Cristiano Ronaldo, le dernier rêve mondial s’éteint à Dallas

À Dallas, Cristiano Ronaldo avance dans une nuit lourde, entre grandeur intacte et rêve impossible, tandis que le Portugal comprend qu’il ne reverra plus jamais ce chapitre.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
13 Minutes de lecture
Cristiano Ronaldo en larmes après la défaite du Portugal face à l'Espagne le 06 juillet 2026 à Dallas - © Photo : Depositphotos

Le regard perdu vers les tribunes de Dallas, les mains sur les hanches. Lundi soir, Cristiano Ronaldo savait que sa dernière Coupe du monde venait de se refermer sur un but encaissé à la 91e minute. Le Portugal s’est incliné 1-0 face à l’Espagne en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, et l’espoir d’un septième sacre mondial s’éteint pour celui qui reste, statistiquement, le meilleur buteur international de l’histoire.

Le dernier acte mondial de Cristiano Ronaldo

À 41 ans, l’attaquant portugais l’avait lui-même annoncé la veille du match, en conférence de presse. « Ce sera ma dernière Coupe du monde », avait-il glissé. « Mais j’espère que demain ne sera pas mon dernier match. » Le sort en a décidé autrement.

Ce fut un match cadenassé, tendu, presque austère. Ronaldo n’a touché que 19 ballons durant tout le match, un chiffre dérisoire comparé aux 35 touches de balle du plus modeste des titulaires espagnols, Mikel Oyarzabal. Il a tout de même tenté deux actions : une reprise acrobatique repoussée par Unai Simon, puis un tir contré qui a fini sa course sur la barre transversale après une déviation. Rien de plus pour l’homme qui devait porter, une dernière fois, les espoirs de tout un pays.

Portugal 0-1 Espagne

Coupe du monde 2026 | 06 juillet 2026
🇵🇹
Portugal
🇪🇸
Espagne
0Buts1
0,60xG1,77
10Tirs15
2Tirs cadrés6
44 %Possession56 %
Statistiques du match traduites en français et présentées dans un format HTML responsive pour mobile, tablette et desktop [file:1].

La 91e minute qui brise le Portugal

Il aura fallu attendre la 91e minute pour voir le match basculer. Entré en jeu en seconde période, Mikel Merino a profité d’une passe de Ferran Torres pour tromper Diogo Costa au premier poteau. Un coup de poignard, tardif et cruel, qui envoie l’Espagne en quarts de finale, où elle affrontera le vainqueur du match entre les États-Unis et la Belgique. Le Portugal, lui, rentre à la maison.

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Le choix Ronaldo au cœur des tensions

Sur le banc portugais, Roberto Martinez a fait un choix qui alimentera les discussions dans les jours à venir. Pedro Neto, Vitinha, João Félix et João Cancelo ont tous cédé leur place en cours de match. Pas Cristiano Ronaldo, qui est resté sur la pelouse jusqu’au coup de sifflet final, alors qu’il était de loin le joueur le plus âgé de l’équipe.

Le sélectionneur belge a assumé ce choix après la rencontre. « Quand on a besoin d’un but, on ne peut pas sortir Cristiano Ronaldo », a-t-il justifié. « Il peut jouer 90 minutes sans problème. Sa seule présence ouvre des espaces, que ce soit sur un ballon arrêté ou dans la surface. » Il a néanmoins concédé qu’un remplacement par Gonçalo Ramos aurait été judicieux en cas de prolongation.

Cette question ne date pas d’hier. Elle avait déjà agité le vestiaire portugais au Qatar, trois ans et demi plus tôt, lorsque Fernando Santos avait eu l’audace de laisser son capitaine sur le banc lors d’un huitième de finale. Martinez, lui, a fait le choix inverse jusqu’au bout.

Cristiano Ronaldo

Coupe du monde de la FIFA
ÉditionButsPasses décisives
2006 (6 matchs)10
2010 (4 matchs)11
2014 (3 matchs)11
2018 (4 matchs)40
2022 (5 matchs)10
2026 (5 matchs)30
Total (27 matchs)112
Sur mobile, le tableau reste lisible et peut défiler horizontalement si nécessaire.

Martinez salue son capitaine avant le départ

Malgré la défaite, Roberto Martinez n’a eu que des mots élogieux pour son capitaine. « Il a été un capitaine exemplaire », a-t-il confié. « Je suis arrivé au Portugal à une période où l’on doutait de Cristiano, et il a été un modèle, pas seulement grâce à ses buts et ses passes décisives, mais aussi grâce à son engagement et à la manière dont il vit le football. Il n’y a pas beaucoup de Cristiano Ronaldo dans l’histoire. Nous devons lui être reconnaissants pour ce qu’il a apporté à cette Coupe du monde, en tant que joueur, capitaine et être humain. »

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Une légende immense, un trophée absent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 233 sélections, un record absolu chez les hommes. 146 buts, là aussi un sommet inégalé. Il a participé à vingt-sept matchs de Coupe du monde, un total devancé seulement par les trente de Lionel Messi. Il a marqué onze buts en phase finale de la Coupe du monde, soit deux de plus que n’importe quel autre joueur portugais dans l’histoire de l’épreuve.

Débarqué sur la scène mondiale en 2006 en Allemagne, où il avait atteint les demi-finales dès sa première participation, Ronaldo n’aura donc jamais soulevé le trophée qui continue de lui échapper. Il a reçu cinq Ballons d’or, a remporté un Euro en 2016 et deux Ligues des nations, mais pas de Coupe du monde. Une anomalie presque, tant sa carrière semblait taillée pour tout gagner.

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Il a d’ailleurs tenu à mettre les choses en perspective quelques minutes après le coup de sifflet final. « Pour moi, le plus grand titre remporté par la sélection reste l’Euro 2016 », a-t-il rappelé aux journalistes massés dans la zone mixte. « Je pense sincèrement qu’il a la même valeur qu’une Coupe du monde. Alors je le répète, j’ai la conscience tranquille, j’ai tout donné, un point c’est tout. Demain sera un autre jour, et la vie continue. »

Cristiano Ronaldo

Coupe du monde de la FIFA

Phase de groupesPhase à élimination directe
Matches joués1710
Minutes jouées1465741
Buts101
Passes décisives20
Implications sur but121
Tirs totaux8734
Occasions créées1810

Le Portugal entre dans un nouveau cycle

L’élimination du Portugal a également coûté son poste à Roberto Martinez. Arrivé en 2023, l’ancien sélectionneur belge et ex-entraîneur d’Everton a confirmé, dans la foulée de la défaite, qu’il quittait son poste. « Il n’aurait pas de sens de continuer », a-t-il expliqué. « On n’a pas échoué. On a perdu un match face à une équipe qui fait partie des favorites. Nous avons montré un talent individuel incroyable. On échoue quand on n’essaie pas de gagner, et nous avons essayé de gagner jusqu’à la dernière minute. »

Selon la presse portugaise, c’est Jorge Jesus, l’ancien entraîneur d’Al-Nassr, qui devrait lui succéder pour entamer le nouveau cycle menant à l’Euro 2028. Un chantier de reconstruction considérable s’annonce déjà pour une génération dorée restée sur sa faim.

L’après-Ronaldo se dessine déjà

Reste une question en suspens que Ronaldo n’a pas encore tranchée publiquement : celle de son avenir en sélection. À 41 ans, il aura 45 ans d’ici la prochaine Coupe du monde, en 2030. Même si l’idée de disputer une Coupe du monde sur la terre portugaise reste séduisante, personne, lui compris, n’imagine sérieusement un septième chapitre.

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Ce lundi soir, à Dallas, s’est donc tournée une page entière de l’histoire du football international. Celle d’un joueur qui aura tout gagné, sauf ce qui comptait le plus à ses yeux. Le Portugal, de son côté, semble déjà tourner la page.

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