| Seiko lance en septembre 2026 deux montres hommage à la Laurel de 1913, première montre-bracelet japonaise. La référence HCC005 arbore un cadran en émail blanc fait main et coûte 1 430 euros. La référence HCC006 affiche un cadran en laque urushi noire et coûte 1 640 euros. Les deux modèles partagent un boîtier de 39,6 mm animé par le calibre mécanique 6R5H, avec une réserve de marche de 72 heures. |
Il existe des dates que l’horlogerie japonaise ne renie jamais. 1913 en fait partie. Cette année-là , Seiko présente la Laurel, premier garde-temps porté au poignet jamais conçu au Japon. Plus d’un siècle après, la marque revient sur ce jalon avec deux nouveautés qui portent un nom déjà chargé d’exigence : la Seiko Presage Classic Series « Craftsmanship ». L’une affiche un cadran en émail blanc, l’autre en laque urushi noire. Toutes deux seront disponibles dès septembre 2026 dans les boutiques Seiko et chez les revendeurs agréés, au prix de 1 430 euros pour la référence HCC005 et 1 640 euros pour la HCC006.
Ce n’est pas la première fois que Seiko puise dans son propre passé pour nourrir sa collection Presage. Mais avec ces deux références, la manufacture japonaise pousse le geste artisanal plus loin que d’ordinaire, en confiant chaque cadran à des mains expertes plutôt qu’à une chaîne de production automatisée.

| 📌 Repères clés |
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| ⌚ Les Seiko Presage HCC005 et HCC006 seront commercialisées à partir de septembre 2026 dans la collection Classic Series « Craftsmanship ». 🎨 La HCC005 reçoit un cadran en émail blanc fait main, tandis que la HCC006 adopte une laque urushi noire réalisée artisanalement. 🇯🇵 Les deux modèles s’inspirent de la Laurel de 1913, considérée par Seiko comme la première montre-bracelet fabriquée au Japon. ⚙️ Le calibre automatique Seiko 6R5H offre une réserve de marche d’environ 72 heures et fonctionne à 21 600 alternances par heure. 💶 Seiko annonce 1 430 euros pour la HCC005 et 1 640 euros pour la HCC006 sur le marché européen. |
La Laurel de 1913 donne son architecture aux deux Presage
La Laurel occupe une place particulière dans l’histoire industrielle du Japon. Reconnue comme un élément du patrimoine de l’ingénierie mécanique par la Société japonaise des ingénieurs en mécanique, elle marque l’entrée du pays dans un domaine jusque-là dominé par les manufactures suisses et européennes. Sur cette montre d’origine, un détail attire immédiatement l’œil : le chiffre 12 imprimé en rouge, qui tranche avec le reste de la numérotation arabe en noir.
Ce code visuel, Seiko le reprend fidèlement sur la HCC005. Le cadran blanc immaculé conserve cette touche rouge comme une signature, presque une manière de saluer discrètement l’ingénieur qui a eu cette idée voilà plus de cent ans. Les aiguilles bleues, elles, rappellent la codification propre à la ligne Presage Classic. La typographie des chiffres a néanmoins été redessinée pour l’occasion, avec l’objectif de conjuguer élégance et lisibilité, deux qualités qui ne vont pas toujours de pair sur un cadran habillé.
La HCC006, elle, s’écarte du script d’origine pour explorer une autre matière. Le cadran passe au noir profond, rehaussé d’index, de chiffres et d’aiguilles dorés. Le résultat évoque davantage l’esprit d’une pièce de collection que la stricte reproduction d’un modèle d’archive, tout en conservant l’architecture générale héritée de la Laurel.

La HCC005 confie son cadran en émail à Mitsuru Yokosawa
Fabriquer un cadran en émail relève d’un exercice technique redoutable, et c’est précisément ce qui en fait la valeur. Sur la HCC005, cette tâche a été confiée au maître artisan Mitsuru Yokosawa, épaulé par Kazunori Uchiyama, qui s’est formé à ses côtés pendant plusieurs années avant de maîtriser pleinement la discipline.
L’émaillage suppose de recouvrir un support métallique d’une poudre de verre, puis de le cuire à haute température pour obtenir cette surface lisse et brillante caractéristique. Le moindre écart de température ou de composition peut fissurer le cadran ou en altérer la teinte de façon irréversible. Les artisans doivent ainsi ajuster en permanence la formule de l’émail selon l’humidité et la saison, un travail d’orfèvre où l’expérience compte souvent plus que la théorie. Le résultat recherché reste un blanc parfaitement uniforme, sans bulle ni impureté visible, une finition pensée pour traverser les décennies sans jaunir ni se ternir.

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La HCC006 fait de la laque urushi son cadran signature
Le second modèle mise sur une matière radicalement différente mais tout aussi exigeante : la laque urushi. Cette résine naturelle, extraite de la sève du Toxicodendron vernicifluum, accompagne l’artisanat japonais depuis des millénaires. Les premières traces de son usage remontent à la période Jōmon, où elle servait déjà à protéger et à assembler des objets du quotidien, bien avant de devenir un matériau d’expression esthétique à part entière.
Récolter cette sève demande à elle seule des années de patience, puisqu’un arbre à laque doit atteindre l’âge de quinze à vingt ans avant de pouvoir être exploité, et sa production reste limitée. Une fois filtrée et déshydratée, la laque brute devient transparente et peut être teintée. Son application, elle, ne souffre aucune précipitation : plusieurs couches successives sont déposées à la main, chacune suivie d’un séchage rigoureux dans une atmosphère à hygrométrie contrôlée, puis d’un polissage destiné à faire ressortir la profondeur de la teinte.

Sur la HCC006, cette réalisation est placée sous la supervision d’Isshu Tamura, maître laqueur installé à Kanazawa, une ville où la tradition urushi s’est particulièrement développée depuis l’époque féodale du domaine de Kaga. À ses côtés œuvrent Toshikazu Tsuji et sa fille Mitsuki Tsuji, elle-même héritière du savoir-faire de la laque d’Echizen, l’une des régions productrices les plus anciennes du Japon avec plus de 1 500 ans d’histoire. Mitsuki Tsuji perfectionne aujourd’hui sa technique aux côtés d’Isshu Tamura, dans une forme de passation entre deux générations d’artisans que Seiko met volontiers en avant – une mise en récit qui sert autant l’histoire que la communication de la marque, sans que cela retire quoi que ce soit à la réalité du geste.
Les HCC005 et HCC006 partagent un boîtier de 39,6 mm
Au-delà de leurs cadrans respectifs, les deux montres partagent une architecture identique. Le boîtier mesure 39,6 mm de diamètre pour 12,4 mm d’épaisseur, des proportions raisonnables qui permettent à ces pièces de rester portables au quotidien sans renoncer à leur présence au poignet. La HCC005 reçoit un boîtier en acier inoxydable doté d’un revêtement extra-dur, pensé pour mieux résister aux micro-rayures liées à l’usage courant. La HCC006 adopte quant à elle une finition couleur or jaune, en harmonie avec les touches dorées de son cadran laqué.
Les deux références sont surmontées d’un verre saphir doublement bombé, traité antireflet sur sa face intérieure, un choix qui améliore la lecture du cadran sous plusieurs angles tout en rappelant la silhouette bombée des montres d’époque. Un fond transparent vissé permet d’admirer le mouvement, tandis qu’un sous-cadran à 6 heures affiche une indication 24 heures synchronisée avec l’affichage principal.

Sous le capot, le calibre mécanique 6R5H anime l’ensemble à une fréquence de 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, pour une réserve de marche annoncée à 72 heures. L’étanchéité reste limitée à 3 bar (30 mètres) et la résistance magnétique atteint 4 800 A/m, des caractéristiques cohérentes avec le positionnement habillé de la collection plutôt qu’avec un usage sportif – inutile ici d’aller nager avec, la montre n’a de toute façon pas vocation à quitter le poignet d’un bureau ou d’un dîner. Les deux montres reposent sur un bracelet en cuir tanné à l’huile, issu de tanneries certifiées par le Leather Working Group, fermé par une boucle déployante à bouton-poussoir.
Seiko maintient l’artisanat Presage sous les 1 700 euros
La ligne Classic Series « Craftsmanship » s’est imposée depuis plusieurs années comme la vitrine des arts décoratifs traditionnels japonais chez Seiko, aux côtés d’autres expressions du même esprit comme la porcelaine d’Arita ou les cadrans texturés inspirés du paysage nippon. En choisissant de revenir vers la Laurel pour cette nouvelle déclinaison, la marque ne se contente pas d’un exercice nostalgique. Elle rappelle que l’horlogerie japonaise entretient depuis plus d’un siècle un dialogue permanent entre mécanique et artisanat manuel, un équilibre que peu de manufactures parviennent à maintenir sur des pièces aussi accessibles.
Le positionnement tarifaire de ces deux modèles mérite d’ailleurs d’être souligné. Proposer un cadran en émail fait main ou en laque urushi sous la barre des 1 700 euros reste rare sur le marché horloger actuel, où ce type de finition se retrouve généralement réservé à des pièces bien plus onéreuses chez d’autres maisons – on pense notamment aux modèles en grand feu de certaines manufactures suisses, facturés plusieurs fois ce tarif pour un savoir-faire comparable. Seiko mise ici sur le volume de sa production Presage pour rendre accessible un savoir-faire qui, ailleurs, resterait confidentiel.

Reste à savoir comment ces deux montres seront accueillies par les collectionneurs une fois posées au poignet. Sur le papier, l’exercice semble réussi : un hommage assumé à la Laurel, deux techniques artisanales rigoureusement exécutées, et un prix qui ne dénature pas l’ambition du projet. La HCC005 et la HCC006 devraient logiquement trouver leur place chez les amateurs de pièces habillées à taille raisonnable, sensibles à l’histoire autant qu’à la matière.




