Le Festival Paris l’été investit le jardin des Tuileries et y installe une scène à ciel ouvert, un événement rare à Paris. Du 15 au 25 juillet, le domaine du Louvre se prête au jeu d’un partenariat baptisé « Le Louvre invite Paris l’été » et le Carré du Sanglier devient, le temps de dix soirées, le cœur battant de la 36e édition du festival. Fondé en 1990 par Jack Lang et Jacques Chirac sous le nom de Paris Quartier d’été, le festival n’a rien perdu de son appétit pour l’inattendu.
L’architecture du lieu surprend d’emblée. Une grande scène a été installée entre les bosquets, à quelques pas des grilles du musée, et accueille chaque soir un programme unique. Camille Chamoux, Vincent Dedienne et Léopoldine HH ouvrent le bal avec 8 soirs par semaine, un spectacle où le théâtre se frotte à la musique, présenté du 15 au 17 juillet. La danse contemporaine suit avec Tendre colère de Christian et François Ben Aïm, une pièce déjà présentée aux Tuileries et reconduite pour l’occasion.
La programmation évolue au fil des jours et ménage des respirations pour tous les publics. Keren Ann y donne un concert le 18 juillet, en même temps que le spectacle musical Catastrophe de La Proie et l’Ombre. Quelques jours plus tard, le chorégraphe portugais Marco da Silva Ferreira présente Carcaça, une pièce saluée pour son écriture physique et précise. La chanteuse catalane Silvia Perez Cruz complète cette affiche internationale aux côtés d’artistes plus confidentiels que le festival aime révéler.
Sous les frondaisons, l’exposition photographique « Les cabanes autour du monde » de Nicolas Henry est accessible gratuitement chaque soir à partir de 18 h, sauf le dimanche 19 juillet, où les portes ouvrent dès 15 h. Le photographe y présente des portraits mis en scène, recueillis aux quatre coins du globe, qui dialoguent avec la végétation du jardin.
Marie Lenoir et Thomas Quillardet, à la tête de cette édition, revendiquent une identité mouvante. Le duo explique volontiers que le festival « assume son nomadisme » et qu’il se déplace et s’installe là où on ne l’attend pas. Après les Tuileries, la troupe se déplacera vers le Palais de la Porte Dorée les 25 et 26 juillet, avec une programmation pensée pour le jeune public, puis vers une quinzaine d’autres adresses parisiennes jusqu’au 4 août. Le Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare, la Monnaie de Paris, le Palais Galliera ou encore la Villa Savoye complètent cette carte au long cours.
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Cette itinérance n’est pas un simple choix logistique. Elle traduit une conviction que les organisateurs partagent depuis les débuts du festival : celle d’un art vivant qui gagne à sortir des salles pour se frotter à la ville. Le cirque de rue, la performance participative et le cabaret y trouvent ainsi leur place aux côtés du théâtre et de la musique, sans jamais s’excuser de leur diversité.
Les places sont proposées à des tarifs allant de 10 à 28 euros pour la plupart des représentations, et plusieurs rendez-vous sont gratuits, notamment l’exposition de Nicolas Henry ou certaines performances de rue disséminées dans les squares parisiens. La billetterie est ouverte depuis le 11 mai 2026 sur le site parislete.fr, et les spectacles les plus attendus, à commencer par les soirées au jardin des Tuileries, affichent déjà complet certains soirs.
Pour ceux qui cherchent une soirée d’été à Paris qui sorte des sentiers battus, ce rendez-vous vaut le détour. D’ordinaire silencieux à la tombée du jour, le jardin des Tuileries se transforme en salle de spectacle à ciel ouvert et Paris l’été confirme, une nouvelle fois, sa capacité à réinventer les lieux les plus familiers de la capitale.
Festival Paris l’été
Du 11 juillet au 4 août 2026
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