile ce qu’elle a de plus intéressant. Karin Gustafsson, directrice de création de la marque depuis sa création en 2006, s’est inspirée des références visuelles du film American Gigolo de Paul Schrader, sorti en 1980, qui a durablement redéfini l’élégance masculine à l’écran. Cette influence se lit dans les épaules structurées des vestes de tailleur, dans les costumes aux coupes resserrées et dans cette façon de porter le luxe sans ostentation.

Le daim apporte une texture chaude et affirmée à des silhouettes pensées pour l’été, loin de toute légèreté superficielle. Les pièces d’extérieur de mi-saison, comme les manteaux ceinturés aux proportions allongées, tiennent à la fois du vêtement de protection et de la pièce forte d’une garde-robe construite. Les costumes décontractés, eux, s’accommodent d’une coupe plus ajustée que par le passé, sans pour autant perdre le confort caractéristique de la griffe. Le savoir-faire de la coupe, toujours.
Des ensembles ton sur ton, inspirés des années 80, traversent la collection sans ostentation. Le gris ardoise domine, ponctué de brun chaud, de crème et de blanc. Des touches de rouge bordeaux profond viennent rehausser l’ensemble. Cette cohérence chromatique n’est pas le fruit du hasard : elle confère au vestiaire masculin une lisibilité immédiate et une facilité à porter qui sont, chez COS, une signature autant qu’une philosophie.
| 📌 Repères clés |
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| 🌏 COS choisit Séoul pour renforcer son ancrage sur un marché stratégique en Asie 👔 Le tailoring masculin devient plus précis avec des coupes resserrées 🎬 Influence directe du film American Gigolo dans la construction des silhouettes 🧥 Le daim et les matières texturées structurent un vestiaire d’été plus dense 🎨 Palette maîtrisée entre gris ardoise, brun, crème et touches de bordeaux 🛠️ Détails utilitaires pensés pour durer et renforcer la fonctionnalité 🏬 La Corée du Sud s’impose comme un pilier clé dans la stratégie de COS |
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Les références utilitaires s’expriment à travers les détails fonctionnels : poches, coutures apparentes, fermoirs conçus pour durer. Le cuir présente un léger éclat, presque imperceptible, qui transforme une pièce basique en quelque chose de plus sophistiqué. Des surfaces au toucher de papier froissé introduisent une dimension tactile inattendue. Le lin apporte de la profondeur sans alourdir.

Les accessoires viennent compléter les silhouettes avec des sandales en cuir souple et des mocassins sobres, des classiques que Gustafsson revisite avec une légère torsion moderne, suffisante pour les sortir de l’anonymat sans les rendre excentriques. Rien n’est laissé au hasard, mais rien ne semble non plus forcé.
COS appartient au groupe H&M, mais depuis quelques années, la marque s’est forgé une identité propre, plus exigeante et plus internationale. Le choix de Séoul, ville que la mode mondiale regarde avec une attention croissante, en dit long sur les ambitions actuelles de la griffe. La Corée du Sud est en effet devenue l’un des marchés les plus importants pour les marques qui misent sur une clientèle urbaine, cultivée et sensible au design. COS en fait partie depuis longtemps. Ce défilé le confirme.













