Feng Chen Wang a présenté sa collection printemps 2027 lors de la Paris Fashion Week Homme, le 27 juin 2026, sous la colonnade de l’Odéon Théâtre. La créatrice sino-britannique Fengchen Wang a intitulé ce chapitre Dreaming of Spring, et pour une fois, un titre de collection tient vraiment ses promesses.
Dès les premières silhouettes, le message est clair. Fengchen Wang n’a pas cherché l’effet spectaculaire. Ce qui frappe, c’est la cohérence. Une cohérence rare entre l’intention déclarée et ce que les vêtements racontent réellement sur le podium.

D’origine chinoise et basée à Londres, diplômée du Royal College of Art en 2015, la créatrice a construit cette collection autour d’une collision d’imaginaires : les Sept Sages de la Forêt de Bambous, ces lettrés chinois des IIIe et IVe siècles qui débattaient de philosophie loin des cours impériales, et la Primavera de Botticelli, ce tableau du XVe siècle où le printemps se manifeste comme une procession de déesses en mouvement perpétuel. L’Orient et l’Occident, donc. Mais pas en opposition. En conversation.
Ce type de dialogue entre cultures est la marque de fabrique de Feng Chen Wang depuis le début. Ce qui change cette saison, c’est l’exécution. Les volumes sont généreux sans être encombrants. Les drapés s’écoulent depuis les épaules avec une fluidité rappelant les robes des lettrés, tout en conservant une construction contemporaine. Les fils restent délibérément visibles par endroits, les bords sont laissés non finis. Pas par négligence, mais par choix.

Wang a particulièrement soigné son expérience d’impression botanique par contact sur deux vestes en cuir. Le procédé consiste à presser des plantes directement sur de la peau de mouton, ce qui permet aux pigments naturels et aux tanins de se libérer sous l’action de la lumière du soleil. La créatrice a qualifié cette technique d’« art naturel qui permet à la vie des plantes de se poursuivre sur le tissu ou le cuir ». Le résultat est d’une subtilité remarquable : des traces végétales qui ressemblent moins à un imprimé qu’à une mémoire.
Des références à la culture chinoise traversent une ligne déconstruite et moderne : robes à l’inflexion cheongsam, fermetures à grenouillères, rubans volants côtoyant des codes streetwear et tailleur. Le denim réapparaît également, traité avec un reflet métallique évoquant les peintures sur fond d’or, ce que la créatrice nomme elle-même un « luxe discret ». Ce n’est pas de la provocation. C’est une certaine façon de prendre le denim au sérieux.
| 📌 Repères clés |
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| 🌿 Collection — Dreaming of Spring explore le dialogue entre héritage chinois et Renaissance occidentale. 🧵 Innovation — Une impression botanique sur cuir transforme les végétaux en empreintes naturelles permanentes. 🏛️ Défilé — Présentation lors de la Fashion Week Homme de Paris sous les colonnes du Théâtre de l’Odéon. 🤝 Partenariat — Feng Chen Wang officialise son rôle de partenaire créatif de long terme avec Under Armour. 🌍 Enjeu — Une vision du luxe masculin où artisanat, culture et innovation avancent dans une même direction. |
Les pièces les plus convaincantes arrivent en fin de défilé. Les pièces les plus fortes sont les tenues monochromes finales qui ont mis en sourdine le bruit ambiant et laissé s’exprimer pleinement le talent de la créatrice pour le drapé : des chemisiers blancs à col montant aux fronces oniriques et des chemises à jabots de style Renaissance ont apporté une touche romantique, superposées sous un tailleur dandyesque aux effets de dégradé vertical. C’est dans cette économie de moyens que le vestiaire masculin trouve son équilibre entre résilience et élégance.
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Mais le moment le plus attendu de la présentation n’était pas vestimentaire. C’était une annonce. Fengchen Wang a confirmé avoir rejoint Under Armour, non pas en tant que directrice artistique, mais en tant que « Long Term Creative Partner ». Une nuance qui en dit long. Elle ne prend pas les rênes d’une maison de couture. Elle bâtit un territoire créatif à long terme avec un géant américain du sportswear. La collaboration avait amorcé son premier acte lors de la Fashion Week de Shanghai en mars 2026, et cette présentation à Paris en constituait le second chapitre.
Les pièces Under Armour intégrées à la collection – des survêtements à capuche rouge écarlate et des vestes courtes à fermetures éclair – ne semblaient pas être des concessions commerciales. Elles s’inscrivaient dans la même logique que le reste : des vêtements pensés pour le mouvement, quel que soit le contexte. La créatrice a déclaré à Vogue Runway : « C’est comme une nouvelle version d’un pont qui nous rapproche les uns des autres. Ce n’est pas qu’un seul côté, ou un seul pays. Je pense que le monde est connecté comme un tout. »

La créatrice a remporté le prix Visionary of the Year lors des New Wave Fashion Awards de Shanghai, avec le soutien de Dior et Moncler, plus tôt cette année. Elle a également été sélectionnée parmi les dix designers participant à CRAFT, la nouvelle initiative de Kering en Chine qui vise à faire dialoguer les savoir-faire chinois et européens en matière de design et d’artisanat. Cette accumulation de reconnaissances n’a rien d’anecdotique : Feng Chen Wang est devenue l’une des figures les plus scrutées de la mode masculine internationale.
Ce qui rend sa démarche réellement singulière, c’est qu’elle ne cherche pas à résorber la tension entre l’Orient et l’Occident. Elle la laisse exister. Les deux traditions occupent le même espace sans que l’une n’absorbe l’autre. C’est suffisamment rare pour être souligné.




















