| Annoncée le 22 octobre 2026, la collaboration Burberry x Smythson est la première entre les deux maisons britanniques. Elle comprend des carnets en cuir reliés à la main et des jeux de voyage. Les carnets coûtent de 255 à 285 euros, le backgammon 925 euros et l’échiquier 980 euros. La gravure de trois initiales à l’or est offerte. |
Deux adresses londoniennes, deux maisons nées au XIXe siècle et, pour la première fois, une collection commune. Annoncée le 22 octobre 2026, la collaboration entre Burberry et Smythson réunit des carnets en cuir et des jeux de voyage pensés pour vous suivre partout, du grand départ au simple trajet en train. Elle arrive en boutique ce mois d’octobre, juste à temps pour les cadeaux de fin d’année.
Sur le papier, l’alliance paraît presque évidente. Burberry habille les voyageurs, jusqu’aux explorateurs polaires, depuis 1856. Smythson leur fournit de quoi noter leurs rendez-vous et leurs impressions depuis 1887. Il restait à trouver un terrain d’entente. Ce sera le voyage, la météo anglaise et le goût du grand air.
Avant d’ouvrir les carnets, un petit retour en arrière s’impose.

Thomas Burberry fonde sa maison à Basingstoke, dans le Hampshire, en 1856. Il met au point la gabardine en 1879. Cette toile de coton très serrée, respirante et résistante à la pluie, est brevetée en 1888. Elle séduit vite ceux qui affrontent le froid. Roald Amundsen atteint le pôle Sud en 1911 avec une tente et des vêtements Burberry. Ernest Shackleton emporte la même gabardine lors de trois expéditions, dont celle de l’Endurance.
Smythson voit le jour le 29 septembre 1887. Ce jour-là, Frank Smythson ouvre sa première boutique au 133 New Bond Street. La décennie suivante lui apporte une commande de prestige, la papeterie des résidences de la reine Victoria. Puis vient 1908 et une invention promise à durer, le premier agenda portatif, assez fin pour se glisser dans une poche.
Le goût de l’aventure existe aussi chez le papetier. Lancée en 1979, l’expédition Transglobe de Sir Ranulph Fiennes, Charles Burton et Oliver Shepard a fait le tour de la Terre en passant par les deux pôles. Ses agendas et ses carnets de bord avaient été conçus sur mesure par Smythson.
Les deux noms partagent donc un passé très proche. Ils ne s’étaient pourtant jamais associés.
C’est désormais chose faite.

Le cœur de la collection est une série de carnets. Leurs couvertures en cuir portent des illustrations légères et des expressions typiquement britanniques. Elles reprennent les thèmes chers à Burberry, comme la pluie, le vent, l’exploration ou les longues marches à travers la campagne. Le ton est amusé sans jamais verser dans le gadget.
Le papier est celui qui a fait la réputation de Smythson. Le Featherweight descend directement de l’agenda de 1908, mais c’est en 1916 que Frank Smythson dépose son nom et sa fameuse teinte bleu pâle, née, selon la légende maison, d’un pot d’encre renversé dans la pâte. Il pèse environ 50 grammes au mètre carré, soit à peu près la moitié d’un papier ordinaire. Il reste pourtant assez opaque pour recevoir l’encre d’un stylo plume sans la laisser transparaître. Un filigrane en forme de globe et de plume en garantit l’authenticité.
Les pages de garde varient selon les modèles. Certaines reprennent un plan de Londres ton sur ton, inspiré de la collection Burberry Hiver 2026 présentée lors du défilé. D’autres affichent le House Check. Ce motif à carreaux est apparu dans les années 1920 comme doublure des imperméables de la maison. Il en est devenu depuis le signe le plus reconnaissable.
Un détail qui compte. Tous ces carnets sont fabriqués à la main, dans l’atelier de reliure de Smythson situé dans le Hertfordshire, au nord de Londres.
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Le second volet de la collaboration réunit une sélection de jeux. On y trouve des jeux de cartes ainsi qu’un échiquier et un plateau de backgammon qui s’enroulent pour prendre le moins de place possible.
L’idée est simple. Vous jouez chez vous un soir d’hiver. Le lendemain, vous glissez le tout dans un sac pour un week-end à la campagne.
Les étuis sont taillés dans le cuir Panama de Smythson, reconnaissable à son grain croisé. L’intérieur est en cuir lisse. Des poches zippées, doublées du House Check, gardent les pièces bien à l’abri pendant le trajet.
Les cartes voyagent dans des étuis en cuir. Elles sont illustrées et dorées sur tranche. L’édition double ajoute un crayon Wafer, autre classique de la maison, et un bloc de papier Featherweight pour noter les scores. Les joueurs qui aiment garder une trace de leurs victoires apprécieront.
La sortie est calée sur la saison des fêtes. Ce calendrier n’a rien d’un hasard.
Burberry et Smythson proposent un service de personnalisation offert sur l’ensemble de la collection. Vous pouvez faire graver à l’or jusqu’à trois initiales sur la pièce de votre choix. Un carnet ou un jeu de cartes prend alors une valeur plus personnelle, celle d’un objet que l’on offre en pensant vraiment à quelqu’un.

Côté budget, il faut compter 255 euros pour un carnet Soho, et jusqu’à 285 euros selon les modèles. Les jeux se situent sur une autre marche : 925 euros pour le backgammon, 980 euros pour l’échiquier. La collection est disponible en ligne chez Burberry et Smythson, ainsi que dans certaines boutiques des deux maisons.
On pourrait n’y voir qu’une opération commerciale de fin d’année. Le projet repose pourtant sur des points communs bien réels.
Burberry détient un Royal Warrant depuis 1955, une distinction accordée par la Couronne à ses fournisseurs attitrés, et Charles III l’a renouvelée en 2024. Smythson compte la famille royale britannique parmi ses clients, aux côtés de Grace Kelly ou de Sir Edmund Hillary, le premier homme à atteindre le sommet de l’Everest avec Tenzing Norgay. Les deux maisons ont aussi le même rapport à l’objet utile, celui qu’on emporte, qu’on use et qu’on finit par garder des années.
Le moment est également intéressant pour Smythson. Le fonds d’investissement Oakley Capital en est devenu propriétaire en juillet 2025, via une structure qui réunit déjà d’autres maisons patrimoniales comme Alessi ou le malletier Globe-Trotter. Après sacai en février 2026, cette alliance avec un grand nom de la mode britannique confirme la direction prise par la maison : multiplier les collaborations ciblées plutôt que rester un simple papetier de Bond Street. Burberry, de son côté, mise depuis plusieurs saisons sur ses racines anglaises et sur son vestiaire d’extérieur.
Si vous cherchez un cadeau qui sort des sentiers battus, la piste mérite donc votre attention. Pas de logo envahissant ici. Plutôt un carnet bien relié, un échiquier qui tient dans une valise et trois initiales dorées. C’est d’ailleurs là que la collaboration est la plus réussie : la signature Burberry ne se dévoile qu’à l’ouverture, comme un clin d’œil réservé à celui qui s’en sert.



