| La PUMA Suede x Soldier est une collaboration exclusive entre PUMA et Leonard Iheagwam, artiste nigérian installé à Londres. Cette édition Friends & Family associe un imprimé camouflage à des photographies issues des archives personnelles de Soldier. Elle a été célébrée le 28 octobre 2026 à Londres. Aucune commercialisation publique ni aucun prix officiel n’ont été annoncés. |
Une paire que vous ne trouverez pas en boutique. La PUMA Suede revisitée par l’artiste nigérian Soldier a été présentée à Londres et ne sera vendue nulle part. Cette collaboration PUMA x Soldier est une sortie Friends & Family, c’est-à -dire réservée à un cercle fermé d’amis, de proches et de créatifs triés sur le volet. Frustrant ? Oui. Intéressant ? Encore plus.

Reprenons depuis le début. Soldier, de son vrai nom Leonard Iheagwam, est un plasticien né à Lagos et installé à Londres. En septembre, il a présenté ses peintures dans une exposition personnelle intitulée Reveal Yourself, Softly, à la Market Gallery, quelques jours avant la Fashion Week. Pour marquer le coup, PUMA lui a confié l’une de ses silhouettes les plus célèbres. Pas une running bardée de technologie. La Suede, cette basket en daim née en 1968, est passée des pistes d’athlétisme aux pieds de Walt Frazier sur les parquets new-yorkais, puis aux trottoirs du monde entier. C’est une chaussure qui a traversé plus d’un demi-siècle sans jamais vraiment changer de ligne.
Soldier n’a pas touché à la forme. Il a travaillé la surface.

L’empeigne est imprimée d’un motif camouflage sur lequel viennent se poser des images tirées de ses archives personnelles. Il s’agit de photos anciennes, découpées et superposées, à la manière d’un mur d’atelier couvert de souvenirs. Ces deux éléments reviennent sans cesse dans son œuvre. Les voici sur une basket.
Autour, un cuir brun profond habille les renforts. Et la Formstrip, cette bande latérale que tout amateur reconnaît à dix mètres, est toujours là . Intacte. Fidèle au poste.
Le résultat ? Une paire à la fois militaire et intime. Le camouflage évoque l’uniforme, la discipline, la rue. Les archives parlent de mémoire, de famille, d’un pays entier. Je trouve l’ensemble étonnamment calme pour un sujet aussi chargé. Et c’est précisément ce calme qui la rend désirable.
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La question mérite d’être posée. PUMA possède l’une des archives les plus riches du secteur. La marque aurait pu ressortir la Speedcat, qui revient en force depuis deux saisons. Elle a préféré la Suede. Ce n’est pas un hasard : en un an, la Suede est passée entre les mains d’Ahluwalia, de Le Père, de Nahmias, d’A$AP Rocky et même de Pokémon, et PUMA lui a consacré une Suede House entière à Paris en janvier. Elle est devenue la toile officielle des collaborations de la marque, et celle de Soldier en est la version la plus confidentielle.
Mon avis ? La Suede est une page blanche. Son daim accueille tout, ses lignes restent sobres et sa semelle en caoutchouc la pose au sol sans chichi. Les artistes adorent ce genre de support. On peut y imprimer une idée forte sans que la chaussure se mette à crier.

Il y a aussi le symbole. Une marque allemande fondée en 1948 à Herzogenaurach a confié sa basket la plus emblématique à un créateur nigérian pour parler du Nigeria. Ce geste n’a rien d’anodin. Les communautés créatives africaines ont aujourd’hui un impact sur la mode, l’art et la culture jeune bien au-delà du continent.
PUMA le sait. Soldier le prouve.
Le lancement s’est fait loin des files d’attente et des tirages au sort. Mercredi 28 octobre, une petite communauté s’est retrouvée autour d’un dîner au Shoreditch Arts Club, à Londres. On y trouvait les artistes Feux et Brandon Nembhard, le curateur Samuel Trotman, alias Samutaro, l’artiste Ed Worly, plus connu sous le nom d’Opake, ainsi que le photographe Kelvin Jones. Soldier aussi, évidemment.
Pas de vitrine. Pas d’influenceurs alignés pour la photo. Des gens qui fabriquent des choses, réunis autour d’une marque qui leur ressemble.
PUMA présente d’ailleurs Soldier comme un passeur : il relierait les milieux, ferait circuler les projets d’un réseau à l’autre et mettrait en lumière des initiatives ancrées dans la culture. Vu la tablée de Shoreditch, la description tient la route. Cette Suede prolonge logiquement son travail.

Soyons honnêtes. Si vous n’étiez pas à ce dîner, vos chances de la porter un jour sont minces. Les éditions Friends & Family arrivent rarement en rayon. Certaines réapparaissent des mois plus tard sur le marché de la revente, à des prix exorbitants. Méfiez-vous des contrefaçons. Elles débarquent toujours plus vite que les vraies.
En France, aucune sortie publique n’est annoncée, ni sur le site et l’application PUMA, ni chez les revendeurs. Pour situer l’objet, une Suede classique se trouve autour de 90 à 100 € et les collaborations récentes sur ce modèle tournent plutôt entre 120 et 160 € (estimation, aucun prix officiel communiqué). Si une paire refait surface sur StockX ou Vinted, attendez-vous à payer plusieurs fois ce montant. Ironie du calendrier : PUMA avait installé sa Suede House à Paris en pleine Fashion Week homme, mais la paire de Soldier n’y a même pas fait escale.
Une paire n’a pourtant pas besoin d’être achetée pour exister.
Celle-ci rappelle une évidence que l’on oublie parfois entre deux sorties très médiatisées. Une basket peut porter un pays, une mémoire, le regard d’un artiste. Sans slogan. Sans effets de manche.
La PUMA Suede approche de ses soixante ans. Soldier vient de montrer qu’elle a encore beaucoup à dire.


