Prix LVMH 2026 – la crĂ©atrice belge Julie Kegels mène une nouvelle garde sans frontières

De la Belgique au Kenya en passant par la Chine, le Prix LVMH 2026 fait de Paris le point de rencontre d’une jeune création devenue résolument internationale.

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Duc Tran
Duc TRAN
Éditeur en chef
Après s'être formé en langues (anglais et vietnamien) et en économie internationale, Duc TRAN pivote vers le journalisme, porté par sa passion pour l'écriture. C'est une...
11 Minutes de lecture
L'ensemble du jury du Prix LVMH 2026 - © Photo : Mark Seliger
Julie Kegels remporte le Prix LVMH 2026, doté de 400 000 euros et d’un an de mentorat au sein du groupe LVMH. Le Prix Karl Lagerfeld revient à Zane Li (200 000 euros), le Prix des Savoir-Faire à Anil Padia (200 000 euros). La remise a eu lieu le 4 septembre 2026 à la Fondation Louis Vuitton, à Paris, devant un jury de treize directeurs artistiques des Maisons du groupe.

Jennifer Lawrence en Dior, Priyanka Chopra Jonas convertie pour un soir en révélatrice de talents, treize directeurs artistiques réunis sous le même toit : la Fondation Louis Vuitton n’a pas fait les choses à moitié pour cette treizième édition. Paris retient son souffle chaque année début septembre. La Fondation Louis Vuitton accueille alors la finale d’un concours devenu incontournable pour la jeune mode, et l’édition 2026 du Prix LVMH n’a pas fait exception. Treize ans après sa création, ce concours continue de repérer les talents qui feront la mode de demain. Cette année, trois noms se détachent du lot : Julie Kegels, Zane Li et Anil Padia.

📌 Repères clés
🏆 Julie Kegels remporte le Prix LVMH 2026 et reçoit 400 000 euros ainsi qu’un mentorat d’un an au sein du groupe.
🧵 Zane Li décroche le Prix Karl Lagerfeld, doté de 200 000 euros et accompagné d’un mentorat d’un an.
🪡 Anil Padia reçoit le Prix des Savoir-Faire, 200 000 euros et un accompagnement des Métiers d’Excellence LVMH.
♻️ Nona Source ajoute 20 000 euros au soutien accordé à Julie Kegels et 10 000 euros à ceux de Zane Li et Anil Padia.
🎓 María Alborés, Candice Morin et Louis Presencer reçoivent chacun 10 000 euros et rejoignent respectivement DIOR, Celine et Louis Vuitton pendant un an.

Le jury 2026 réunit treize directeurs artistiques à Paris

Le 4 septembre dernier, la Fondation Louis Vuitton a réuni un jury impressionnant. Treize directeurs artistiques des Maisons du groupe se sont déplacés pour départager les finalistes : On y trouvait notamment Jonathan Anderson pour DIOR, Sarah Burton pour Givenchy, Maria Grazia Chiuri pour Fendi. Nicolas Ghesquière représentait Louis Vuitton et Stella McCartney sa propre maison. On notait aussi la présence de Jack McCollough et Lazaro Hernandez pour LOEWE, de Camille Miceli pour Pucci, de Nigo pour KENZO, de Phoebe Philo pour sa griffe éponyme, de Michael Rider pour Celine et de Pharrell Williams pour la ligne homme de Louis Vuitton.

À leurs côtés siégeaient Delphine Arnault, Pietro Beccari, Jean-Paul Claverie et Sidney Toledano. Une nouveauté est venue enrichir ce jury déjà pléthorique : l’actrice thaïlandaise Urassaya Sperbund, invitée à titre exceptionnel pour cette treizième édition.

Delphine Arnault a tenu à saluer le travail accompli. « Cette année, le Prix LVMH a été décerné à Julie Kegels pour sa garde-robe contemporaine aux multiples facettes, empreinte de singularité », a-t-elle déclaré. Elle a également évoqué le travail du lauréat du prix Karl Lagerfeld, « dont les créations conjuguent esprit sportswear et influences couture ».

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Julie Kegels remporte le Prix LVMH et 400 000 euros

Prix LVMH 2026 - Julie Kegels mène une nouvelle garde sans frontières
La grande gagnante du Prix LVMH 2026, la créatrice belge Julie Kegels – © Photo : LVMH

À 27 ans, la créatrice belge décroche le Prix LVMH proprement dit. Sa maison de prêt-à-porter féminin, qui porte son nom, a su convaincre un jury pourtant difficile à impressionner. La récompense est de taille : une dotation de 400 000 euros, assortie d’un mentorat d’un an au sein du groupe LVMH. De quoi couvrir, selon les termes officiels, « un large éventail de domaines d’expertise ».

C’est Jennifer Lawrence, vêtue d’une création DIOR pour l’occasion, qui a remis le trophée à la lauréate. Un symbole fort pour une créatrice dont on suivra désormais les collections avec un intérêt renouvelé. Le choix n’a d’ailleurs rien d’anodin : associer une actrice hollywoodienne à la remise du prix est aussi une manière pour LVMH de faire sortir la cérémonie du cercle fermé des professionnels de la mode et de lui donner une résonance people, seule capable de faire circuler l’information bien au-delà des lecteurs habituels de la presse spécialisée.

Zane Li décroche le Prix Karl Lagerfeld à 25 ans

Prix LVMH 2026 - Julie Kegels mène une nouvelle garde sans frontières
Le jeune créateur chinois Zane Li qui décroche le Prix Karl Lagerfeld – © Photo : LVMH

Le Prix Karl Lagerfeld a quant à lui couronné Zane Li. Âgé de 25 ans, ce créateur chinois dirige la maison Lii, spécialisée dans le prêt-à-porter féminin et masculin. Son travail, qui marie l’énergie du sportswear à la rigueur de la couture, a manifestement séduit les membres du jury. La dotation s’élève à 200 000 euros, complétée par un mentorat d’un an au sein de LVMH.

C’est Priyanka Chopra Jonas, vêtue d’une tenue DIOR qui a eu l’honneur d’annoncer son nom devant l’assistance. Un passage de témoin symbolique puisque ce prix porte le nom d’un couturier qui n’a jamais cessé de fasciner par sa capacité à réinventer les codes.

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Anil Padia reçoit le Prix des Savoir-Faire

Prix LVMH 2026 - Julie Kegels mène une nouvelle garde sans frontières
Le créateur kényan Anil Padia qui remporte le Prix des Savoir-Faire – © Photo : LVMH

Troisième récompense de la soirée, le Prix des Savoir-Faire a été attribué à Anil Padia. Ce créateur kényan de 35 ans dirige Yoshita 1967, une maison de prêt-à-porter féminin construite autour d’une communauté d’artisans. Sa dotation atteint 200 000 euros, accompagnée d’un mentorat d’un an.

Le lauréat bénéficiera également d’un soutien particulier de la part des Métiers d’Excellence LVMH. Une collaboration a été mise en place avec les ateliers Vermont, une maison de broderie réputée qui s’engage à accompagner les futures créations d’Anil Padia à hauteur de 50 000 euros. C’est Urassaya Sperbund, vêtue d’une tenue Louis Vuitton, qui lui a remis son prix.

Nona Source ajoute jusqu’à 20 000 euros aux dotations

Chacun des trois lauréats bénéficie également d’un soutien financier de la plateforme Nona Source. Ce dispositif valorise et réemploie les stocks dormants de matières issues des Maisons de mode et de maroquinerie du groupe. Julie Kegels recevra ainsi 20 000 euros supplémentaires, tandis que Zane Li et Anil Padia toucheront chacun 10 000 euros.

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Ces montants ne sont pas de simples chiffres jetés sur un communiqué de presse. Ils traduisent une volonté affichée d’ancrer ces jeunes marques dans une économie plus responsable, où les matières premières circulent plutôt que de dormir en entrepôt.

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Trois diplômés rejoignent Dior, Celine et Louis Vuitton

La soirée n’a pas seulement récompensé des créateurs déjà installés dans leur propre structure. Le Prix LVMH des Jeunes Diplômés de Mode a également été attribué à trois étudiants sortis d’écoles prestigieuses. María Alborés, diplômée de la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers, Candice Morin, diplômée de l’Institut français de la mode à Paris, et Louis Presencer, diplômé de Central Saint Martins à Londres, reçoivent chacun 10 000 euros.

Mais l’argent n’est pas ici le principal atout. Ces trois jeunes talents intégreront en effet pour un an des studios prestigieux : María Alborés chez DIOR femme, Candice Morin chez Celine homme, et Louis Presencer chez Louis Vuitton pour les accessoires masculins. Une immersion professionnelle qui vaut souvent plus que n’importe quelle dotation. Pour un lecteur qui suit la mode masculine, ces deux dernières affectations méritent d’ailleurs qu’on s’y attarde : elles indiquent sur quel vestiaire homme LVMH mise dans les mois à venir, un angle mort de la couverture médiatique du prix, généralement concentrée sur la mode féminine.

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Le Prix LVMH prolonge une lignée ouverte à Marine Serre et Jacquemus

Depuis sa création, le Prix LVMH a révélé des noms devenus incontournables : Marine Serre en 2017, Thebe Magugu en 2019, Nensi Dojaka en 2021 et Hodakova en 2024. La liste des anciens lauréats se lit comme un répertoire des tendances qui ont marqué la mode contemporaine. Jacquemus, distingué par un prix spécial en 2015, en est peut-être l’exemple le plus parlant.

Cette continuité confère au concours une crédibilité que peu d’autres prix de mode peuvent revendiquer. Le jury, composé de professionnels aguerris et non de simples observateurs extérieurs, sait reconnaître un talent qui perdurera au-delà d’une saison. Reste à voir comment Julie Kegels, Zane Li et Anil Padia transformeront cette reconnaissance en carrière durable.

Ce qui frappe surtout dans ce palmarès 2026, c’est sa cohérence géographique : une Belge, un Chinois, un Kényan. Le Prix LVMH continue de démentir l’idée que la nouvelle garde de la mode se recruterait uniquement à Paris, Londres ou Anvers. C’est sans doute la meilleure garantie que ce concours reste pertinent encore treize ans.

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