| Zinédine Zidane est officiellement devenu sélectionneur de l’équipe de France le 28 juillet 2026, succédant à Didier Deschamps après quatorze années de mandat. L’ancien entraîneur du Real Madrid s’est engagé pour quatre ans, jusqu’à la Coupe du monde 2030. Il dirigera ses premiers matchs avec les Bleus lors de la Ligue des nations 2026-2027. |
Ce mardi restera comme une date à part dans l’histoire du football français. À l’issue d’un comité exécutif extraordinaire, la Fédération française de football a officialisé ce que tout un pays attendait depuis des années : Zinédine Zidane est le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. L’ancien capitaine des Bleus, champion du monde en 1998, a signé un contrat de quatre ans, jusqu’à la Coupe du monde 2030, et succède ainsi à Didier Deschamps, parti après quatorze saisons à la tête de l’équipe de France.
Cette annonce n’a surpris personne sur le fond, mais elle a tout de même produit son effet. Depuis des mois, voire des années, Zinédine Zidane répétait par petites touches qu’il rêvait de ce poste. En 2022, pour ses cinquante ans, il confiait déjà à L’Équipe : « J’en ai envie, bien sûr. Je le serai, je l’espère, un jour. » Le jour est arrivé. Mardi, devant les micros réunis au siège de la Fédération française de football (FFF), l’intéressé n’a pas caché son émotion : « L’équipe de France, c’est la seule chose que je voulais faire. »
Zinédine Zidane n’est pas un inconnu de cette maison. Il en a porté le brassard, il en a marqué l’histoire et il en connaît chaque recoin pour l’avoir fréquentée de l’intérieur. Il avait déjà glissé, quelques mois plus tôt, en marge du Festival Dello Sport en Italie : « Je me sens légitime en équipe de France, où j’ai joué et passé pratiquement douze, treize, quatorze ans. » Cette légitimité, personne ne la lui conteste. Reste à savoir ce qu’il en fera.
Le nouveau sélectionneur de l’équipe de France prendra officiellement ses fonctions le 1er août. Il dirigera sa première campagne lors de la Ligue des nations 2026-2027, puis enchaînera avec les qualifications pour l’Euro 2028, une nouvelle Ligue des nations en 2028-2029, et enfin les qualifications pour la Coupe du monde 2030. Un calendrier dense, presque vertigineux, pour un homme qui n’avait plus dirigé d’équipe depuis son départ du Real Madrid en 2021.
Car c’est bien là que le bât pourrait blesser. Zinédine Zidane n’a en effet jamais entraîné en dehors du club merengue. Passer d’un vestiaire de stars habituées à la Liga à la gestion d’une sélection avec son rythme particulier, fait de rassemblements courts et de longues périodes d’attente, n’est pas une mince affaire. Le défi qui l’attend est donc sans commune mesure avec ce qu’il a connu jusqu’à présent, même avec trois Ligues des champions consécutives à son actif.
Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, n’a pas caché sa satisfaction. « La nomination de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France est une immense fierté pour la Fédération française de football », a-t-il déclaré, avant de saluer la rencontre entre une légende des Bleus et une sélection au potentiel rare. Une formule qui en dit long sur les attentes placées dans cette nomination, mais aussi sur la pression qui l’accompagne déjà.
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De son côté, Zinédine Zidane a tenu à saluer son prédécesseur avant de se projeter. « Je tiens à remercier le président Philippe Diallo, le comité exécutif et la Fédération française de football pour leur confiance, et à saluer les quatorze années de Didier Deschamps et de son staff », a-t-il expliqué, ajoutant aussitôt une phrase qui sonne comme un programme : « Inutile de dire que j’ai beaucoup d’ambition pour l’équipe de France ! »
Comparer Zinédine Zidane à Didier Deschamps relève presque de l’exercice impossible. En quatorze ans, l’ancien sélectionneur a disputé 185 matchs à la tête des Bleus, remportant 120 d’entre eux. Il a notamment remporté la Coupe du monde en 2018, la Ligue des nations en 2021, et a mené son équipe en finale de l’Euro 2016 comme en finale de la Coupe du monde 2022. Un palmarès rare, construit match après match, loin des paillettes.
Le dernier chapitre de l’ère Deschamps s’est pourtant achevé sur une note amère. Après une demi-finale perdue contre l’Espagne lors de la Coupe du monde en Amérique du Nord, les Bleus ont essuyé une défaite spectaculaire 6 buts à 4 face à l’Angleterre lors de la petite finale. Une désillusion qui clôt un cycle entamé en 2012, la même année où Zinédine Zidane commençait, de son côté, sa carrière d’entraîneur au Real Madrid en tant qu’adjoint.
Zinédine Zidane devient ainsi le dix-huitième sélectionneur de l’histoire des Bleus, depuis Henri Guérin en 1964. Il rejoint également un club très fermé : celui des champions du monde de 1998 devenus sélectionneurs de l’équipe de France. Avant lui, Laurent Blanc avait occupé le poste entre 2010 et 2012, puis Didier Deschamps lui avait succédé jusqu’à cette année. Cette filiation n’a rien d’un hasard, tant cette génération continue de peser sur le football tricolore, près de trente ans après son sacre au Stade de France.
L’héritage de ce trio désormais complet pose une question simple : Zinédine Zidane parviendra-t-il à imposer sa propre marque ou restera-t-il dans l’ombre de ses glorieux prédécesseurs ? Sa carrière de joueur plaide en sa faveur : 108 sélections, 31 buts, 29 passes décisives, un Ballon d’Or en 1998 et un titre européen en 2000. Sa carrière d’entraîneur au Real Madrid, avec deux titres de champion d’Espagne et trois Ligues des champions consécutives entre 2016 et 2018, impressionne tout autant. Reste que diriger un club et diriger une nation ne suivent pas les mêmes règles.
Sur le plan sportif, Zinédine Zidane hérite d’un effectif loin d’être sinistré. Le trio offensif composé de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise a séduit lors de la dernière Coupe du monde, avant que la mécanique ne se grippe en phase à élimination directe. La marge de progression est réelle, tout comme les certitudes déjà installées. Le nouveau sélectionneur devra composer avec cette base, sans tout bouleverser dans l’urgence, lui qui annoncera la composition de son staff début septembre.
L’attente, elle, ne faiblira pas. Comme souvent avec leur sélection, les Français réclameront des résultats rapides, quitte à oublier qu’il faut du temps pour qu’un entraîneur, aussi doué soit-il, s’adapte. Zinédine Zidane le sait mieux que quiconque : il a lui-même vécu, en tant que joueur, les hauts et les bas d’une nation qui aime sans retenue, mais qui pardonne peu. À lui désormais d’écrire sa propre histoire sur le banc des Bleus, dans un costume qu’il attendait depuis si longtemps d’enfiler.



