Kris Van Assche, le retour discret d’un homme qui a habillĂ© Dior

Kris Van Assche revient là où son parcours de créateur avait réellement commencé, mais remplace cette fois le volume et les saisons par la rareté, le direct et la liberté.

Par
Duc Tran
Duc TRAN
Éditeur en chef
Après s'être formé en langues (anglais et vietnamien) et en économie internationale, Duc TRAN pivote vers le journalisme, porté par sa passion pour l'écriture. C'est une...
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Kris Van Assche - © Photo : Sasha Flamboyant
Kris Van Assche relance sa marque éponyme à la mi-septembre 2026, onze ans après l’avoir fermée. Le créateur belge, ancien directeur artistique de Dior Homme puis de Berluti, propose une quarantaine de silhouettes mixtes sur krisvanassche.com. Les chemises sont annoncées entre 400 et 500 euros, les vestes à partir de 1 000 euros. La collection, taillée dans des tissus deadstock, sera vendue exclusivement en ligne, sans boutique physique en France.

Onze ans à la tête de Dior Homme, trois de plus chez Berluti, puis plus rien depuis 2015. Kris Van Assche vient de rompre ce silence. Le créateur belge, qui avait fermé sa griffe éponyme après dix ans d’existence, remet le couvert. Mais pas n’importe comment. Fini le rythme effréné des collections saisonnières livrées à la va-vite. Cette fois, Van Assche mise sur la rareté, le direct-to-consumer et une « sélection concentrée de pièces » taillées dans des tissus deadstock haut de gamme.

L’annonce, faite en exclusivité à WWD, tombe comme une évidence pour quiconque suit le parcours sinueux de ce Belge discret. Depuis son départ de Berluti en 2021, l’homme n’était pourtant pas resté inactif. Céramiques pour Serax, sculptures en bronze avec la galerie Downtown, collaboration avec Fred Perry, incursion chez le géant chinois du sportswear Anta : Van Assche a multiplié les projets sans jamais vraiment quitter la lumière des projecteurs.

📌 Repères clés
👔 Kris Van Assche relancera sa marque éponyme à partir de la mi-septembre avec environ 40 silhouettes.
♻️ La collection utilisera notamment des tissus deadstock haut de gamme et sera produite en petites séries.
👩‍🦱 Le nouveau vestiaire Kris Van Assche s’adressera désormais aussi bien aux femmes qu’aux hommes.
💶 Les chemises devraient être proposées entre 400 et 500 euros et les vestes à partir d’environ 1 000 euros.
🛍️ En France, la marque sera distribuée directement sur krisvanassche.com, sans boutique physique annoncée.

À partir de la mi-septembre, son site relancé, krisvanassche.com, accueillera environ quarante silhouettes. Vestes, chemises, pantalons, jupes, robes, mailles. Un vestiaire resserré, pensé avec une équipe réduite, où cohabiteront quelques rééditions de pièces iconiques de la marque et des créations totalement inédites. Nouveauté de taille : la collection s’adresse désormais autant aux femmes qu’aux hommes, un territoire que Van Assche avait déjà brièvement exploré entre 2008 et 2010, avant de recentrer son travail sur le vestiaire masculin.

« Ce que je fais maintenant est à une échelle beaucoup plus petite, je ne m’impose pas d’agenda, je fais les choses en interne », confie-t-il. Cette phrase résume tout un état d’esprit. Après onze ans passés à la tête de Dior Homme, puis trois années chez Berluti, le créateur semble avoir troqué la pression des maisons de luxe contre une liberté retrouvée, presque artisanale. Ce virage n’est pas isolé : depuis quelques années, plusieurs créateurs ayant travaillé pour de grandes maisons (on pense à des trajectoires comme celle d’Alessandro Sartori chez ZEGNA, ou plus largement au mouvement « slow fashion ») réévaluent le modèle du calendrier saisonnier imposé, jugé de moins en moins adapté à une économie du luxe qui cherche à la fois rareté et sens.

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Côté prix, Van Assche revendique un positionnement de créateur accessible pour le secteur : les chemises devraient osciller entre 400 et 500 euros, et les vestes démarrer autour de 1 000 euros. Une politique tarifaire cohérente avec la promesse de petites séries et de matières nobles récupérées plutôt que produites à neuf.

Pour comprendre ce retour, il faut se souvenir de ce qu’était la marque Kris Van Assche dans sa première version. Diplômé en 1998 de la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers en mode féminine, le créateur avait pourtant bâti sa réputation sur un vestiaire masculin hybride, alliant tailoring et influences sportives et workwear. Sneakers montantes associées à des costumes, pantalons en laine à taille élastique façon jogging, vestes en sablier : Van Assche fut l’un des premiers à décomplexer le costume classique en y injectant une allure streetwear, bien avant que cela ne devienne la norme, une esthétique aujourd’hui banalisée chez la quasi-totalité des maisons de tailoring masculin.

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À l’époque de sa fermeture, la marque livrait environ 130 points de vente répartis dans 32 pays, l’Asie (Japon et Hong Kong en tête) étant son principal moteur commercial. Une boutique parisienne complétait ce dispositif, avant de fermer ses portes.

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Le créateur reconnaît volontiers ressentir aujourd’hui la même urgence créative qu’à ses débuts, en 2005. « Je ne trouvais pas sur le marché ce que je voulais porter, alors j’ai vraiment conçu par nécessité personnelle, et le vestiaire féminin s’est ensuite ajouté naturellement », explique-t-il. Une manière de dire que ce nouveau chapitre n’est pas un simple retour en arrière, mais le prolongement logique d’une intuition jamais éteinte.

Les premiers visuels teasés confirment cette direction. On y voit d’un côté une silhouette masculine habillée et structurée, et de l’autre une approche plus sensuelle de la robe pour les femmes. Une image montre une simple tige de rose, filmée sous plastique, nouée d’un ruban sur lequel on peut lire « Écrivez plus de lettres d’amour ». Une signature toute personnelle, entre romantisme discret et goût prononcé pour le récit.

Pour le public français, la relance se fera uniquement en ligne via krisvanassche.com dès la mi-septembre, sans point de vente physique annoncé dans l’Hexagone pour le moment — après la fermeture de la boutique parisienne historique, l’accès à la marque se fera donc exclusivement par le direct-to-consumer, comme pour la plupart des relances de créateurs en petite série.

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Van Assche évoque également d’autres collaborations à venir, dont il ne dévoile pas la teneur, qui viendront enrichir le site aux côtés de la collection principale. En misant sur la rareté plutôt que sur le volume, Van Assche prend le pari inverse de la mode qui l’a formé. Et si le calendrier saisonnier finit vraiment par craquer sous son propre poids, ce retour à petite échelle pourrait bien s’avérer moins nostalgique que visionnaire.

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